Header Critique : MALEDICTION DU PHARAON, LA (MANHATTAN BABY)

Critique du film et du DVD Zone 2
LA MALEDICTION DU PHARAON 1982

MANHATTAN BABY 

Avec L'EVENTREUR DE NEW YORK, Lucio Fulci signe sa quatrième collaboration avec le producteur Fabrizio De Angelis et sa compagnie Fulvia Films. Mais ce thriller ultra-sombre et ultra-gore, relecture contemporaine des crimes de Jack l'éventreur, ne marche pas aussi bien que les précédents films du tandem. Néanmoins, les deux hommes travaillent encore sur un titre : LA MALEDICTION DU PHARAON, un projet auquel De Angelis est très attaché, tandis que Fulci ne le considère que comme un travail de commande qu'il est tenu d'accomplir contractuellement. Pour interpréter l'archéologue George Hacker, on choisit Christopher Connelly, un comédien venu de la télévision américaine, alors à l'aube d'une carrière italienne. Son fils est incarné par le jeune Giovanni Frezza, qui incarnait l'enfant-médium de LA MAISON PRES DU CIMETIERE. En cours de tournage, des modifications sont apportés au scénario : le récit, une histoire classique de possession, se voit adjoindre un prologue tourné en Egypte, selon la volonté de De Angelis, et le scénariste Dardano Sacchetti est convoqué précipitamment pour retoucher le script. De plus, le budget est revu à la baisse (sur 650 millions de lires, 200 s'évaporent) et de nombreuses idées de séquences truquées sont abandonnées au dernier moment.

Le professeur George Hacker, un archéologue américain, découvre en Egypte une tombe souterraine. Au cours de l'exploration, le guide l'accompagnant est tué par un piège et lui-même est rendu aveugle par d'étranges rayons bleus. Pendant ce temps, au Caire, une femme mystérieuse remet à Suzie, la fille du savant, un curieux médaillon antique. La famille retourne à New York, où, malgré son nouveau handicap, George tente d'exploiter ses découvertes faites en Egypte. Mais Suzie et son petit frère Tommy se mettent à adopter un comportement insolite...

Avec LA MALEDICTION DU PHARAON, l'oeuvre de Fulci prend une tournure nouvelle. Catalogué comme un spécialiste du gore italien, il semble ici s'assagir en proposant un film d'épouvante plus classique, dans la tradition du cinéma d'épouvante grand-public et anglo-saxon des années 1970 (L'EXORCISTE, LA MALEDICTION...). Par son titre original (MANHATTAN BABY) et sa localisation (un luxueux appartement situé près de Central Park), il semble nettement se référer à ROSEMARY'S BABY, lequel aurait été revisité avec des éléments de L'EXORCISTE. En y adjoignant une histoire d'archéologie égyptienne, LA MALEDICTION DU PHARAON semble, de plus, glisser vers LA MALEDICTION DE LA VALLEE DES ROIS, une grosse production britannique de 1980 qui réchauffait un roman de Bram Stoker afin de proposer une oeuvre dans le style de LA MALEDICTION.

Dès le commencement de LA MALEDICTION DU PHARAON, on est d'abord rassuré de retrouver le sens de l'ambiance fantastique propre au meilleurs films de Fulci. Toujours aussi habile technicien, il joue sur des contrastes entre des plans très serrés (essentiellement sur des yeux) et de vastes vues d'ensemble, saisies en scope, avec des objectifs à très courtes focales (la pyramide de Sakkara, la vue plongeante sur l'intérieur de la mosquée). Tout au long du métrage, on repère donc des plans élaborés (jouant sur la mise au point et la profondeur de champs) et des mouvements d'appareils aussi virtuoses qu'astucieux (la découverte des jouets dans l'escalier, la vue subjective adoptant le point de vue d'un serpent...).

Pourtant, LA MALEDICTION DU PHARAON finit par s'avérer lassant, la faute essentiellement à un scénario terriblement confus (Comment et pourquoi George retrouve la vue ?), dans lequel les personnages ont toujours un train de retard sur les spectateurs. Cela ne serait pas si grave si ce long-métrage contenait son lot de scènes fortes, parvenant à maintenir l'attention en éveil. Mais il n'en est rien : la plupart des scènes horrifiques tombent à plat, ou bien sont expédiés dans des ellipses (comme l'exorcisme).

