Header Critique : MEGA PYTHON VS GATOROID

Critique du film et du DVD Zone 1
MEGA PYTHON VS GATOROID 2011

 

Ze return of the grosses bébêtes who attaquent in full CGI!

Non, on ne fait pas du tout référence à Annie Cordy ou à une quelconque présence physique des actrices. La preuve :

Une militante écolo hardcore et particulièrement conne (Debbie Gibson) relâche des pythons en plein marais des Everglades pour que la nature reprenne ses droits. Les pythons grandissent démesurément et déciment la population des alligators. Une ranger sévère et tout aussi conne (Tiffany) ne trouve rien de mieux à faire que de nourrir les alligators de stéroïdes expérimentaux afin qu'ils puissent prendre le dessus sur les pythons. Tout ce beau monde va alors s'écharper.

Il est EVIDENT que la production a délibérément détourné sa formule standard des monstres démesurés attaquant les humains au profit d'une parodie claire et simple. Avec une bêtise quasi-assumée, des personnages totalement idiots, des dialogues débiles – mais voulus tels quels, on se retrouve avec un produit hybride assez curieux. La brèche ouverte par MEGA PIRAHNA s'agrandit un peu. A savoir un concept série B tendance Z parfaitement grotesque, mais avec un second degré permanent. Prendre au sérieux un tel film pour tenter d'essayer de peut-être un jour sur un malentendu l'apprécier... c'est peine perdue.

En fait, les amateurs d'attaques animales en tous genres peuvent y trouver leur compte en ayant affaire à une production The Asylum d'honnête facture. Etre conscients d'effets spéciaux low cost, d'incrustations amateurs, de numérique à la va-vite, même si l'on sent que les auteurs sont fans du genre. Mais les amateurs de comédie y seront peut-être plus à leur aise. Qu'on soit bien d'accord : MEGA PYTHON VS GATAROID est rigoureusement mauvais. Mais pas comme des produits désespérants à la SNAKES ON A TRAIN ou encore THE TERMINATORS qui tenaient seulement la route le temps de deux scènes outrageusement exagérées.

Il est étonnant de retrouver Mary Lambert aux manettes de cette production. Même si elle semble beaucoup s'amuser, il y a un monde -que dis-je- un monceau de trous noirs accumulés sur une éternité entre MEGA PYTHON VS GATOROID et une œuvre comme SIMETIERRE. Et ses autres réalisations (SIMETIERRE 2, URBAN LEGENDS 3, THE IN CROWD) prennent l'allure de chef d'œuvres formels. Elle n'est certes pas aidée par un script (in)volontairement incohérent et de dialogues atroces. Gageons qu'elle aura au moins bénéficié d'un bon moment de détente sur le tournage. Même s'il faut avouer que l'ensemble reste correctement assemblé, comparés à une horreur cheap comme MEGA SHARK VS GIANT OCTOPUS, où la très grande majorité des productions The Asylum.

D'un autre côté, le film aura un impact moindre en Europe qu'aux USA, tenant en fait à la personnalité des héroïnes. On va déjà évacuer les remarques graveleuses sur leur physique pour d'abord faire un peu d'histoire de la musique pop. En effet, Tiffany et Debbie Gibson étaient d'énormes stars de la pop US au milieu des années 80. Montrées comme rivales au point d'enchaîner les tubes l'une après l'autre. Les années 90 arrivant, elles ont sombré dans l'oubli post-ado et la pop US a gentiment fait place à d'autres styles musicaux.

A la faveur d'un festival revival 80's, le succès revient. Sur ce arrive The Asylum qui embauche Tiffany pour MEGA PIRAHNA et Debbie Gibson pour... MEGA SHARK VS GIANT OCTOPUS. Et qui a l'idée de réunir les anciennes chanteuses pour une fête de monstres lâchés dans les Everglades. Mais en prenant soin de jouer la carte de la nostalgie et du crêpage de chignon en direct, jusqu'à oblitérer les deux monstres sur la jaquette. Et pour toi, lecteur, amateur de pipeule et de 5 degrés de Kevin bacon : Micky Dolenz ex-batteur des Monkees se trouve là aussi, jouant son propre rôle ! Et c'est le père d'Amy Dolenz,actrice redoutable de TOUCHE PAS A MA FILLE ou encore TICKS, qui a terminé sa carrière avec 2012 DOOMSDAY distribué par... The Asylum. The Asylum qui s'est souvenu que Debbie Gibson a fait la première partie d'un concert des Monkees il y a 25 ans. La boucle est bouclée. C'est beau, non ?

Ceci posé, reste à jouer sur cette supposée rivalité. Qui va se transposer à l'écran en affrontement général de deux femmes fortes à la psychologie d'une redoutable stupidité. Car l'intérêt principal du film devient les échanges verbaux puis physiques entre les deux ex-chanteuses qui vont s'en donner à cœur joie dans les réparties, claques, coup de poings culminant dans une réception qui sera ravagée par les donzelles en furie ! L'affiche ne s'y trompe d'ailleurs pas, tant l'alligator stéroïdé et le python géant s'auto-croquent (Odile !) mais la pub parle bien de la guerre entre les deux héroïnes comme principale attraction. Les batailles entre les animaux génétiquement modifiés et les demoiselles pas vraiment en détresse mais modifiées physiquement vont prendre des proportion épiques. Tout du moins, avec ce que permet le budget. C'est-à-dire un festival d'effets spéciaux qui oscillent entre le pas bon du tout, l'inepte et le rigolo… mais qui eux aussi ont soudainement conscience de leurs limites – voir la scène où Kathryn Joosten (DESPERATE HOUSEWIVES) tire sur l'alligator mutant du toit ouvrant de la voiture. Comme si les auteurs des effets s'auto parodiaient eux aussi, poussant le ridicule de l'action dans ses derniers retranchements !

