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 FILM INFOS

 Titre original

 MANGIATI VIVI

 Autres titres

 SECTE DES CANNIBALES, LA
 EATEN ALIVE

 Année

 1980

 Nationalité

 Italie

 Réalisation

 Umberto Lenzi

 Scénario

 Umberto Lenzi

 Musique

 Carlo Maria Cordio
 Maria Fiamma Maglione

 Acteurs

 Robert Kerman
 Janet Agren
 Ivan Rassimov
 Paola Senatore
 Mel Ferrer

 

 DVD INFOS

 

Editeur

EC Ent.

Format Disque

Simple Couche

Durée

89 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

English

 

 SUPPLEMENTS

 •Bandes-annonces£
 • Anglaise
 • Allemande§
 • Galerie de photos

 

 ON AIME

• Divertissant (surtout au second degré !)

 ON N'AIME PAS

• Parfois un peu laborieux
• Mises à mort d'animaux complètement gratuites
• Pas de bande-son italienne

 VIDEOS

 Bande-annonce

 
 EATEN ALIVE

 LA SECTE DES CANNIBALES

Une jeune femme part en Nouvelle-Guine afin d'y rechercher sa soeur mystrieusement disparue. Elle la retrouve dans le village d'une secte, en plein milieu de la jungle...

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

LA SECTE DES CANNIBALES est le second film d'anthropophages ralis par Umberto Lenzi. Il le tourne avec le tandem de producteurs italiens Mino Loy - Luciano Martino, pour lesquels il avait dj tourn, entre autres, le giallo SI DOUCES, SI PERVERSES ou le policier MILANO ODIA : LA POLIZIA NON PUO SPORARE (LA RANON DE LA PEUR en vido). Employant de tous petits moyens, la production s'offre nanmoins, pour quelques plans, la prsence de la vedette internationale Mel Ferrer (qui retrouvera Lenzi pour L'AVION DE L'APOCALYPSE), prsence bien entendue mise en avant de faon disproportionne sur le matriel promotionnel et les bandes-annonces ! Le tournage se droule, pour les extrieurs, au Sri Lanka, et, un peu, aux USA. Les intrieurs sont faits en Italie. Quelques "stars" du film de cannibales sont recrutes, comme Ivan Rassimov (AU PAYS DE L'EXORCISME et LE DERNIER MONDE CANNIBALE), Me Me Lai (idem) et Robert Kerman (CANNIBAL HOLOCAUST). On trouve encore les actrices Janet Agren (FRAYEURS de Fulci) et Paola Senatore (BLACK EMANUELLE EN AMRIQUE de Joe D'Amato).

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

Aux tats Unis, des crimes mystrieux sont commis par un trange personnage, arm d'une sarbacane projetant des flchettes enduites de venin de cobra. Au mme moment, Sheila Morris, riche hritire, remue ciel et terre pour retrouver sa sœur Diana. Cette dernire est en fait sous l'emprise d'un gourou illumin, Jonas, qui s'est rfugi avec sa secte dans la jungle de Nouvelle-Guine. A l'aide d'un film amateur retrouv par la police et d'informations fournies par le professeur Carter, Sheila retrouve sa piste. Elle se rend donc en Mlansie et, en compagnie d'un aventurier appel Mark, s'enfonce dans la jungle menaante. Ils y dcouvrent le refuge de Jonas, dtraqu et obsd sexuel, qui maintient son autorit sur ses sectateurs l'aide d'une drogue puissante. Comme si la situation n'tait pas dj suffisamment effroyable, la rgion semble infeste d'indignes cannibales !

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

LA SECTE DES CANNIBALES est donc avant tout un film de secte. Comme le souligne la similitude phontique entre Jonas et le rvrend Jim Jones, son rcit est trs largement inspir par le drame rel du Temple du Peuple. Ce groupe religieux amricain, command par le rvrend Jim Jones, avait tent d'installer, en 1974, une colonie agricole nomme Jonestown, dans le petit tat sud-amricain de Guyana, sans beaucoup de succs. Lorsque la branche principale de la secte, aux tats Unis, commence avoir des ennuis avec le fisc amricain, Jim Jones choisit l'exil et s'installe l-bas avec ses fidles en 1977. Ce gourou y reoit la visite d'un membre du congrs, Leo Ryan, venu enquter sur une affaire de reconnaissance de paternit impliquant le rvrend. A la fin de son priple, l'envoy de Washington tente de quitter la Guyana en compagnie de quelques adeptes souhaitant chapper l'emprise de la communaut. Cela se termine par une fusillade au cours de laquelle Ryan trouve la mort. Jones organise alors le suicide collectif, par empoisonnement, de ses sectateurs. Ils taient plus de 900, presque tous volontaires pour ce "grand dpart" ! Un pareil fait divers marque bien entendu les consciences et entrane la mise en chantier de divers produits opportunistes parmi lesquels LA SECTE DES CANNIBALES (titre inexact, d'ailleurs, puisque les fidles de Jonas n'y sont pas cannibales) ; le tlfilm GUYANA TRAGEDY, THE STORY OF JIM JONES dans lequel le gourou est incarn par Powers Boothe ; ou encore GUYANA, LA SECTE DE L'ENFER du mexicain Ren Cardona Jr.

