Header Critique : LIGNE VERTE, LA (THE GREEN MILE)

Critique du film et du DVD Zone 2
LA LIGNE VERTE 1999

GREEN MILE, THE 

En 1996, l'écrivain Stephen King publie La Ligne Verte sous forme de six petits livres de plus ou moins cent pages chacun, à la manière des serials publiés par Charles Dickens. A l'époque, Frank Darabont venait de réaliser LES EVADES, une autre histoire de King se déroulant déjà dans une prison, et s'est trouvé si emballé par le début de ce nouveau roman qu'il voulait faire promettre à King de lui céder les droits d'adaptation. Mais l'écrivain ne savait pas encore comment son histoire se terminerait et a répondu que Darabont devrait attendre, comme tout le monde. Mais les droits lui revinrent finalement pour la somme symbolique d'un dollar, comme King a l'habitude de le faire. Le réalisateur s'attela alors à l'élaboration du scénario, accompagné de son chat mourant d'un cancer, décédé le jour final de l'écriture huit semaines plus tard. La vie a parfois de curieuses façons de se mêler à l'art à moins que ce ne soit le contraire.

Le résultat est un film très riche, à l'image des plus belles histoires de King qui est un fin observateur de l'être humain, doublé d'un talent hors pair pour créer des décors où faire interagir les personnages au réalisme saisissant qui peuplent son imaginaire. Darabont a su retenir les éléments essentiels de l'histoire, à savoir le racisme, la peine de mort, l'innocence humaine ou judiciaire, la spiritualité et une bonne dose d'humour. La construction s'avère différente de celle des six livres où chaque début se compose des réminiscences et aventures d'un Paul Edgecomb en maison de retraite ce qui aurait cassé le rythme à l'écran. Mais le reste est là, porté par un ensemble d'acteurs tout simplement parfaits et qui reçurent une nomination méritée à l'Actor's Guild Award.

En 1935, en Louisiane, deux fillettes sont retrouvées massacrées dans les bras de John Coffey, un homme noir. Aux yeux de la population blanche, il est le coupable idéal et se retrouve dans le couloir de la mort après un procès que l'on imagine des moins équitables. Mais Coffey n'est pas tout ce qu'il paraît et son passage dans la prison de Cold Mountain perturbera l'existence des matons autant que des autres condamnés.

Le terme "Green Mile" se rapporte au linoléum qui recouvre le sol du couloir de la mort de l'histoire, de la couleur de «citrons verts délavés». Dans la réalité, cette dernière marche était simplement appelée le "Last Mile". L'endroit est donc non seulement le décor central mais également l'un des personnages principaux du film aux côtés du gardien chef, Paul Edgcombe, ou du prisonnier John Coffey. L'acteur qui se glisse dans la peau de ce condamné à tort est Michael Clarke Duncan qui a eu le rôle grâce à Bruce Willis, grand fan du roman et son co-acteur dans ARMAGEDDON. Pourtant, la première lecture en présence de Darabont ne fut pas concluante mais après avoir travaillé avec un coach pendant trois mois, le réalisateur fut finalement impressionné par ses progrès. Et on n'imagine personne d'autre dans le rôle.

Un homme hors normes par sa taille imposante (environ 2 mètre 10 à l'écran grâce à certains effets élaborés sur place) mais également par ses pouvoirs surnaturels, Coffey incarne à lui tout seul l'innocence et la naïveté. Un peu de douceur dans un monde de brutes, serait-on tenté de dire, un sourire aux lèvres. Mais il y a un peu de cela. Sa présence dans le couloir de la mort, endroit déprimant par définition et renfermant des meurtriers qui attendent d'être exécutés de façon barbare, va illuminer l'endroit et le soulager momentanément de ses peines, à l'instar des talents de guérisseur de ce géant sympathique. Plus d'une fois, Coffey s'impose en figure christique, ne serait-ce que visuellement (l'auréole autour de sa tête lorsqu'il regarde un film). Jugés par ses pairs pour un crime qu'il n'a pas commis, il prend néanmoins sur lui et se sacrifie parce qu'incapable de vivre avec sa souffrance mais également pour démontrer à l'entourage toute l'étendue de leurs erreurs, dans l'espoir non formulé qu'ils apprennent et changent d'attitude. Sa réhabilitation aux yeux de tous se fera lors d'une scène intense au chevet de la femme mourante de Hal Moores (James Cromwell), le directeur de la prison. Un grand moment de désespoir qui se transforme sous nos yeux en une vraie leçon d'amour et de tolérance dont les ramifications sont des plus inattendues.

