Header Critique : TWO LOST WORLDS

Critique du film et du DVD Zone 2
TWO LOST WORLDS 1950

 

Australie, 1830. Le capitaine Kirk (Capitaine Kirk ?) Hamilton (James Arness) débarque d'un bateau américain, blessé suite à l'attaque de pirates. Il tombe amoureux de la fille du magistrat qui l'accueille, mais qui est promise à un riche propriétaire terrien. Les pirates reviennent, attaquent, enlèvent la belle et tout le monde les poursuit, pour finalement arriver sur une île perdue en proie aux dinosaures.

Le film réalisé par Norman Dawn, un vétéran du muet, participe à un sous-genre bien particulier : celui du recyclage/caviardage de chutes ou autre scènes d'autre films. En effet, les cinéphiles bisseux pourront trouver un écho moderne à cette manie/habitude via une formule savamment choisie ; A savoir une bandelette d'aventures/fantastique avec une trame principales, précipitant les héros dans les affres d'extraits de films qui servent d'épine dorsale à l'histoire. Il s'agit généralement d'effets spéciaux, scènes de foules ou d'action que le budget étriqué n'aurait jamais permis d'obtenir. Et hop, un peu de magie de cinéma aidant, on se retrouve avec un produit vendable pour public peu exigeant. Aucune évolution sociétale particulière en 60 ans, juste du business.

Quelques exemples récents : RAPTOR de Jim Wynorski, rapiécé avec des morceaux de CARNOSAUR, CARNOSAUR 2 et CARNOSAUR 3 (et deux autres films non identifiés), avec également des morceaux de musique des MONSTRES DE LA MER et des MERCENAIRES DE L'ESPACE. CRASH DANS L'OCEAN de Fred Olen Ray, repiquant des chutes des NAUFRAGES DU 747 ou encore d'ATTERRISSAGE IMPOSSIBLE d'Armand Mastroianni se servant allègrement de plans d'EXECUTIVE DECISION, sans même masquer la compagnie d'aviation... tout en gardant ému le souvenir des scènes de panique de rue dans les années 50 qui revenaient incessamment jusqu'au début des années 60 (y compris dans le film annonce de MANT dans PANIC SUR FLORIDA BEACH), provenant d'un seul et même film.

L'attraction principale de TWO LOST WORLDS étant les deux dinosaures de l'affiche, il faut d'abord vous prévenir qu'ils n'arriveront pas avant la 42ème minute. Vu ce qu'ils subissent, on se dit que les producteurs de l'époque ne se posaient pas beaucoup de question concernant la cruauté envers les animaux pour alimenter les salles de cinémas. Mais on se dit surtout qu'ils proviennent tout droit de TUMAK, FILS DE LA JUNGLE de Hal Roach, réalisé dix ans auparavant. On ne va pas blâmer TWO LOST WORLDS car d'autres métrages ont aussi récupéré ces satanés lézards barbouillés, du MYSTERE DE TARZAN à KING DINOSAUR en passant par la mexi-connerie AVENTURA AL CENTRO DE LA TIERRA, VALLEY OF THE DRAGONS d'Edward Bernds (grand recycleur devant l'éternel) et même un obscur Tarzan turc de 1974. Caramba !

Mais ce n'est pas tout ! Car la multitude de scènes de bataille avec des pirates, abordages, cavalcades sauvages à travers un canyon (qui vient de CAPITAINE FURIE, encore Hal Roach), poursuite au bord d'une gigantesque cascade avec un très beau matte, par ailleurs... Tout ce qui fait la richesse d'action provient de films étrangers à TWO LOST WORLDS. Nous n'avons pu tracer l'origine de ces métrages, mais nul doute que les plus perspicaces pourront apporter leur pierre à "Lady Fice", une femme hautement montée.

Le sujet du film était dans l'air du temps au début des années 50, les films de pirates étant alors très largement à la mode. Il était donc tout naturel de le coupler à la vague émergente des films de monstres. Maintenant, comment faire ce mixage étant donné que le budget est quasiment inexistant ? Car si on enlève les scènes collées, il ne reste que finalement environ quarante minutes originales. Et il est d'un niveau généralement médiocre, avec dix pauvres figurants faisant ce qu'ils peuvent pour maintenir l'illusion. Caméra statique, longues lignes de dialogues explicatifs... Même si la reconstitution en costumes n'est pas déshonorante pour une série B (voire C tendance Monogram ou PRC), c'est plat. Seul avantage, une durée resserrée, faisant évoluer les situations de manière rapide.

A première vue, le film fait «riche». Car à moins de connaître tous les films prêtant leurs séquences spectaculaires, on a vraiment l'impression d'assister à un métrage «original». Tout du moins ayant été tourné intégralement pour l'occasion sans que les différences entre les morceaux de films mis bout à bout ne se remarque trop. Mais on se demande vraiment si les scènes dialoguées n'ont pas été au final les seules à avoir été tournées pour l'occasion.

