En Sibérie, au début des années 50, Ilsa tient
avec une poigne de fer un goulag. Impossible de le louper puisque les
panneaux indicateurs sont d'anciens prisonniers gelés qui pointent
de leur doigt la direction à suivre...

Troisième et dernière
aventure du personnage de Ilsa, ILSA LA TIGRESSE DU GOULAG téléporte
en Sibérie notre héroïne du cul de basse fosse où
elle était restée dans ILSA
GARDIENNE DU HAREM. Là, elle prend une nouvelle fois
les commandes d'un camp mais cette fois pour la bonne rééducation
du peuple soviétique. A vrai dire, elle y assouvit ses penchants
sadiques la journée et organise des fiestas en soirée
dans son baraquement. C'est sur ce point que les clichés sont
les plus ahurissants ! Ilsa et les gardiens russes improvisent une petite
danse sur un air de balalaïka tout en buvant de la vodka. Tradition
oblige, ils passent aussi leur temps à casser les verres dans
la cheminée. Et ils doivent avoir un sacré stock de boissons
et de verres ! En fin de soirée, la maîtresse de maison
s'envoie les deux hommes de mains les plus robustes pendant que les
deux autres ivres morts s'occupent de deux gardiennes auxiliaires tout
en continuant à boire.

Etrangement, ILSA LA TIGRESSE
DU GOULAG est l'épisode qui mélange le moins sadisme
et sexe. Le fétichisme est pourtant toujours présent comme
une partie de jambes en l'air où Ilsa se sert des éperons
de ses bottes de façon particulière. A propos de ses bottes,
si ce n'est pas du pur fantasme que de la faire déambuler dans
un camp enneigé avec des talons hauts, alors qu'est-ce que c'est
? Pour le gore, le film démarre très fort par une chasse
à l'homme qui se termine de façon pointue puis par un
éclatement de tête bien gerbeux ! Le sadisme est poussé
jusqu'à des tortures totalement inutiles comme le passage d'un
homme sous la glace d'un lac gelé pour finalement finir tout
au fond. Il n'y a pas à dire, Ilsa se donne du mal pour pas grand
chose car il aurait été bien plus rapide de simplement
le plonger dans l'eau et le ressortir deux fois de suite plutôt
que d'installer un stratagème aussi compliqué ! Mais n'oublions
pas que le fantasme passe par une mise en scène et celle-ci prime
sur le résultat final.

Celui qui tient tête
à Ilsa cette fois-ci est un intellectuel opposant au régime
de Staline. Le film nous gratifie donc d'une étonnante séance
de rééducation politique et électrique. Le héros
n'utilisera pas cette fois de ses charmes pour chavirer le coeur de
pierre de Ilsa ce qui lui vaudra une vilaine castration du bout des
dents par l'intermédiaire d'une machine provoquant les illusions
de vos pires cauchemars. Une séquence bizarre aux éclairages
colorées qui rappelle un peu ceux de SUSPIRIA
ou plutôt de INFERNO.

C'est donc une fois de plus
la mise en scène des sévices perpétrés sur
des hommes par une femme forte qui est dépeint dans ILSA LA
TIGRESSE DU GOULAG. Pourtant, contrairement aux deux films précédents,
le scénario prend une tournure inattendue passée les premières
quarante minutes. Ilsa quitte la Sibérie et se retrouve au Canada
dans la peau d'une sorte de pendant féminin de Fu Manchu. Criminelle
usant de tactiques très particulières, ce qui nous ramène
encore une fois directement aux bandes dessinées italiennes,
elle est mise en présence avec l'un des survivants du camp sibérien
à présent affecté à la protection d'athlètes
russes. Le tout se terminera comme le précédent épisode
par une échauffourée musclée avec un petit commando,
cette fois du KGB.