
Iain
Softley, le réalisateur, a plutôt bien intégré la culture cyber
à son film : la musique est ce qui se fait dans le milieu (Prodigy,
Orbital), les hackers écument les différentes tendances vestimentaires
(techno, hippie, etc.), bref on est loin de l'insipide TRAQUE SUR
INTERNET. Apparemment, cela ne suffisait pas à un groupe
de hackers "Internet Liberation Front" qui a piraté le site du film
en remplaçant "Ceci va devenir un site promotionnel divertissant et
marrant" par "Ceci va devenir un site promotionnel dépassé et moche".
MGM a décidé de le conserver sous cette forme pendant l'exploitation
de HACKERS.

On évitera la version française qui loupe pas mal d'idiomes, pour preuve
un écran annonçant: "Acid Burn sez leave B 4 U R expunged" traduit par
un incompréhensible: "Acid Burn exige que tu quittes B 4 ou tu es grillé"
(B 4 équivaut phonétiquement à "before" en anglais). De toute manière
il serait vraiment dommage de se passer des régulières envolées technoïdes
de la bande son bien plus dynamique avec le Dolby Digital anglais qu'avec
le Surround français.
Paradoxalement, Iain
Softley n'a utilisé aucun trucage informatique pour son film : "Nous
avons utilisé les méthodes les plus conventionnelles de contrôle de
mouvement, animation, maquette et rotoscoping pour créer un monde 3D
réaliste, car, à mon avis, les images virtuelles ont parfois un rendu
plus plat et stérile". Le réalisateur se ballade dans les systèmes
Gibson comme dans une ville et l'effet est plutôt réussi, certes au
détriment du réalisme dont il fait preuve pour le reste de la communauté
informatique.

Un bon film, sans prétention aucune, qui vous fera certainement passer
un bon moment et vous permettra de (re?) découvrir Angelina
Jolie.
Pierre-Yves
Taczynski