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 FILM INFOS

 Titre original

 SHOUT, THE

 Autres titres

 CRI DU SORCIER, LE
 

 Année

 1978

 Nationalité

 Angleterre

 Réalisation

 Jerzy Skolimowski

 Scénario

 Jerzy Skolimowski
 Michael Austin

 Musique

 Tony Banks
 Michael Rutherford
 Rupert Hine

 Acteurs

 Alan Bates
 John Hurt
 Susannah York
 Robert Stephens
 Tim Curry

 Adapté d'une oeuvre originale de :

 Robert Graves

 

 DVD INFOS

 

Editeur

PVB

Format Disque

Double Couche

Durée

82 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

Francais

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Ã¹2Biographies£
 • Jerzy Skolimowski
 • Susannah York
 • John Hurt
 • Alan Bates§
 • Bandes-annonces£
 • Les Createurs de Fictions
 • Casablanca Nid d'Espions
 • Elementaire mon cher... Lock Holmes
 • Quiller
ʥ Ipcress, Danger Imm̩diat
 • Prick Up Your Ears
ʥ L'ordre et la s̩curit̩ du monde
 • Eagle's Wing§

 

 ON AIME

• Un drame fantastique réussi

 ON N'AIME PAS

• ...

 LOBBY CARDS

 
 LE CRI DU SORCIER

 THE SHOUT

Anthony Fielding, un paisible musicien vivant dans une rgion ctire de Grande-Bretagne, rencontre Crossley, un homme trange, qui s'invite chez lui. Il prtend s'tre rendu en Australie et y avoir tudier la magie des aborignes. Rapidement, ce personnage singulier va se montrer de plus en plus envahissant...

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

LE CRI DU SORCIER est un film du polonais Jerzy Skolimowski. Celui-ci commena sa carrire en crivant des scnarios pour des ralisateurs de sa gnration : LES INNOCENTS CHARMEURS de Wajda, puis LE COUTEAU DANS L'EAU, premier long-mtrage d'un certain Roman Polanski. A partir de 1964, il dirige ses premiers films dans son pays, o il acquiert une certaine rputation. Mais, en 1967, son HAUT LES MAINS est retenu par la censure, cause de son point de vue critique sur le Stalinisme. Skolimowski part alors travailler en occident, o il est accueilli bras ouverts : LE DEPART, tourn en France la mme anne, reoit ainsi l'Ours d'Or Berlin. Il ralise essentiellement des drames, dans lesquels l'trange a parfois sa place (DEEP END). En 1978, sort LE CRI DU SORCIER, interprt par un prestigieux casting : Alan Bates (LOVE de Ken Russell...), Susannah York (ON ACHVE BIEN LES CHEVAUX de Sidney Pollack...), John Hurt (ELEPHANT MAN de David Lynch) et Tim Curry (immortel star de THE ROCKY HORROR PICTURE SHOW...). Ce dernier y interprte Robert Graves, auteur de la nouvelle dont a t inspir le film.

Ce sera la seule fois que Skolimowski se frottera un sujet ouvertement fantastique. Aussitt aprs, il tournera des rflexions sur sa condition d'exil et d'artiste : TRAVAIL AU NOIR raconte comment des ouvriers polonais, venus travailler sur un chantier en Angleterre, apprennent le coup d'tat du gnral Jaruzelski dans leur pays natal ; dans LE SUCCS A TOUT PRIX, Michael York incarne un dramaturge polonais clbre, vivant Londres, mais incapable de financer son nouveau spectacle qu'il veut ddier la Pologne. Skolimowski signe encore des oeuvres remarques, comme LE BATEAU-PHARE, mais, partir de la fin des annes 1980, il tourne de moins en moins souvent.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

LE CRI DU SORCIER s'ouvre dans le dcor insolite d'un asile psychiatrique. Une partie de cricket, laquelle participent aussi bien les interns que le personnel soignant, y est organise. Robert Graves, ami d'un mdecin, est invit pour compter les points en compagnie de Crossley, un malade. Pendant que le match suit son cours, Crossley raconte les vnements ayant men son internement...
Anthony Fielding, un musicien, vit dans une demeure isole, prs de la cte, avec son pouse Rachel. Il rencontre Crossley, qui s'incruste chez lui. Celui-ci commence proclamer qu'il a voyag en Australie. Il y aurait tudi les socits aborignes, dont il a adopt le mode de vie. Ainsi, suivant une de leurs traditions, il prtend avoir tu ses enfants. Il se vante mme de matriser certaines techniques magiques, enseignes par un sorcier de ce peuple, parmi lesquelles le "cri qui tue". Fielding accueille ces dclarations avec un mlange de fascination et d'incrdulit. Crossley va de plus en plus s'imposer dans la vie du couple, et les relations entre les personnages vont tourner l'affrontement...

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

A la manire du CABINET DU DOCTEUR CALIGARI, LE CRI DU SORCIER prend donc la forme d'un rcit indirect, racont par un malade mental dans un asile, au cours d'une rcration. Cette mise en place est rapproche, dans l'pilogue, de la clbre tirade du MACBETH de Shakespeare : "La vie n'est qu'une ombre en marche, un pauvre acteur, qui se pavane et se dmne son heure durant sur la scne, et puis qu'on n'entend plus. C'est un rcit cont par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien."

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

Le spectateur, la manire de Graves, est alors invit "compter les points", l'affrontement narr trouvant son cho mtaphorique dans le jeu de cricket entre les fous et les mdecins. Ds lors, l'ambiguit va tre de mise. Dans le rcit de Crossley : quelle est la part des dlires du dment ? Quelle est la part de la vrit ?