TWO LOST WORLDS demeure anecdotique et stéréotypé dans sa progression. La voix off hyper envahissante tente de lier tant bien que mal l'action, mais ne change en rien l'approche très cliché du film d'aventure des années 50. Un héros masculin bien couillu (à la John Wayne), l'héroïne soumise aux affres du choix romantique qui découvre sa vraie nature dans l'aventure et l'inévitable gamine de service, caution familiale tendance shirleytemplerie avec quinze ans de retard. Mais pour les fans de vieux serials et les nostalgiques des années 50, TWO LOST WORLDS fait office de bon représentant se regardant d'un œil distrait mais amusé.

Deux mondes étranges venus du passé, le DVD de TWO LOST WORLDS nous arrive en pleine figure grâce à Artus Films via leur coffret LES DINOSAURES ATTAQUENT ! , contenant quatre «classiques» du film de monstres : THE BEAST FROM HOLLOW MOUNTAIN, LOST CONTINENT, KING DINOSAUR et ce TWO LOST WORLDS.

Artus Films propose une copie meilleure qu'espérée pour un métrage aussi obscur et pauvre datant de 1951. A affiche généreuse, spectacle radin et technique défaillante, peut-on penser à la va-vite. En fait, la copie en plein cadre (format d'origine 1.37 probable) est ce qu'on peut espérer de mieux pour un tel produit. La définition ne brille pas par une haute qualité, mais le transfert est propre. Hormis le générique de début en proie aux griffures du temps, très peu d'artefacts de compression, quelques poussières ça et là, mais rien de bien significatif : une bonne surprise. Les contrastes entre noir et blanc sont bien gérés et le contour des personnages, bien que parfois légèrement flous, est suffisamment précis. On remarque une certaine différence de contrastes en fonction des de scènes en provenance d'autres films (cf. la scène de la cascade) mais la tenue est généralement bonne. Le son Dolby Digital mono encodé sur deux canaux n'est lui aussi que peu affecté par le temps : bon niveau de dialogue et d'effets sonores. La piste anglaise d'origine est là aussi de bonne facture, avec des sous-titres français amovibles. L'accès par huit chapitres vient compléter le tout.

Côté bonus : le film est présenté sur le même disque que LOST CONTINENT où le menu permet d'accéder aux deux métrages. Il y a également une série de bandes annonces de l'éditeur, mais le plus intéressant demeure trois courts-métrages réalisé par Willis O'Brien. Maître des effets spéciaux, il est le précurseur de la stop motion, technique qu'il a porté à perfection pour KING KONG en 1933. Les courts ont surtout valeur historique, tant la technique a évolué depuis. De plus, la qualité de la compression sur le DVD se remarque hélas beaucoup. Mais les amateurs d'effets spéciaux ne vont pas bouder leur plaisir et ce même s'l est dommage qu'une atroce musique électronique couvre l'action originale ! A noter que le «singe» du court THE DINOSAUR AND THE MISSING LINK aura certainement servi à influencer KING KONG.

Concernant le coffret cartonné en lui-même, on pourra y retrouver hormis un second disque avec les deux autres films déjà cités auparavant, un livret de dix pages. Il égrene de manière succincte mais sympathique l'avènement du film de dinosaures dans les années 40 et 50. Le tout est agrémenté d'affichettes glacées au format carte postale des films présents dans le coffret. Une initiative heureuse que les collectionneurs sauront apprécier à sa juste valeur.

Rédacteur : Francis Barbier
Photo Francis Barbier
Dévoreur de scènes scandinaves et nordiques - sanguinolentes ou pas -, dégustateur de bisseries italiennes finement ciselées ou grossièrement lâchées sur pellicule, amateur de films en formats larges et 70mm en tous genres, avec une louche d'horreur sociale britannique, une lampée d'Albert Pyun (avant 2000), une fourchettée de Lamberto Bava (forever) et un soupçon de David DeCoteau (quand il se bouge). Sans reprendre des plats concoctés par William Friedkin pour ne pas risquer l'indigestion.
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Un film bis qui fleure bon le système D
Une édition riche en contenu
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Un empilage de stéréotypes
Un patchwork assez pauvre en imagination
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L'édition vidéo
TWO LOST WORLDS DVD Zone 2 (France)
Editeur
Artus
Support
2 DVD
Origine
France (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
59 mn
Image
1.33 (4/3)
Audio
English Dolby Digital Mono
Sous-titrage
  • Français
  • Supplements
    • Diaparama Lost Continent (1mn06)
    • Diaporama Two lost worlds (1mn06)
      • Trois courts métrages de Willis O’Brien
      • The DInosaur and the Missing Link (1915) (5mn14)
      • Prehistoric Poultry (1916) (2mn21)
      • R.F.D 10,000 BC (1916) (4mn35)
      • Film annonces
      • White Zombie
      • Voodoo Man
      • Mysterious mr. Wong
      • Human Monster
      • Les Envahisseurs de la Planète Rouge
      • Red planet Mars
      • Rocketship X-M
      • Flight to Mars
      • The Beast from hollow Moutain
      • King Dinosaur
      • Lost Continent
      • Two lost Worlds
      • L’ile Inconnue
      • La planète des Dinosaures
    • THE BEAST OF HOLLOW MOUNTAIN
    • KING DINOSAUR
    • LOST CONTINENT (1951)
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