Sorti anonymement en salles en février 1999, BATS avait
été assassiné par la critique qui ny avait
vu quune vulgaire série Z. Le film avait disparu des salles
aussi vite que le précédent film du cinéaste, Fausse
Donne, après une semaine dexploitation. Il y avait peut-être
des raisons à cela....

Réalisateur de films
de genre, Louis Morneau
a beaucoup oeuvré pour la vidéo, réalisant entre
autres le pathétique CARNOSAUR
2. Son nom au générique était des plus
inquiétants. Il est effectivement difficile de limaginer
ailleurs quaux commandes dune série B. Au cinéma,
au milieu des grosses productions, son BATS avait un côté
suranné et anachronique, rappellant les films que lon pouvait
voir sur grand écran 15 ans auparavant. En DVD et en vidéo,
le film retrouve sa place, celle dune série B correcte,
pas plus mauvaise quune autre et en tout cas supérieure
à de nombreuses productions récentes reprenant le principe
de linvasion animale malveillante (SPIDERS,
MORSURE
ou bien ECLOSION
[NDLR : Nous, on aime bien ce dernier titre]).

Le scénario reprend
tous les canons du genre : une invasion de bestioles à la mine
patibulaire, une scène douverture avec adolescents libidineux
sacrifiés, un méchant scientifique mal intentionné,
une armée impuissante face à lampleur (limitée
!) de la catastrophe, une sempiternelle scène de huis-clos...
Il vaut mieux sarrêter là tant la liste des conventions
est longue. Le terrain est donc connu, jamais glissant et toujour bien
balisé. Comme la mise en scène se tient et que les clichés
sont adroitement assimilés, il nest pas impossible dy
prendre un certain plaisir. Les envolées de chauves-souris sont
après tout des plus réussies et si les effets spéciaux
fonctionnent, dans ce genre, cest tout le film qui fonctionne.

Cependant notre plaisir ases
limites tant le spectacle est éculé et finalement inintéressant.
Mises à part les séquences dattaques, forcément
captivantes, le scénario et ses dialogues réducteurs génèrent
lennui là où on aurait aimé trouver de lexcitation.
Impossible dêtre surpris un instant par des personnages
stéréotypés dont on connaît la destinée
dès leur apparition. Là où MIMIC
avec une trame similaire créait un malaise jubilatoire, BATS
choisit la facilité oubliant quaprès un siècle
de cinéma, le spectateur avait des exigences plus élevées.

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Le DVD a quant
à lui des qualités qui relèvent le niveau du film.
On passera très vite sur le menu fixe et laid pour en venir au
film et aux bonus. Les images sont très belles et rendent hommage
aux éclairages travaillés du directeur de la photographie.
Le format 16/9 donne une envergure cinéma à cette toute
petite production, aidée par un son 5.1 en français et
en anglais. Columbia Tristar ne sarrête pas là, offrant
au film son label collector. Etonnant vu le peu dimportance de
loeuvre et de la portée limitée des bonus.

En suppléments,
un commentaire audio du metteur en scène et du comédien
Lou Diamond
Phillips parvient maladroitement à accompagner le film. Un
néant d1h28 jamais comblé par les flots de louanges
que les deux commentateurs déversent sur léquipe
(Dina Meyer est
très belle, le compositeur est formidable, le monteur excellent...).
Face à cette autosatisfaction on se demande réellement
pourquoi on n'est pas en train dassister à un chef-doeuvre
comme
LES OISEAUX, auquel les deux compères se réfèrent
à maintes reprises.

Pour les mélomanes,
la B.O du film est proposée sur une piste isolée. Un teaser
efficace remplace la bande annonce cinéma. On aurait préféré
avoir les deux ! Un court making-of de 530 tente de justifier
les lieux communs imposés aux spectateurs. Les amateurs de croquis
seront ravis de trouver une galerie de dessins reprenant le graphisme
des créatures. Plus intéressante en revanche, même
si extrêmement banale, la comparaison de scènes avant et
après les incrustations numériques (laissant entrevoir
quelques secondes coupées au montage) et une comparaison relativement
courte entre les story-boards et les scènes définitives.
Enfin quatre filmographies viennent compléter cette édition.

En résumé,
les bonus de ce collector, à linstar du film, noffrent
rien de bien passionnant. Le plus beau dans tout cela reste la magnifique
jaquette reprenant laffiche cinéma. Mais comme cette affiche
est la copie conforme de celle de LA
NUIT DECHIREE, on en revient à se dire quon a déjà
tout vu, de lemballage jusquau produit. Bref, LA NUIT
DES CHAUVES-SOURIS est un film et un DVD inutile.
Frederic
Mignard
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