La spiritualité et la religion sont des choses qui font partie intégrante de la culture américaine et par extension, d'un grand nombre de ses artistes. Il ne saurait en être autrement puisque la création comporte toujours une réflexion sociale à plus ou moindre dose et King n'échappe pas à cette affirmation. Bien que l'écrivain n'ait jamais mis telle ou telle croyance personnelle en avant, le combat entre le bien et le mal - la lumière et les ténèbres – est omniprésente dans ses œuvres en prenant des formes plus ou moins surnaturelles. Dans Bazaar, un homme qui semble être l'incarnation du diable s'arroge les âmes des habitants d'une petite communauté avides d'assouvir leurs désirs les plus profonds. Dans Le Fléau, c'est l'humanité survivante à un virus qui se divise en «anges et démons» pour livrer un combat définitif. Et malgré des pertes qui pourraient s'apparenter à des punitions divines, le bien finit toujours par triompher.

Ici, le mal est incarné par plusieurs choses, à commencer par une société qui juge les gens sur leur couleur de peau (une pratique douteuse qui subsistera sans doute jusqu'à la fin de l'humanité) jusqu'à les réduire à l'esclavage et voir en eux des assassins d'enfants sans foi ni loi. Ensuite, parmi les matons, un en particulier sort du lot : Percy Wetmore. Arriviste, pistonné, aussi vicieux que frustré, Percy est un être parfaitement détestable. Incarné à merveille par Doug Hutchison (inoubliable Tooms dans un épisode éponyme de X-FILES), il semble si furieux d'être né qu'il ne supporte aucun bon sentiment. Il n'hésite pas à s'en prendre à M. Jingles, la petite souris qui devient le compagnon d'un autre détenu du nom de Delacroix (Michael Jeter), parce que ces deux-là partagent un lien d'amour inconditionnel qu'il sait ne jamais pouvoir obtenir, même de la part d'un animal minuscule. Toute sa hargne va se concentrer sur Delacroix dont l'exécution sera l'opportunité rêvée pour accomplir une vengeance qu'il est le seul à comprendre mais qui va se retourner contre lui de la façon la plus atroce qui soit. Wetmore devient au fil de l'histoire un personnage aussi inoubliable qu'Annie Wilkes dans MISERY, complexe et pitoyable, deux êtres peints du même pinceau par un écrivain inimitable. Nul doute que ces deux personnages se reconnaîtraient au premier coup d'œil.

Pour contrebalancer autant de méchanceté gratuite, plusieurs personnages se retrouvent du côté positif de la barrière. Il y d'abord Paul Edgecomb que l'acteur Tom Hanks rend sympathique mais ferme. Personne ne discute ses ordres et sa prestance naturelle lui permet de ne jamais dominer ses hommes et à se faire respecter autant par les détenus que par son supérieur hiérarchique. Il est également affublé de calculs rénaux qui lui pourrissent la vie mais Coffey va lui assurer une guérison immédiate et ainsi faire naître chez Edgecomb un début de doute de la véritable nature du géant.

Des relations complexes vont s'installer entre Edgecomb et les autres matons, pas forcément disposés à le suivre aveuglément. En ce qui les concerne, tout homme atterrissant dans le couloir de la mort est forcément coupable et ils ne se sentent pas à leur place pour remettre en cause une décision de justice. Mais les évènements qui surviennent vont chambouler leurs propres croyances à la manière d'un miroir qui leur fait prendre conscience de qui ils sont et des facettes multiples que prend la vérité dépendant des yeux de celui qui l'observe. David Morse (COEURS PERDUS EN ATLANTIDE et THE LANGOLIERS, pour rester chez King) joue le rôle de Brutal, fidèle à son supérieur mais pas inébranlable. Jeffrey DeMunn (LES EVADES, LA TEMPETE DU SIECLE) incarne Harry, le maton qui a le plus de mal à accepter la vérité concernant Coffey et enfin, Barry Pepper (IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN) joue Dean Stanton, le plus jeune du lot, encore inexpérimenté mais désireux de faire au mieux.

Ces quatre hommes ont la charge d'un couloir de la mort presque dépeuplé. Au début de l'histoire, ils sont trois détenus à attendre la fin inévitable. Après l'exécution de Bitterbuck (Graham Greene), un nouveau prisonnier arrive, Wild Bill Wharton (Sam Rockwell), un élément pivot du film et directement instrumental à la révélation de la vérité. Egalement un personnage parfaitement odieux, ses multiples frasques et punitions en conséquence donnent lieu à de petits moments d'humour parfaitement rendus. Cependant, il n'y a rien de drôle à l'intérieur même de Bill qui paiera le prix fort de son arrogance.

