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 FILM INFOS

 Titre original

 METEOR

 Année

 1979

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Ronald Neame

 Scénario

 Edmund H. North
 Stanley Mann

 Musique

 Laurence Rosenthal

 Acteurs

 Sean Connery
 Brian Keith
 Karl Malden
 Natalie Wood
 Richard Dysart
 Henry Fonda
 Trevor Howard
 Martin Landau
 Gregory Gaye

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Kino Lorber

Format Disque

Blu-Ray (Simple Couche)

Durée

107 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

 •Bande-annonce

 

 ON AIME

• Un film catastrophe généreux, véritable Best Of du genre

 ON N'AIME PAS

• Une édition vide de bonus, sans aucun sous-titre
• Une piste sonore en mono
• Un menu faisant penser aux premières éditions DVD du XXe siècle.

 VIDEOS

 Bande-annonce

 

 POSTERS

 

 LOBBY CARDS

 
 METEOR

 

Le passage d'une comte pulvrise une ceinture d'astrodes. Rsultat, le gigantesque mtorite Orpheus dvie et fonce droit vers la Terre. Heureusement, si l'on peut dire, les Etats-Unis possdent un satellite avec des ogives nuclaires braques vers la Russie. Et, bien sur, les Sovitiques disposent d'un systme similaire en orbite autour de la Terre. Ces engins de destruction massive deviennent alors l'espoir de l'humanit ! Le Dr Bradley (Sean Connery) prend donc la tte d'une organisation russo-amricaine qui doit raligner les ogives en direction d'Orpheus en moins de sept jours pour tenter de le dtruire avant qu'il ne soit trop tard pour notre plante !

Photo : METEOR

En 1979, le cycle de films catastrophe initi par AIRPORT dix ans plus tt parvient sa fin. Mme Irwin Allen n'y arrive plus. LE DERNIER SECRET DU POSEIDON et L'INEVITABLE CATASTROPHE sont de graves checs. La tlvision s'empare du genre en lchant HORIZONS EN FLAMMES et DELUGE SUR LA VILLE. La parodie pointe le bout de son nez avec LE BIG EN FOLIE. Ca sent donc la fin d'un rgne. Malgr cela, METEOR voit le jour. Et, dans la grande tradition initie par George Seaton, une palanque de stars rejoint le casting.

Le producteur de Hong Kong Sir Run Run Shaw avait dans l'ide de percer la march international. Il s'y employa via divers projets, dont l'incongru INSEMINOID, et en initiant un projet dans un genre jusque l porteur. Arrivent donc le prestigieux ralisateur de L'AVENTURE DU POSEIDON, Ronald Neame. Puis les stars affluent : Sean Connery, Natalie Wood, Karl Malden, Brian Keith ou Martin Landau. Tous connus du grand public, mme si la carrire de certains se trouvaient en perte de vitesse. A l'instar de Paul Newman pour LE JOUR DE LA FIN DU MONDE tourn la mme anne, Sean Connery ne garda pas METEOR dans son coeur, l'ayant sign pour des raisons strictement financires. On y retrouve mme Sybil Danning dans un petit rle qui servira de relais sa carrire internationale, puisqu'elle enchainera AIRPORT 80 CONCORDE juste aprs!

Photo : METEOR

METEOR parvient rarement la hauteur d'oeuvres spectaculaires comme LA TOUR INFERNALE ou encore TREMBLEMENT DE TERRE, vritables phares du genre catastrophe. Neame passe ct de la trs atmosphrique AVENTURE DU POSEIDON et, malgr cela, garde les rgles du casting prestigieux. Le scnario s'engage dans une voie multidimensionnelle quelque peu indite. Le premier quart du film oscille entre rcit de guerre froide latente (Brejnev et Carter sont encore au pouvoir), militaires borns et scientifiques largus. Connery apporte sa touche de rebelle attitude et se voit dot de dialogues crus du meilleur effet ! Puis on plonge en pleine science-fiction avec la station spatiale pulvrise pour aboutir aux divers morceaux de la menace spatiale qui s'abattent sur la Terre. Cela n'est donc pas un mais plusieurs dsastres auxquels nous assistons. une avalanche monstrueuse qui dtruit un village suisse, un gigantesque raz-de-mare ravageant Hong Kong... Ou la destruction de New York City qui commence, concidence malheureuse, par le symbole des anciennes Twin Towers qui explosent en premier. Clairement, METEOR veut donner au spectateur son lot d'action, en passant la vitesse suprieure sur le nombre de destructions.

