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 FILM INFOS

 Titre original

 HELLRAISER : DEADER

 Année

 2003

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Rick Bota

 Scénario

 Neal Marshall Stevens
 Tim Day

 Musique

 Henning Lohner
 Lorne Balfe

 Acteurs

 Doug Bradley
 Kari Wuhrer
 Paul Rhys
 Georgina Rylance
 Marc Warren

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Double Couche

Durée

88 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

Aucun

 

 ON AIME

• Une idée de base qui aurait pu être intéressante.
• Le métro, assez sordide.

 ON N'AIME PAS

• La photographie, le rythme, les CGI...
• Le travail de Tunnicliffe, qualitativement en baisse.

 VIDEOS

 Bande-annonce

 
 HELLRAISER : DEADER

 

Amy Klein, journaliste taciturne mais efficace, se voit confiée par son chef une vidéo aux images dérangeantes. Celles-ci dévoilent un groupe d'individus, les «Deaders», dont l'un des membres se donne la mort avant d'être ramené à la vie par un homme nommé Winter. S'agit-il d'un trucage ou d'un sujet pouvant faire décoller sa carrière ? Pour en avoir le cœur net, Amy part en Europe de l'est à la recherche de la jeune femme «ressuscitée». Une trace qui va bien vite la mener à la boite de LeMarchand et, bien entendu, à Pinhead. Maintenant victime d'horribles hallucinations, la téméraire Amy doit se battre pour mettre la vérité à nue et sauver sa propre existence…

Photo : HELLRAISER : DEADER

Cette trame scénaristique, c'est à Neal Marshall Stevens que nous la devons. Bien que l'homme ait écrit quatre aventures de la série télévisée LES MONSTRES, ce n'est que dix ans plus tard, en 2001, qu'il se fera timidement connaître avec l'intrigue qui donnera lieu au 13 FANTOMES de Steve Beck, un remake d'un métrage des années 60. La même année, il tentera sa chance derrière la caméra avec le direct-to-video STITCHES nous narrant l'histoire d'un démon collecteur d'âme. Là encore, le succès n'est pas au rendez-vous mais Stevens voit une nouvelle opportunité s'offrir à lui. Toujours en 2001, l'un des nombreux scénarios qu'il a largement dispatché chez différentes sociétés retient l'attention de Dimension Films : Une enquêtrice tente de découvrir si la vidéo qu'elle vient de recevoir relève de l'excellent trucage ou du terrifiant rituel. Une trame sans réelle surprise, rappelant bien évidemment celle du VIDEODROME de David Cronenberg, ou celle du 8MM de Joel Schumacher avant de virer très vite à L'EXPERIENCE INTERDITE du même réalisateur…

Photo : HELLRAISER : DEADER

Quoiqu'il en soit et bien qu'il n'ait aucun rapport avec la saga initiée par Clive Barker, le script est sélectionné pour venir étoffer la franchise HELLRAISER d'un nouvel opus. Celui-ci est placé entre les mains de l'acteur Doug Bradley alors qu'il est encore sur le tournage de HELLRAISER : HELLSEEKER. Si le bonhomme aura un droit d'écriture sur ses (rares) lignes de dialogue, c'est à Tim Day que reviendra la tâche de remanier le script. Le budget de ce nouveau métrage est fixé à quatre millions de dollars, soit un de plus que pour le film précédent, mais les consignes restent les mêmes. Le scénariste supprime donc du script toutes les séquences potentiellement coûteuses, tout en ajoutant les éléments «imposés» que sont Pinhead, les cénobites et bien entendu la boite de LeMarchand. Une manœuvre qui n'est bien entendu pas sans rappeler la genèse de HELLRAISER : INFERNO et mènera aux mêmes constats...

Photo : HELLRAISER : DEADER

Pour des raisons budgétaires toujours, HELLRAISER : DEADER sera tourné en Roumanie à la fin 2002. En effet, après avoir exploité les alentours de Vancouver avec par exemple HELLRAISER : HELLSEEKER, HALLOWEEN : RESURRECTION ou SCARY MOVIE 2, la société Miramax vient de trouver son nouvel El Dorado en Europe de l'Est, aux environs de Bucarest. Seront donc tournés là-bas (et quasi-simultanément) DRACULA II: ASCENSION, MIMIC 3 : SENTINEL, HELLRAISER : DEADER mais aussi HELLRAISER : HELLWORLD. Le script d'origine se déroulait intégralement à Manhattan et Tim Day le déplacera pour qu'il débute à Londres, puis bascule rapidement en Roumanie. Reconnaissons que ce choix n'a rien d'idiot puisqu'il permet au film de se doter d'une ambiance froide et sombre, quelque peu «cliché» (voir BLADE 2 sorti quelques mois auparavant) mais particulièrement adéquat.