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

On dcida de mler au rcit de LA SECTE DES CANNIBALES des lments typiques des films d'anthropophages, qui marchaient alors fort bien en Italie. Umberto Lenzi est en gnral considr comme le pre de ce genre populaire italien, avec, en 1973, son AU PAYS DE L'EXORCISME, qui s'inspirait lui-mme d'œuvres un peu hippies dcrivant le retour un style de vie tribal, comme LA VALLE de Barbet Schroeder (des jeunes occidentaux y partageaient la vie d'indignes de Nouvelle-Guine) ou le western UN HOMME NOMME CHEVAL (un anglais tait recueilli par une tribu indienne). Le succs du DERNIER MONDE CANNIBALE de Ruggero Deodato popularisera fortement le genre, qui se verra dclin avec VIOL SOUS LES TROPIQUES de Joe D'Amato ou LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE de Sergio Martino par exemple. Par ailleurs, c'est le domaine plus gnral de l'aventure exotico-horrifique italienne qui en profitera pour rebondir sur cette vague, avec des titres comme L'INVASION DES PIRANHAS, et mme un certain L'ENFER DES ZOMBIES de Fulci. Lenzi, pourtant peu amateur de films d'horreur, prend donc sa part du gteau en ralisant LA SECTE DES CANNIBALES, puis CANNIBAL FEROX, deux oeuvres tournes pour les mmes producteurs. Lenzi n'en sera pas trs fier et considrera ces deux films de cannibales comme des travaux purement alimentaires (!).

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

LA SECTE DES CANNIBALES dmarre comme un trs classique film d'aventures. Une personne part la recherche d'un membre de sa famille disparue au cours d'un priple exotique ; elle se fait aider dans son entreprise par un guide d'origine occidentale. Ce point de dpart, qu'on trouve dj dans le roman classique "Les mines du roi Salomon" de H. Rider Haggard et ses adaptations cinmatographiques, avait t repris peu avant dans LA MONTAGNE DU DIEU CANNIBALE. Ce n'est pas le seul emprunt fait au film de Martino, puisque des stock shots (le rituel dans la caverne par exemple) proviennent de cette oeuvre. On reconnat aussi des scnes rcupres dans AU PAYS DE L'EXORCISME (l'agression d'une jeune fille au bord de la rivire) ou du DERNIER MONDE CANNIBALE (le calvaire de Me Me Lai). Il est donc d'autant plus naturel d'y retrouver certains lments incontournables de ce style de cinma, comme des plans gore au cours desquels des indignes hirsutes savourent, en fins gourmets, qui un pied, qui une jambe, en exprimant par des rles rjouis leur dlectation.

La gratuit est bien sr de mise, notamment dans des scnes de violence sexuelle, souvent compltement inutiles au rcit, ou des mises mort d'animaux. Qu'on se rassure, assez peu de petites btes ont du souffrir sur le tournage de LA SECTE DES CANNIBALES, une grande part de ces plans semblant venir de stock shots ! L'action est cense se drouler en Nouvelle-Guine, mais les figurants sri-lankais n'ont vraiment pas l'apparence des indignes de cette rgion. Qui plus est, le film mystrieux trouv par la police nous montre un monument bouddhique (dj trs improbable en Nouvelle-Guine qui n'a jamais t une terre de Bouddhisme) que le spcialiste incarn par Mel Ferrer semble avoir du mal identifier. Heureusement, l'quipe de DeVilDead est en mesure de vous rvler qu'il s'agit du "grand Bouddha couch" du site de Pollonaruwa, un des monuments les plus clbres du Sri Lanka ! Qui plus est, selon les stock shots utiliss, les cannibales ont des physiques et des costumes plutt amazoniens, mlansiens ou extrme-orientaux... Tous ces dtails gnent la crdibilit des vnements et, surtout, soulignent la nonchalance gnrale du projet.