Déjà sorti en édition simple chez Warner en 2000, cette nouvelle version s'étale sur deux disques bourrés de bonus. Mais la question que l'on se pose est la suivante : pourquoi avoir coupé le film en deux parties alors que chaque disque comporte des suppléments et qu'il ne s'agit, à l'évidence, pas d'un souci de qualité en vue d'optimiser la compression ? Cette pratique était obligatoire pour les laserdiscs à cause des limites de temps que pouvaient contenir les faces des disques, mais avec les DVDs, cela ne s'impose que dans certains cas comme LE SEIGNEUR DES ANNEAUX, par exemple, où la durée du film vient à dépasser la possibilité d'une compression acceptable surtout dans le cas où le métrage est agrémenté de gourmandes pistes DTS. Cela peut surtout constituer un point négatif aux yeux de l'acheteur potentiel qui préfère pouvoir regarder le film d'une seule traite, sans devoir s'embêter à changer de disque et repasser par un menu sélectif.

Les pistes audio se composent de l'anglais, d'un doublage français et d'une version italienne, toutes sous-titrées (pour les initiés, vous avez même du roumain ou de l'islandais !). Elles sont au format Dolby Digital 5.1 comme il se doit et nous n'avons aucune critique particulière à formuler. Le son est bien réparti sur toutes les enceintes et délivre par moments une profondeur étonnante, en particulier lors des exécutions. Oui, cela paraît un peu morbide dit comme cela mais force est de constater que le rendu de l'électricité qui passe dans la chaise et le corps du condamné est particulièrement efficace, rendant l'expérience aussi sensorielle que visuelle. Saluons également le score sublime de Thomas Newman, un homme au talent exceptionnel faisant partie d'une véritable famille de compositeurs, créateur entre autre des bandes originales des EVADES, AMERICAN BEAUTY ou encore le thème principal de la série SIX FEET UNDER.

L'image est présentée dans un format 1.77, proche du cadrage cinéma d'origine. Au niveau du transfert, aucun véritable défaut n'est à signaler et nous avons eu tout loisir d'admirer la beauté du travail accompli par le réalisateur et ses acolytes, David Tattersall (directeur de la photo) et Terence Marsh (chef décorateur). Les lumières sont très naturelles tout en étant douces, conférant un aspect nostalgique et hors du temps au métrage.

Commençons par le commentaire audio de Frank Darabont, seul aux commandes. Comme il est de coutume chez Warner, ce commentaire n'est pas sous-titré et au vu de sa richesse, c'est un véritable crime et nous pesons nos mots. Certes, Darabont est très facile à comprendre, pour peu que l'on comprenne l'anglais, mais il n'empêche que trois heures risquent d'en décourager plus d'un ce qui est réellement dommage. Le réalisateur est un homme fasciné par tout ce qui compose la création d'un film. Il parle de tout – les acteurs, les décors, le processus d'écriture de scénario, les coulisses, le montage ; il salue toute personne présente au générique et à qui on ne pense jamais ; il connaît par cœur la filmographie de ses acteurs et récite même des dialogues entiers de ses films. Comme le temps lui paraît inévitablement un peu long (au début de la deuxième partie du film), il va appeler quelques personnes au téléphone pour demander plus de renseignements (Greg Nicotero, le monteur Richard Francis-Bruce et le producteur Constantine Nasr). Débordant d'énergie et n'ayant pas peur de l'autodérision, il nous présente aussi les techniciens qui assurent le commentaire avec lui ce qui nous donne un petit aperçu du travail se déroulant en coulisse. Sympathique, informatif et complet.

Ensuite, toujours sur le premier disque, nous trouvons d'abord deux scènes coupées à regarder en continu, avec ou sans commentaire du réalisateur. Il y en a eu d'autres mais comme le montage se fait désormais sur ordinateur, les chutes ne sont pas forcément disponibles. Les deux présentes ici ne constituent pas de véritable intérêt vu que la longueur du film lui assure un aspect assez fourni comme cela.

Les bouts d'essais de Michael Clarke Duncan sur huit minutes sont des lectures face à Tom Hanks où l'un est aussi convaincant que l'autre. Ensuite, nous avons les essais maquillage de Tom Hanks où il a été vieilli. Il est très difficile de créer un maquillage crédible tel que ceux de Dick Smith (Max Von Sydow dans L'EXORCISTE ou F. Murray Abraham dans AMADEUS pour ne citer qu'eux). L'artiste ayant pris sa retraite, la tâche incomba à Rick Baker, un autre maquilleur de talent et les essais sont très réussis. Mais comme le dit Darabont, quand Hanks était en compagnie de réels vieillards ou que la lumière tombait d'une certaine façon, le côté factice sautait aux yeux. Le réalisateur avait toujours eu en tête d'employer un autre acteur et il en fut décidé ainsi après un deuxième test réalisé par KNB, pourtant également réussi.