Photo : METEOR

L'autre aspect intressant demeure la prconisation du travail commun entre amricains et russes. Mettant de ct les diverses dissensions politiques et militaires entre les deux blocs, le film prne un rassemblement des forces et non pas une opposition de facto. Un traitement rarissime, d'autant que pour une fois, les personnages ne font pas que subir l'atrocit qui s'abat sur eux, mais agissent contre.

Cinaste anglais et hros cossais : le film balance de ce fait quelques coups de griffes envers le bloc amricain. Connery qui indique sa collgue russe joue par Natalie Wood qu'elle se sentirait bien aux Etats-Unis, car il ont tout : un taux de criminalit galopant, entre autres. Et un commentateur anglais prcisant qu'il est tonnant que le gouvernement amricain ait besoin de la BBC pour prendre connaissance des vnements tragiques qui se prparent. Le tout dans un flegme typique qui rend les arguments encore plus porteurs.

Photo : METEOR

Il existe encore aujourd'hui pas mal de rticences critiques quant METEOR. Le film possde l?inconvnient d'une production arrivant en fin de cycle, de bricolage de certaines images provenant de stock-shots - dont certains plans recycls d'AVALANCHE. Ceci reste nanmoins trs mineur. Les trs nombreux effets spciaux optiques et mcaniques oscillent entre le tout fait correct et le mdiocre. Mais au regard de ce qui se pratique depuis quelques annes en matire d'effets numriques dplorables, METEOR apparait comme un soulagement charnel et un terreau de crativit quant aux challenges visuels que la narration. D'autre part, on sent que certains acteurs payent clairement leurs impts en offrant le minimum syndical. Pourtant, l'image d'un Martin Landau qui se donne clairement, tout comme Karl Malden, Ronald Neame emballe l'ensemble de manire trs pro. A l'inverse de Mark Robson qui manque le coche avec son AVALANCHE EXPRESS. Des transitions russies comme aprs le gnrique de dbut le plan du bateau de Connery naviguant sur une mer d'toiles en fondu enchan. Ainsi que la premire apparition de la navette spatiale. Ou pour dynamiser un moment cl comme le mtro de New York City submerg par la boue o les acteurs ont bien pay de leur personne - confirm par Sean Connery dans un entretien avec NBC lors de la sortie du film. Karl Malden a rellement du souffrir!

Le film rencontra de nombreux soucis ds le lancement du projet. Neame et Connery refusrent la premire mouture du scnario. Il fut rcrit la fois par Stanley Mann et Ronald Neame (non crdit au gnrique). Ce fut ce moment que Sean Connery accepta de signer. Malgr un quart du budget dvolus aux effets spciaux, les premiers rsultats furent jugs insuffisants. Le dveloppement de la relation entre Natalie Wood et Sean Connery se voit condamn et les plans chourent sur le sol de la salle de montage. Et de ce fait, certaines scnes ont t retournes. Avec un budget rabot -notamment pour la scne du tsunami o selon Tony Doublin (spcialiste des miniatures ayant travaill la fois sur 1941, CARNOSAUR 2 ou TOTAL RECALL !) il n'y avait pas assez d'argent pour construire les miniatures entires des immeubles - comme il avait t effectu pour 1941. Et donc certains plans du raz-de-mare exciss du fait des problmes de tournage, rapport en ce sens par Gene Warren, non crdit au gnrique par ailleurs. Plusieurs spcialistes dfilrent et quittrent le tournage qui vira au cauchemar, et ce fut William Cruse (ayant oeuvr sur CITE EN FEU, DAR L'INVINCIBLE, L'EMPRISE) qui complta le tout.

Photo : METEOR

Dans son autobiographie, Ronald Neame exprima son dsaccord et sa colre vis--vis de l'quipe des effets spciaux et son responsable. D'abord sur l'utilisation d'une camra concernant le tournage de plans en extrieur par cette quipe, avec l'accord de la production. Alors que le directeur de la photographie Paul Lohmann prfrait opter pour une Panavision plus stable. Le rsultat fut l'impossibilit de coupler les plans tourns par Neame et ceux du responsable de l'quipe, mme aprs une tentative de rparation via la post production. Ce qui se voit considrablement sur certains trucages optiques, les diffrences de lumires tant assez criants - voir en ce sens l'impact sur la montagne suisse. D'un autre ct, Neame insista pour utiliser un morceau de lave spcifique pour tourner la scne pr-gnrique pour le mtore, ce qui donna un look plus raliste que le reste? Mais aux vues du rsultat, on ne sait pas vraiment quelles dcisions ont commenc plomber le projet.