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

A tout cela viennent s'ajouter de graves problmes au niveau de l'interprtation des seconds rles. Ferrer passe chercher son chque en ayant l'air de se ficher compltement de ce qui se passe. Quant aux indignes, ils oscillent entre l'absence d'expression la plus brute et les grimaces les plus dbiles, tout en marmonnant des "Wanga Wanga" du plus ridicule effet. Les dialogues sont presque toujours d'une parfaite crtinerie, ce qui a au moins le mrite de faire sourire le spectateur de loin en loin. Quant toute la laborieuse partie de l'action tournant autour du gourou Jonas et de ses mthodes de manipulation, elle est d'une platitude et d'une sottise effroyables. Se rajoutent encore quelques couches de poujadisme (des politiciens vreux tentent de cacher l'existence des cannibales !) et de machisme dplaisant (Mark doit gifler Sheila plus souvent qu'il ne l'embrasse !). Tout cela fait beaucoup pour un seul film !

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

Heureusement, tout n'est pas jeter dans LA SECTE DES CANNIBALES. Les principaux interprtes font globalement preuve d'un entrain sympathique, voire s'investissent dans leur rle, comme Ivan Rassimov en gourou dlirant. L'action bnficie toujours d'un certain rythme et les extrieurs sont raisonnablement dpaysants. Enfin, on ne peut pas nier une certaine fascination pour ce film opportuniste et racoleur, dplaisant par son mauvais got dbrid et sa manire infantile d'exploiter une tragdie relle ; mais aussi divertissant par son tempo et ses audaces dnues de complexes.

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

LA SECTE DES CANNIBALES n'est certainement pas un incontournable du cinma fantastique. Nanmoins, sa nonchalance, son humour involontaire et son aspect racoleur en font un "must" pour les amateurs de ces films fauchs et dlirants qui constituaient le fond du panier du cinma populaire italien de l'poque. Apparemment indit en salles en France, il y a tout de mme t distribu en vido, notamment dans la mythique collection South Pacific Video.

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

EC Entertainment avait dj propos ce titre ds l'poque du laserdisc. Puis, ils l'avaient distribu en DVD, dans une dition assez chiche (pas de 16/9, notamment). Enfin, ils l'ont ressorti dans ce format, sous l'appellation ronflante de "Deluxe collector's edition" ! Voyons ce qu'il en est...

L'image est propose avec option 16/9, dans un cadrage en 1.77. Quand bien mme il s'agit d'un DVD europen, il est multizone et est propos dans le standard amricain NTSC. L'image est globalement de trs bonne qualit. La lumire et les couleurs sont notamment trs bien restitues. La compression est quasi-invisible ( part quelques rares scnes sombres) et les diffrences d'talonnage entre les extraits de provenances varies ne sautent pas trop aux yeux. Certes, la dfinition est un peu en retrait et on trouve quelques salets et rayures, mais l'ensemble est globalement trs satisfaisant.

La bande son, en mono code sur deux canaux, n'est propose qu'en anglais. Elle sonne un peu "bouche" et sourde, et certaines phrases peuvent paratre (un peu) dures suivre. Le rsultat d'ensemble est tout de mme correct. Encore une fois, on aurait apprci la prsence de la bande-son italienne...

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

En bonus, il faut se contenter de peu de choses. On trouve deux bandes-annonces : une allemande (apparemment repique sur une VHS fatigue) et une anglophone (en excellent tat). Une belle galerie contient des photographies de plateau, un jeu de photos d'exploitation allemandes et diverses jaquettes de VHS, Laserdisc, DVD... Un feuillet, gliss dans le botier du DVD, propose une biographie sommaire de Lenzi, ainsi que sa filmographie.

C'est peu, surtout si l'on compare avec le DVD amricain Shriek Show (NTSC et zone 1 seulement), vendu un prix comparable, et rput proposer une qualit d'image un peu meilleure et, surtout, des interviews de Lenzi, Rassimov et Kerman.

Photo : EATEN ALIVE (LA SECTE DES CANNIBALES)

LA SECTE DES CANNIBALES est, en gros, une oeuvre amusante regarder, mme si son acquisition nous semble devoir tre rserve aux amateurs de bisseries italiennes les plus pointues. En tout cas, comme pour toute cette vague de films de cannibales, les plus sensibles des amis des animaux sont invits passer leur chemin ! Le DVD EC Entertainement est de bonne qualit, mais les dtenteurs de matriel permettant de lire les DVD zone 1 pourront lui prfrer l'dition amricaine.

Emmanuel Denis

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