BETE, LA (THE BEAST) - Chronique/Critique/Review Film & DVD (http://www.devildead.com)

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 FILM INFOS

 Titre original

 BEAST, THE

 Autres titres

 BETE, LA
 

 Année

 1996

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Jeff Bleckner

 Scénario

 J.B. White

 Musique

 Don Davis

 Acteurs

 William L. Petersen
 Karen Sillas
 Charles Martin Smith
 Ronald Guttman
 Missy Crider
 Sterling Macer Jr.
 Denis Arndt
 A.J. Johnson
 Larry Drake
 Murray Bartlett
 Laura Vazquez
 Robert Mammone

 Adapté d'une oeuvre originale de :

 Peter Benchley

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Double Couche

Durée

169 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• Un sous-LES DENTS DE LA MER agréable
• William Petersen a une bonne gueule en pêcheur
• Ca se suit sans ennui...

 ON N'AIME PAS

• Le téléfilm est purgé de toutes les idées intéressantes du bouquin.
• Une édition bien light...

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 LA BETE

 THE BEAST

Victimes d’une mystérieuse créature, deux plaisanciers disparaissent dans les eaux sombres de l’océan atlantique, non loin de New Port. Un zodiac, unique preuve de leur mésaventure, livre alors quelques indices. Une forte odeur de chlore et la présence d’un curieux crochet semblent ainsi mettre les spécialistes sur la voie d’un Calmar géant. L’idée qu’un tel monstre hante les côtes de Graves Point bouleverse bien évidemment la petite communauté de pêcheurs mais aussi les projets immobiliers de Schuyler Graves, maître économique des lieux. Whip Dalton, pêcheur connu et reconnu pour sa droiture et son savoir-faire, va bientôt se trouver confronté contre son gré à la Bête, affamée et meurtrière…

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

Issue d’une lignée d’écrivains, Peter Benchley a lui-même la plume facile. Le bonhomme débute sa carrière en tant que journaliste pour le Washington Post avant de se mettre à l’écriture d’un roman qui fera de lui un auteur célèbre. Lors de sa publication en 1974, «Les dents de la mer» rencontre ainsi un insolent succès qui perdurera l’année suivante grâce à l’adaptation cinématographique de Steven Spielberg. Etabli, l’écrivain peut dès lors se consacrer plus avant à ses passions que sont la mer, l’écologie et l’archipel des Bermudes. Ainsi, il participe à l’élaboration d’une poignée de documentaires et livre des romans tels que «Dans les grands fonds, les chiens de mer» («The Deep») ou «L’île sanglante» («The Island»). Ces derniers feront rapidement l’objet d’adaptations au cinéma, offrant une fraîche bouchée d’aventure dans un cadre assez paradisiaque. «La bête» s’inscrit dans cette lignée tout en renouant, à l’aube des années 90, avec l’histoire d’une bestiole démesurée…

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

Le roman ne connaîtra cependant pas la même gloire que «Les dents de la mer» et l’adaptation ne se fera que cinq ans plus tard, pour la télévision. La chose n’est en réalité guère étonnante à la lecture du pavé. Le sentiment de redite est en effet très présent et Benchley semble capitaliser sur son requin tueur. S’en amuser aussi car en de nombreuses occasions, l’auteur y fait référence de manière plus ou moins directe, en récréant des situations pour finalement s’en détourner... Difficile malgré tout de voir dans «La bête» l’étoffe d’un nouveau film de cinéma tant le public aura été gavé de sous-LES DENTS DE LA MER durant plus de quinze ans… Un de plus était-il donc nécessaire ? Sans doute pas. Mais il n’est pas vain non plus si l’on considère les nombreuses qualités du téléfilm mis en boite par Jeff Bleckner.

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

Evoquons tout d’abord le casting au sein duquel on retrouve le très convaincant William Petersen, connu pour ses prestations dans POLICE FÉDÉRALE LOS ANGELES, LE SIXIÈME SENS, et aujourd’hui pour son rôle phare dans la série LES EXPERTS. L’acteur incarne sans surprise le héros de LA BÊTE, l’équivalent du chef Brody mais en version pêcheur. Le personnage est droit et d’un naturel prudent. Il est en outre un ardent défenseur de l’environnement et selon lui, l’arrivée du monstre n’est que la résultante d’une pêche irraisonnée. On retrouve donc dans ce personnage tout le propos et les convictions d’un Benchley mûr et amoureux des Bermudes. Le film s’avère cependant moins «rentre-dedans» que le roman sur le plan de l’écologie et nous noterons par ailleurs que l’action est délocalisée pour prendre place à Graves Point, et ce bien que le film soit en réalité mis en boite à Sydney, en Australie ! Cet allègement du propos n’est pas sans conséquence et l’une des particularités du roman se voit donc ici étouffée, de même que la griffe de son auteur.