Muni d'un scénario hésitant, radin sur les effets spéciaux et les sensations fortes, LA MALEDICTION DU PHARAON paraît un film réalisé à l'économie et sans beaucoup d'entrain. Même si plusieurs passages parviennent à faire passer une atmosphère envoutante et macabre, la plupart de ses tentatives horrifiques déçoivent. Fulci lui-même en parlera comme d'un "fiasco" et ne se dira satisfait que par la scène de l'attaque des oiseaux. En France, il sera distribué directement en vidéo.

LA MALEDICTION DU PHARAON vient de sortir au sein de la collection "Lucio Fulci" de Néo Publishing, aux côtés de FRAYEURS, L'AU-DELA et LA MAISON PRES DU CIMETIERE. Chacun de ces films a été publié en édition simple, puis en édition "collector", dans des digipack luxueux. C'est l'édition collector qui est testée ici.

Le film est proposé dans son format scope d'origine (2.35 et 16/9) et propose une image de bonne qualité. Une fois passé le prologue égyptien, qui trahit quelques saletés et un grain parfois prononcé, le reste de la copie est en excellent état, avec notamment des contrastes assez vifs et des couleurs naturels. Pour chipoter, on regrettera des petits soucis de compression dans les scènes sombres, ces dernières ayant, en plus, tendance à laisser paraître une légère dominante verdâtre. Mais le résultat d'ensemble est vraiment de bonne qualité.

La bande-son est proposée en mono d'origine, ou bien en anglais, ou bien en français, avec un sous-titrage français optionnel. Les deux pistes sont de bonne qualité, pour une telle production en tous cas. On peut tout de même regretter l'absence de la piste du pays de production, c'est-à-dire la version italienne.

Le DVD est fourni avec un livret illustré, contenant des notes de production et des biographies liés au film. Sur le DVD lui-même, on peut consulter une fiche technique (en fait le générique du film, avec quelques informations en plus), des filmographies et des bandes-annonces anglophones pour L'AU-DELA, FRAYEURS, LA MAISON PRES DU CIMETIERE et LA MALEDICTION DU PHARAON). Surtout, on trouve "Roma Termina" la quatrième partie du documentaire accompagnant les quatre collectors Fulci. Ici, il se consacre surtout au déclin du cinéma bis italien, tel qu'il a été perçu en Italie (avec des interventions de Luigi Cozzi, Dardano Sacchetti...) ou en France (à travers des observations de Benoît Lestang, Christophe Gans...). Même si les interventions semblent arrivées un peu dans le désordre, l'ensemble est vraiment intéressant, particulièrement pour les propos des italiens qui apportent de nombreuses informations précises et historiquement enrichissantes.

Bref, cette édition a le mérite de proposer un contenu plus complet que le DVD Anchor Bay de LA MALEDICTION DU PHARAON, lequel ne proposait en suppléments qu'une courte interview de Sacchetti et la bande-annonce du film, et n'offrant pas d'option francophone.

Rédacteur : Emmanuel Denis
Photo Emmanuel Denis
Un parcours de cinéphile ma foi bien classique pour le petit Manolito, des fonds de culottes usés dans les cinémas de l'ouest parisiens à s'émerveiller devant les classiques de son temps, les Indiana Jones, Tron, Le Dragon du lac de feu, Le Secret de la pyramide... et surtout les Star Wars ! Premier Ecran fantastique à neuf ans pour Le retour du Jedi, premier Mad Movies avec Maximum Overdrive en couverture à treize ans, les vidéo clubs de quartier, les enregistrements de Canal +... Et un enthousiasme et une passion pour le cinéma fantastique sous toutes ses formes, dans toute sa diversité. S'il fallait faire mienne une maxime en la matière, je reprendrais (de mémoire !) une citation de Roman Polanski : «les personnes qui aiment vraiment le cinéma aiment le fantastique» !
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L'édition vidéo
MANHATTAN BABY DVD Zone 2 (France)
Editeur
Neo
Support
DVD (Double couche)
Origine
France (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
1h29
Image
2.35 (16/9)
Audio
English Dolby Digital Mono
Francais Dolby Digital Mono
Sous-titrage
  • Français
  • Supplements
    • Roma Termini (Documentaire - 29mn38)
      • Bandes-annonces
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