Header Critique : DOD SNO 2 (DEAD SNOW 2)

Critique du film
DØD SNØ 2 2014

DEAD SNOW 2 

Après une premier opus surfant sur la mode des zombies, et l'adaptant au format et origines norvégiennes du métrage, Tommy Wirkola s'est en allé aux USA pondre HANSEL ET GRETEL. Il revient vite fait au pays en 2013 pour élaborer une suite nommé simplement DØD SNØ 2 (DEAD SNOW 2 : RED VS DEAD pour l'exploitation internationale). Un budget plus important et des ambitions clairement revues à la hausse. Et ça fonctionne ! Dommage que le public norvégien n'ait pas suivi : le film a essuyé un échec sévère au box office local lors de sa sortie cinéma en février 2014.

Martin(Vegar Hoel) reste le seul survivant des attaques des zombies nazis du premier opus. Mais ils possèdent la dent dure et n'ont pas récupéré toutes les pièces d'or de leur trésor. Martin réussit à s'enfuir et arrive à l'hôpital…qui se trompe en lui greffant le bras d'Herzog (Ørjan Gamst) que celui-ci a malencontreusement perdu. Le peloton nazi a en fait une toute autre vue sur le futur : continuer l'invasion et l'attaque de Telvik. Avec une bande de geeks chasseurs de zombies, Martin se découvre le même pouvoir qu'Herzog : celui de réanimer les morts. Solution : ressusciter une nouvelle armée pour contrer les nazis.

Sur les 102 minutes du métrage, Wirkola et son équipe ont éliminé tout gras narratif superflu. Le film s'articule autour de deux points de vue : celui du héros Martin et de sa Némésis : Herzog. En fait, Wirkola réussit à embrayer la vitesse supérieure à tous les niveaux. Si bien que le récit va méticuleusement et sans aucune temps mort, préparer la sanglante rencontre finale. Le spectateur se trouve immergé dans un spectacle décuplé en violence, en gore, en action et clairement revu à la hausse en écriture et en échelle de grandeur dévastatrice.

A commencer par le scénario même : partir d'un concept archi-rebattu ces quinze dernières années à savoir que le zombie, ça vend. De ce fait, nous sommes obligés de nous taper à peu près n'importe quoi pour trouver un métrage potable. Ne cherchez plus, DØD SNØ 2 se révèle l'arme fatale anti-morosité et propulsant le genre vers des hauteurs insoupçonnées. Car Wirkola et son équipe ne manquent pas d'idées, ni de créativité pour leur faire prendre vie (ou mort, à voir). En fait, plus on regarde le film, plus on commence à comprendre le problème qui paralyse le film de genre dans nos contrées. Sur un budget de 4 millions d''euros, il reste juste hallucinant : 1 : de voir une telle richesse d'effets et de décors à l'écran 2 : de constater autant d'idées déployées sur la longuet, se permettant un jusqu'au-boutisme revitalisant. Car le premier atout du film : des idées, encore des idées, toujours des idées. Et ne pas perdre de vue l'appartenance originelle du film. Aux influences, décors, personnages, norvégiens. Qui ne cherchent pas à se la jouer à l'américaine ou à gommer tout ce qui fait la nature même des personnages ou du film Ce qui manque grandement en France.

Le point de départ adopte en fait une structure similaire à l'enchaînement entre COLD PREY et COLD PREY 2. La séquelle embraye directement sur la suite des aventures de Martin, direction l'hôpital après ses mésaventures sanglantes. la ressemblance s'arrête là puisque le film prend un virage doublement fantastique avec trois histoires parallèles. Martin et son groupe tentant désespérément de ralentir l'armée allemande de morts-vivants, les nazis voyant leurs rangs gonfler à vue d'oeil et… l'armée soviétique réanimée de dessous les glaces qui devient aux ordres de Martin !

Et le visuel déployé un maximum d'armes pour donner chair (pantelante) au récit. On assiste à un film d'action gore mâtiné de zombies, de panzer à l'attaque, de poursuite de zombies cavaleurs dans des marais explosés à coups de grenades de fortune, de réanimations sauvages de cadavres congelés à grands coups de poings sur le sol en pleine montagne glacée… et des affrontements homériques. Le premier DØD SNØ donnait dans le joyeux bordel foutraque un peu brinquebalant (mais sympa). Ici, c'est multiplié par dix. On imagine le budget largement plus important tant ce qui est lâché sur l'écran parait démesuré en termes d'actions et de délire. Wirkola enchaîne les plans enthousiasmants, outranciers et outrés dans ses effluves de barbaque, de giclées de sang, de pluie de membres, et têtes arrachées à tous les niveaux. Il écrase allègrement toutes les pauvres péloches teutonnes tristouilles assemblées à la hâte à hauteurs de trois euros pour la méchanceté gratuite. Le spectacle témoigne d'une joyeuse orgie de boyaux en tous genres et de baquets de sang qui font frémir d'indulgence nos pauvres essais en la matière. Voir ces nouvelles utilisations d'intestins arrachés qui servent…. de tuyaux servant à siphonner l'essence de véhicules vers le réservoir du panzer. Entre autres. car les auteurs ne manquent pas de ressources pour trouver aux organes humains toutes sortes de nouvelles utilités. Ce qui va de pair avec les termes employés restent la qualité intrinsèque des effets spéciaux. Un alliage réussi de trucages numériques et d'effets mécaniques à l'ancienne, regorgeant de trouvailles et ne négligeant aucune possibilité. L'ensemble s'ajoute d'une volonté de destruction à grande échelle, avec le char d'assaut détruisant campagne et ville, puisque la narration concourt à préparer le terrain pour le climax final : un véritable affrontement zombiesque. Une armée des morts, une vraie.

L'énergie se retrouve dans la direction d'acteurs, tonitruante, qui n'oublie en rien de développer ses personnages, aussi caricaturaux soient-ils au début. Entre la bande de geeks américains qui s'auto-déclarent chasseurs de zombies, le gardien de musée dans le placard (Martin Starr échappé de C'EST LA FIN ou SUPERGRAVE !) et l'handicapé qui se prend pas moins de cinq façons de mourir dans la tronche! Kristoffer Jonner (SKJULT, NEXT DOOR : FANTASMES SANGLANTS) incarne le paraplégique avec un aplomb qui force le respect. Une désintégration corporelle progressive hallucinante, tant les aléas du film lui font subir les pires outrages. Et il revient, plus gentil que jamais aider la troupe à décimer du sale nazi récalcitrant. Mais dans quel état!

Politiquement incorrect, DØD SNØ 2 donne l'image d'une blague potache d'un sale gamin extrêmement doué qui poursuit le but de faire péter la baraque avec les moyens du bord. Et qui fait sauter le quartier. Professionnellement mis en scène, aux cadrages réglés au cordeau, une photographie hivernale réussie et avec une galerie de personnages - vivants comme zombies- expressifs, le film de Tommy Wirkola s'avère généreux à tous les niveaux. Certes, on pourra lui reprocher ne pas privilégier la finesse du propos et une psychologie assez sommaire. Mais franchement, qui s'en soucie au final ? DØD SNØ 2 fonce, tranche, arrache, dévisse, ne baisse pas pavillon, ne faiblit pas dans le rythme et garde une fraîcheur inventive le long de sa durée. Exactement ce qu'un film d'horreur doit faire subir à son spectateur. DØD SNØ 2 est donc très vivement recommandé !

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
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