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

L'histoire de Crossley a la forme d'un huis-clos tendu, doubl d'un affrontement psychologique ambigu, comme on en avait vu quelques-uns dans le cinma anglais des annes 1960. CUL-DE-SAC de Polanski ou THE SERVANT de Joseph Losey en sont les deux principaux reprsentants. Un fort (ici, Crossley) s'impose dans la vie d'un faible (Fielding) et l'crase impitoyablement. La description de ces rapports de force mle lchet et manipulation, cruaut et masochisme, dans une ambiance inconfortable, donnant lieu des scnes pesantes et dstabilisantes.

La confrontation s'articule entre les deux modes de vie des personnages. Crossley est un pote errant, un voyageur sans attache ni bagage, tandis que Fielding vit l'existence tranquille et sdentaire d'un bourgeois. Il tente de s'exprimer travers la composition musicale, aid par d'onreux instruments artificiels et lectroniques (synthtiseurs, vocoder...), en ayant comme modle artistique l'œuvre expressionniste et viscrale du peintre Francis Bacon (dont des reproductions des oeuvres sont accroches dans son studio d'enregistrement). Mais, le travail de Fielding reste creux, sans profondeur, et le laisse insatisfait. Crossley, de son ct, au seul moyen de son corps et de sa voix, parvient atteindre une forme pure d'expression sonore ultime : un cri d'une telle intensit qu'il te la vie ceux qui l'entendent.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

Le fantastique s'immisce alors dans ce drame psychologique. Le classique huis-clos se voit enrichi d'une dimension surnaturelle par l'insertion d'lments lis la magie aborigne. La supriorit de Crossley provient avant tout de sa matrise de cette discipline, qui lui permet de faire peser une lourde menace physique sur Fielding. Bien qu'initialement rationaliste et incrdule, les vnements forceront le musicien constater l'existence vidente de forces fantastiques, qu'il devra mettre son service pour affronter d'gal gal Crossley.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

LE CRI DU SORCIER propose des passages d'une grande force plastique, comme la dmonstration du cri, jouant sur le spectaculaire paysage ctier et dsol dans lequel se droule ce drame. La mise en scne va d'ailleurs souvent opposer la nature sauvage et dmesure, associe Crossley et la magie aborigne, et la maison aux pices triques, qui reflte le mode de vie de Fielding.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

Habilement construit et ambitieux, LE CRI DU SORCIER n'en souffre pas moins de petites longueurs et de passages moyennement russis (les longues exprimentations sonores de Fielding...). Quant aux rfrences Bacon ou Shakespeare, si elles sont bien intgres au rcit, elles sont parfois un peu trop appuyes, et la menace d'une prtention irritante pse par moments. Le style est globalement assez svre, un peu froid et ne cherche pas sduire le spectateur.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

Jouant du fantastique sur un mode retenu et original, LE CRI DU SORCIER frappe par ses partis pris allant rebrousse-poil du cinma fantastique classique. Ainsi, si il n'y a, pour ainsi dire, pas d'effets spciaux visuels, la bande-son, elle, est trs riche en exprimentations. Assez exigeant envers le spectateur, cet affrontement psychologique bnficie d'une relle richesse thmatique et d'une atmosphre tendue et trange n'appartenant qu' lui.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

LE CRI DU SORCIER propose une image au format 1.77, collant donc parfaitement l'option 16/9 disponible pour ce titre. La copie est d'une propret pratiquement impeccable, et la gestion gnrale de la lumire et de la dfinition est souvent spectaculaire. On peut faire quelques petits reproches, ponctuels, quant la colorimtrie de certains plans (dominantes jaunes dans des scnes sombres, tons de chair parfois un peu pourpre...) ou la compression (les rouges vifs ont tendance fourmiller par exemple), mais l'ensemble est tout de mme de trs bonne tenue.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

Quant aux bandes-son : attention au micmac ! La jaquette annonce, pour le franais, la bande-son en mono d'origine, en Dolby Digital 5.1 et en DTS 5.1. Le menu, lui ne nous laisse le choix qu'entre le DD 5.1 et le DTS. Or, si on slectionne l'option DD 5.1, on se trouve en prsence... d'une piste stro franaise manifestement en surround qui donne parfois trop d'importances certains effets comme les bruits de pas de John Hurt bien trop exagr en comparaison de la version originale ! L'autre piste sonore est le reflet de la piste stro mais cette fois rellement en DTS.

Heureusement, on trouve bien une excellente bande-son anglaise en Dolby Stereo d'poque, trs propre et russie. Si on slectionne cette version originale, les sous-titres franais ne peuvent pas tre retirs.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

La section bonus est assez pauvre : on y trouve juste les filmographies de Jerzy Skolimowski, Alan Bates, Susannah York et John Hurt. On peut aussi accder huit bandes-annonces d'autres films proposs par PVB. C'est un peu mieux que l'dition anglaise de Carlton (dont PVB a apparemment rcupr le master), qui ne propose aucun bonus.

Photo : CRI DU SORCIER, LE (THE SHOUT)

LE CRI DU SORCIER, affrontement psychologique rehauss d'lments fantastiques, mrite d'tre dcouvert. Sous des dehors un peu froids, la richesse de sa mise en scne et de son atmosphre singulire fascine. Cette dition correcte n'appelle pas de commentaires particuliers, part pour la petite confusion (pas bien grave) dans la prsentation des bandes-son franaises.

Emmanuel Denis

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