Le film est parsemé de clins d'oeils permanent pour bien faire comprendre qu'il s'agit du seul moyen de sauver l'entreprise vouée au culte du mauvais film par excellence. Un dirigeable avec le logo de The Asylum se fait prendre par un python. Les bestiaux démesurés attaquent un centre commercial promettant des « soldes monstrueuses aujourd'hui ». Tout comme les références aux chansons à succès passées : Debbie Gibson murmurant à Tiffany «I think we're alone now...» après s'être trochées la tête dans un lac. (le dialogue est le titre d'un des tubes de Tiffany). Est-ce une excuse pour autant ? Non. Mais le principe demeure : plus c'est con, plus c'est bon.

Poursuivant dans la voie de la facilité, on reconnaîtra les inévitables Bronson Caves californiennes où ont été tournées d'innombrables séries B depuis plus de 60 ans : de IT CONQUERED THE WORLD de Roger Corman à MADMEN OF MANDORAS jusqu'à DRAGON WARS. Et ce trip dans les années 80 ne serait pas complet sans l'acteur A. Martinez, la caution scientifique obligatoire de genre de métrage, qui oeuvra dans la magnifique et tendre saga télévisuelle qui enchanta tant d'après-midi de ménagères de moins de 50 ans, j'ai nommé SANTA BARBARA Et qui me dira, hein, combien j'ai le mal de vivre ?

Le scénario, les acteurs et même la pauvre Mary Lambert –vus ses commentaires dans le making of- ont parfaitement conscience de ce qu'ils font. Une série B «camp», avec peu de moyens, pour de rire et qui permet de jouer sur plusieurs tableaux. Ce qui permet d'ailleurs quelques embardées assez curieuses pour ce type de produit : le fiancé de Tiffany disparaît rapidement, bouffé par une dizaine de pythons. La fin est elle également osée, nourrie de scènes complètement absurdes ! Si l'exécution reste aléatoire, c'est le côté fun, décomplexé et jouant le tout pour le tout qui prend plutôt le dessus. Si l'on est bien sûr sensible au second degré (ou le sixième - voire le 49ème).

Pour votre serviteur, MEGA PYTHON VS GATAROID est une mauvaise bandelette souffrant d'un problème de rythme languissant vers le 3e quart. Mais cela reste une des meilleures comédies de l'année. Parsemée de cadavres, de gore, d'un record incommensurable d'absurdités en tous genres et de CGI tous pourris mais de sacrés moments de rigolade. Et sans rire du film en particulier, mais avec lui.

Le DVD américain distribué par Image Entertainment offre un visuel au format 1.78:1 et doté du 16/9ème, avec des couleurs vives et des niveaux de noir dans une bonne moyenne. Les scènes de nuit correctement éclairées apportent là aussi de bons niveaux de contraste. On note une définition agréable qui ne rend parfois pas vraiment hommage aux effets spéciaux numériques dont les incrustations sont parfois très visibles. On notera aussi quelques traces de halo ça et là, principalement sur des travellings latéraux. Rien d'exceptionnel, donc. La seule piste sonore disponible est en langue anglaise mixée en Dolby Digital 5.1. Loin d'être rutilante, elle offre un beau terrain de jeu à la partition rythmée électronique de Chris Ridenhour, le compositeur maison. Le mixage manque cependant singulièrement de punch et de répartition sur l'ensemble des canaux. Les dialogues sont surtout sur le canal central et paraissent parfois étouffés. Si bien qu'il faut vraiment s'approcher des canaux arrières pour comprendre qu'il s'y passe vraiment quelque chose.

Côté bonus, l'édition américaine opte pour une bande annonce toujours bienvenu et ne trompant pas sur la marchandise du film. Le vrai trésor se situe au niveau du making of (non sous-titré) d'une dizaine de minutes où s'entrecroisent les interviews des principaux intervenants. Un dénominateur commun : ils ont tous la banane pendant le tournage ! Très pros dans leur démarche et conscient du côté «camp» qui se dégage de l'entreprise. Le clin d'œil aux spectateurs donne le change et on se prend à penser qu'il s'agit d'un changement de carrières bien opéré pour les deux ex-idoles pop, qui prennent au passage le grade de coproductrice, tout en poussant la chansonnette dans le film. On a vu pire comme recyclage.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
54 ans
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392 critiques Film & Vidéo
On aime
Le second degré assumé
L’aspect comédie «kolossale finesse»
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C’est The Asylum donc c’est pas bon
(mais on peut aussi aimer)
(quoique)
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L'édition vidéo
MEGA PYTHON VS GATOROID DVD Zone 1 (USA)
Editeur
The Asylum
Support
DVD (Double couche)
Origine
USA (Zone 1)
Date de Sortie
Durée
1h38
Image
1.78 (16/9)
Audio
English Dolby Digital 5.1
Sous-titrage
  • Aucun
  • Supplements
    • Making Of (11mn)
    • Bande-annonce
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