Teaser, un cas d'école est un petit module de près de sept minutes relatant le travail initial du talentueux Bill Sienkiewicz pour créer le Teaser du film. Mettant en scène M. Jingles qui se promène et escalade la chaise électrique, le résultat à l'écran est un peu bizarre. N'étant pas en compagnie d'un acteur qui mettrait en évidence la petite taille de l'animal, elle ressemble ici à un gros rat ! Le Teaser fut abandonné mais se trouve ici dans son intégralité, accompagné des belles peintures de Sienkiewicz. La bande annonce du film en anglais sous-titré clôt la partie suppléments de ce premier disque.

Les bonus de la deuxième galette s'ouvre sur un Making of d'un peu moins de trente minutes. Sous-titré Walking the Mile, nous visitons le tournage d'apparence très détendue, entrecoupé de brefs entretiens de Darabont et des acteurs évoquant leur travail.

Ensuite, La création de La Ligne Verte est un module qui se décline en six parties à regarder séparément ou en continu. "Stephen King, Une histoire" est une sorte d'éloge à l'écrivain de part les interventions dithyrambiques d'autres écrivains comme le grand Peter Straub, le critique Kim Newman ou Stephen Jones, sans oublier l'artiste Bernie Wrightson ayant illustré plusieurs œuvres de King. Tous s'accordent pour dire que l'écrivain est un homme simple et modeste qui n'oublie jamais d'affirmer qu'il se tient sur «les épaules de géants», autrement dit ses influences littéraires comme Richard Matheson, Robert Bloch ou Lovecraft.

L'art de l'adaptation met en scène Darabont qui évoque le travail d'écriture intense mais qui fut également un grand plaisir au vu du matériau de base. Les acteurs donne la parole aux concernés qui parlent de leur personnage. Michael Clarke Duncan en particulier parle longuement de son coach et des effets bénéfiques, voire parfois personnellement douloureux, de cette collaboration lui ayant valu une nomination aux Oscars.

Le plateau concerne les décors – leur préparation et construction jusqu'à la peinture minutieuse de ce fameux lino vert. Lorsque King a vu le résultat que constitue le couloir de la mort, il a dit qu'il avait l'impression de rentrer dans son propre imaginaire. Quel meilleur compliment pour Terence Marsh ? Le module revient également sur la création des costumes et les décors extérieurs.

La magie de la ligne est consacré aux multiples effets visuels, le plus souvent invisibles à l'œil nu et qui font partie du mystère. Darabont rechigne à livrer tous les secrets de son métrage mais se prête néanmoins au jeu dans l'espoir que cela intéressera quelqu'un ! Nous confirmons… Ici sont révélées les astuces pour faire paraître Michael Clarke Duncan plus grand, nous revenons sur le maquillage vieillissant de Hanks et les différentes chaises électriques utilisées ainsi que ses pauvres victimes. Et le dernier segment, M. jingles, revient sur les nombreuses souris utilisées et la façon de les inciter à faire ce que le réalisateur désirait vu qu'il n'est pas possible de les dresser comme on le ferait pour un chien, par exemple.

Bien que nous déplorons encore le manque de sous-titres sur le commentaire audio, les suppléments s'avèrent assez riches en informations pour satisfaire les plus curieux, développant parfois même davantage les propos du réalisateur. Quoi qu'il en soit, et même si le film est coupé en deux, il serait dommage de vous priver de cette belle histoire mise en images par un vrai passionné, autant de son travail que de la vie tout court.

Rédacteur : Marija Nielsen
50 ans
98 critiques Film & Vidéo
On aime
Une histoire touchante traitée avec intelligence et sensibilité
L’ensemble du cast
Une édition très complète
On n'aime pas
Le film coupé en deux parties
L’absence de sous-titres sur le commentaire audio
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L'édition vidéo
THE GREEN MILE DVD Zone 2 (France)
Editeur
Support
2 DVD
Origine
France (Zone 2)
Date de Sortie
Durée
3h08
Image
1.85 (16/9)
Audio
English Dolby Digital 5.1
Francais Dolby Digital 5.1
Italian Dolby Digital 5.1
Sous-titrage
  • Néerlandais
  • Anglais
  • Français
  • Italien
  • Supplements
    • Commentaire audio de Frank Darabont
      • Scènes coupées
      • La famille de Bitterbuck dit adieu (1mn)
      • La prière de Coffey (2mn39)
    • Bouts d’essais de Michael Clarke Duncan (8mn25)
    • Essais maquillage de Tom Hanks (5mn28)
    • Teaser : Un cas d’école (6mn45)
    • Bande annonce (2mn17)
    • Making of (25mn30)
      • La création de La Ligne verte
      • Stephen King, Une histoire (23mn55)
      • L’art de l’adaptation (14mn04)
      • Les acteurs (21mn03)
      • Le plateau (14mn18)
      • La magie de la ligne (15mn10)
      • M. Jingles (14mn16)
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