Photo : HELLRAISER : DEADER

Le spectateur pourra donc découvrir une part de l'architecture de Bucarest, mais aussi son métro. L'ensemble aurait pu être agréable si le travail de photographie de Vivi Dragan Vasile s'était montré à la hauteur... Bien qu'il travaille ici à domicile et en pleine connaissance des lieux, le bonhomme nous livre malheureusement une image terne et totalement dénuée d'âme. Plus que jamais dans la saga, nous avons là un travail digne du Direct-To-Video, mis en boite sans soin ni inspiration… Dans un registre similaire, nous resterons sceptique devant les effets numériques, à l'évidence bâclés. Même constat enfin pour les maquillages de nos chers Cénobites. Gary J. Tunnicliffe répond encore une fois présent, soigne Pinhead comme à son habitude mais livre un travail relativement décevant par ailleurs. Chatterer et Stitch sont ainsi peu convaincants et semblent particulièrement factices. Consolons-nous en nous disant que cela aurait pu être pire ! En effet, HELLRAISER : DEADER est le seul film de la saga pour lequel un cénobite a été conçu, mais finalement rejeté. Il faut dire que «Spike» voyait son visage percé d'un énorme pieu de plastique fort malvenu…

Photo : HELLRAISER : DEADER

Nous noterons par ailleurs que Pinhead a beau demeurer l'argument commercial du film, ses apparitions se font très rares. La mythologie HELLRAISER en prend un sacré coup même si, encore une fois, Rick Bota et son scénariste nous collent un descendant de la lignée des LeMarchand… Peu inspirés, ils reproduisent également la «révélation» déjà vue dans HELLRAISER : INFERNO et HELLRAISER : HELLSEEKER ! Autant dire que le spectateur ne sera pas surpris mais plutôt lassé par ce sentiment de redite nous ramenant encore une fois à L'ECHELLE DE JACOB. Il est à ce sujet intéressant de noter que le chef d'œuvre d'Adrian Lyne viendra également à l'esprit lors d'une séquence se déroulant dans le métro. Celle-ci avait fait l'objet d'une variante (pleinement assumée) dans le jeu vidéo Silent Hill 3 et Rick Bota s'en inspire à l'évidence pour ce qui restera l'une des rares séquences réussies de son film. Nul doute que son métro sordide et dépravé aura bouffé une bonne part du budget et monopolisé la plupart des créatifs ou acteurs nudistes !

Photo : HELLRAISER : DEADER

Rick Bota n'était pas l'homme de la situation, nous l'avions compris dès l'opus précédent. Ce HELLRAISER : DEADER ne fait donc qu'enfoncer le clou en se montrant fade à bien des égards. Les quelques idées amenées par le scénario sont malmenées par une mise en scène maladroite et un rythme incroyablement laborieux. La qualité générale est en chute libre et seule l'actrice Kari Wuhrer (SLIDERS) semble tirer son épingle du jeu, crédible en journaliste têtue là où le reste du casting (essentiellement roumain) se montre parfaitement incompétent… La logique aurait donc voulue que Bota soit mis à l'écart mais il est déjà trop tard. La pré-production de HELLRAISER : HELLWORLD a débutée pendant les prises de vues de HELLRAISER : DEADER et le tournage se fera dans les mêmes conditions, durant les premiers mois de 2003…

Photo : HELLRAISER : DEADER

Comme dit précédemment, le métrage fut tourné fin 2002, sur vingt-cinq jours entre octobre et décembre. Les irréductibles de la saga auront donc patienté plusieurs années avant que le film ne refasse surface. En effet, HELLRAISER : DEADER ne sortira que le 7 juin 2005 en DVD sur le sol américain et il faudra attendre quinze mois de plus, le 25 octobre 2006, pour que les masochistes français puissent en profiter. Pourquoi de tels retards ? Ni les acteurs, ni le réalisateur ne peuvent l'expliquer. On notera cependant que la plupart des bonus du DVD américain auront été réalisés durant cet intervalle. Ce sera le cas par exemple d'un petit making-of dédié aux effets spéciaux numériques, datant de 2004. A l'image de ce qui était proposé sur le disque Zone 1 de HELLRAISER : HELLSEEKER, celui-ci décortique deux séquences, étape par étape et ce de manière plutôt didactique. Le disque américain dispose également de trois galeries photos exhibant aussi bien des images du tournage que des croquis préparatoires ou story-boards.

Un making-of de plus de dix-sept minutes garnit également le DVD conçu outre-atlantique. Son intérêt demeure toutefois réduit et laisse, tout comme les onze séquences coupées/rallongées, une petite impression de chaos et de pré-production bâclée. Ajoutons enfin deux commentaires audio et nous comprendrons que notre édition TF1 Video, qui elle ne contient aucun supplément, fait du coup un peu chiche ! Mais de tous ces bonus, la plus grosse perte reste malheureusement le court-métrage NO MORE SOULS de Gary J. Tunnicliffe, proposé en bonus caché sur le disque Zone 1 et offrant une alternative dépressive à HELLRAISER IV : BLOODLINE quant au futur de l'emblématique Pinhead...

Photo : HELLRAISER : DEADER

Le spectateur français n'aura donc droit qu'a un disque simple couche plutôt sobre. Le film, deux pistes audio en Dolby Digital 5.1 et un sous-titrage dans un français correct. Pas si mal car l'édition américaine proposait pour sa part un sous-titrage québécois franchement gratiné ! Le doublage francophone réalisé pour notre territoire n'a lui non plus rien de déshonorant. Malgré cela, il serait tout de même dommage de ne pas profiter du timbre britannique de Doug Bradley. Reste que la piste originale anglaise n'est pas des plus satisfaisante puisque bon nombre d'acteurs roumains sont à l'évidence doublés, et ce de manière plus ou moins convaincante. Chacun fera donc son choix, sachant que les deux options sont propres, mais sans relief particulier...

Concernant l'image, nous avons là une copie parfaitement identique à ce que nous proposaient les Américains. A savoir un cadrage 1.85 restitué par un transfert 16/9ème qui n'a rien de spécialement bluffant. La copie est plutôt fade et les contrastes franchement mous. Pas de défaut de pellicule cependant, et une compression plutôt discrète...

Xavier Desbarats

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