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

Le pilote d’hélicoptère, capital au récit d’origine, subit lui aussi de larges modifications et voit son rôle très amoindri. Le final lui-même, en rejetant toute violence et notamment l’usage d’une tronçonneuse, perd de sa singularité, sombre dans le «classique» et impose encore une fois une comparaison écrasante avec l’œuvre de Spielberg… A côté de cela, LA BÊTE est un film plutôt habile qui, bien que doté d’un rythme posé et s’étalant sur presque trois heures (deux épisodes de 85 minutes), n’ennuie à aucun moment. La mécanique est connue mais elle fonctionne sans mal, en partie grâce à l’ajout d’une petite romance imaginée par les scénaristes. Les acteurs, auxquels nous ajouterons Ronald Guttman et la sale gueule de Larry Drake, se montrent pour leur part impliqués et plutôt crédibles.

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

Le maigre budget de LA BÊTE ne sonne par ailleurs pas comme un handicap. Les décors sont agréables et les différentes embarcations fleurent bon la marée et le village de pêcheurs. Jeff Bleckner donne à son film un cachet «authentique» qui lui convient parfaitement et accentue la notion de «drame humain». Enfin les apparitions du monstre, soignées et inquiétantes, savent se faire désirer sans pour autant aller jusqu’à la frustration. La bête s’exhibe donc plusieurs fois, et ce pour un résultat qui n’a rien de déshonorant, surtout si on le compare aux horreurs numériques que sont les récents MEGA SHARK VS GIANT OCTOPUS ou KRAKEN : LE MONSTRE DES PROFONDEURS...

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

Bien que l’ombre des DENTS DE LA MER plane ici plus que jamais, et ce jusque dans la partition musicale de Don Davis, LA BÊTE est une production attachante et plutôt bien menée. On regrettera un épilogue «mollasson» et quelques oublis regrettables vis-à-vis du roman, mais l’adaptation reste honnête, modeste et au final très recommandable.

Sorti en DVD aux Etats-Unis en juin 2008, le monstre de LA BÊTE se décide enfin à pointer le bout de ses tentacules du côté de l’hexagone. C’est à l’éditeur Opening que nous devons cette bonne idée mais ne nous réjouissons pas trop vite, car il convient de relativiser cette parution… En effet, l’éditeur français a communiqué quelques semaines avant la sortie du film un visuel annonçant clairement la présence de deux disques. Ce visuel est encore aujourd’hui utilisé par tous les sites de vente, mais aussi par le site d’Opening, lequel confirme d’ailleurs dans les spécifications la présence de deux galettes numériques. La surprise sera donc grande lorsque l’on constatera qu’un seul disque orne en réalité l’intérieur du boîtier ! La mention «2 DVD» a du reste disparu de la jaquette finale, laquelle n’a apparemment pas été diffusée sur le web…

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

D’un double DVD au Etats-Unis, nous passons donc à une édition simple en France. Pas d’inquiétude cependant, nous avons bien là le montage «uncut» et non le charcutage réalisé pour le marché vidéo, affichant une heure de moins au compteur. Reste que l’éditeur ne propose que le doublage français d’origine, là où nous aurions aimé disposer en plus de la version originale… Partant de là et de l’absence totale de bonus, le menu est des plus sobres et ne propose qu’un chapitrage en plus du choix entre le premier et le second épisode. Ce choix est d’ailleurs lui-même une forme de chapitrage puisque le film est encodé d’une traite, préservant toutefois les génériques en fin du premier épisode et du deuxième.

Photo : BETE, LA (THE BEAST)

L’image respecte le ratio 1.33 d’origine et propose donc un encodage en 4/3. La compression est correcte et la durée du métrage ne semble pas avoir d’impact véritable. On notera bien quelques effets de crénelage mais ceux-ci se font rares et nous les jugerons acceptables. Les couleurs sont assez belles et la copie est dans l’ensemble très correcte. Sur le plan sonore, nous n’aurons donc pas le choix. L’option proposée use de deux canaux. Elle n’offre pas de véritable amplitude mais elle remplit correctement son rôle et se montre parfaitement claire. Le doublage est honnête même si certaine voix pourront énerver. Quoiqu’il en soit, il faudra s’en contenter puisque les amateurs francophones de l’œuvre n’auront d’autre choix…

Xavier Desbarats

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