Malheureusement pour METEOR, le film sera distribu par American International, une compagnie habitue sortir des sries B, rvant de rivaliser avec les majors amricaines. Le film ne versera pas dans un succs monumental : pour un budget annonc 16 millions de dollars, parti majoritairement dans le salaire des acteurs, il n'en rapporta que huit aux Etats-Unis. Et 595.000 entres en France, par exemple. Ce qui n'empcha pas le film se vendre partout travers le monde. Et donc des rsultats plus que notables compars aux dsastres financiers des dernires productions Irwin Allen, dont le pire restera LE JOUR DE LA FIN DU MONDE. Ce qui clouera le genre catastrophe au pilori malgr un (ridicule) soubresaut avec AIPORT 80 CONCORDE.

Photo : METEOR

Le passage en haute dfinition s'effectue via Kino Lorber qui commence une nouvelle collection dvolue au catalogue MGM. Le Blu-ray zon A d'une dure totale de 107 minutes et 25 secondes dbarque avec un encodage MPEG 4-AVC en 1080p sur un disque de 25 Go. Une nette amlioration sur l'dition DVD, bien que les jaquettes soient dcidment toujours aussi hideuses. Le pige de la HD est que si le niveau de dtail se trouve considrablement amlior (les gros plans sur Karl Malden et Sean Connery apparaissent tout bonnement magnifiques), tout comme la dfinition, cela accentue aussi les dfauts inhrents au film, certaines effets optiques ont du mal passer le test de la crdibilit, notamment les premiers plans de la ceinture d'astrodes.

L'image parait de manire gnrale assez douce concernant les teintes et couleurs, peut-tre trop par instants. Certains plans saisissants, comme ceux sur les yeux de Sean Connery avant la premire scne avec le projet Hercule, entre autres, alternent avec d'autres plus moyens sur la prcision du dtail. Mais c'est un indniable progrs sur les prcdentes ditions DVD. La piste sonore DTS HD MA 2.0 offre une certaine puissance quant la partition (magnifique) de Laurence Rosenthal. Dans une rpartition sur deux canaux, le gnrique de dbut donne le meilleur possible. Dialogues clairs, mais comme un manque de relief patent sur l'ensemble des scnes d'action. Le Laserdisc NTSC possdait une piste sonore stro, ce qui laisse entendre que le film soit sorti au cinma dans un mixage en 4 pistes magntiques. Par contre, le DVD Z1 ne reproduisait qu'une piste mono encode sur deux canaux. On a donc droit ici une amlioration? mais c'est encore du mono, mme encod sur deux canaux. Soit une rgression par rapport au Laserdisc. Une vraie honte. La faute MGM ou Kino Lorber, peu importe. Mais conseil donc celles et ceux (comme votre serviteur) qui possdent encore ce support : gardez-le.

Photo : METEOR

Autre chose assez curieuse : ds de dbut du gnrique de fin, la qualit sonore change brutalement. La rpartition nette sur les deux canaux droite et gauche se substitue un faisceau central un peu touff, comme si ce morceau provenait d'une autre source. Bizarre. La relle dception vient du vide intersidral concernant l'habillage du Blu-ray et des bonus. Aucun sous-titrage mme anglais, le film annonce d'origine (o il est ais de voir la diffrence avec le traitement HD du film concernant les effets spciaux!) mais rien d'autre ! Pas d'interviews, ni de documentaire quelconque, alors qu'il existe du matriel relatif au film, y compris des documents concernant des entretiens avec Sean Connery ou avec les spcialistes d?effets spciaux comme Gene Warren, Dennis Michelson et Tony Doublin.

L'habillage du menu reste d'un niveau alarmant pour du Blu-ray en 2014, comme l'taient les menus DVD d'il y a plus de 15 ans. Une image fixe tout comme l'accs chapitr, sans son, sur le centre de l'image. Ce qui semble une marque de fabrique, puisque le menu d'AVALANCHE (sorti galement sous la bannire Kino Lorber) suit le mme schma. Un bon point : le menu pop-up apparait lors de la vision du film pour accder aux maigres interactions qu'offrent la galette. Une sortie minima et une certaine dception que le Blu-ray de METEOR, d'un niveau tout fait respectable concernant l'image et le son, ne profite pleinement pas du format - et ne tire pas le produit vers le haut. Avec des bonus dignes de ce nom, comme ont pu l'effectuer rcemment des diteurs comme Shout! ou Twilight Time. Trs dommage.

Photo : METEOR

Ce Blu-ray upgrade visuellement METEOR afin de profiter pleinement d'un spectacle comme on en fait plus, pourrait-on dire avec nostalgie. Mme avec ses nombreuses scories, facilits, l'inutilit du rle de Natalie Wood, ses effets pas toujours maitriss, METEOR reste hautement sympathique et possde un capital fun fortement recommandable. Dommage que cette dition tronque le rendu sonore initial.

Francis Barbier

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