Deux américains en vacances en Angleterre échouent dans un petit village
où ils sont agressés par une créature indéterminée après avoir été jetés
du pub local. David, seul survivant, se retrouve à l'hôpital où une
infirmière se prend d'affection pour lui. Une belle idylle contrariée
par le fait que David risque bien d'être un loup-garou.

Dans l'interview de John
Landis, on apprend que le projet du LOUP-GAROU DE LONDRES
germe en 1969. Bien avant qu'il ne devienne réalisateur, il bossait
en Yougoslavie sur DE L'OR POUR LES BRAVES, avec Clint
Eastwood et Donald
Sutherland. Là, il lui arriva une anecdote morbide avec un chauffeur
mort de rire à la vision d'un enterrement tzigane. Les gitans le ramènent
aux premiers films de loups-garous de la Universal alors que l'anecdote
elle-même lui fait se demander ce qu'il adviendrait si un mort revenait
le hanter. Les deux ingrédients principaux du film : un loup-garou et
des morts-vivants !

John
Landis aurait pu s'appliquer à réaliser un film d'horreur. Trop
facile et, de plus, son univers est tout entier tourné vers la comédie.
Quasiment tout ce qu'il a pu réaliser se réfère en droite ligne à l'humour.
LE LOUP-GAROU DE LONDRES n'échappe pas à la règle. Le passage
au zoo est, par exemple, un pur moment comique qui tranche littéralement
avec le sujet. Il n'en reste pas moins que l'intégralité du film ne
verse pas dans la parodie ou le déluge de gags. Comme la plupart des
films de loups-garous, le personnage principal traverse un drame émotionnel.
Il vient de perdre son ami, il entame une relation amoureuse avec une
jeune infirmière et il a la mâchoire facile les nuits de pleine lune.
De ces situations, John
Landis aura su trouver le fragile équilibre entre l'humour, l'horreur
et le drame. Un pur bonheur où aucun de ces genres ne vient parasiter
les autres. Ils ne font qu'un pour narrer l'histoire tragi-comique de
David Kessler (David
Naughton).

A la création du loup-garou,
on trouve Rick Baker.
Passionné de maquillage et d'effets spéciaux depuis son plus jeune âge,
c'est Dick Smith
(L'EXORCISTE,
entre autre) qui l'aide dans un premier temps. Son chemin finit par
croiser celui de John
Landis pour la création du singe de SCHLOCK.
C'est à ce moment là que le réalisateur lui souffle qu'il aimerait réaliser
un film de loup-garou avec une transformation jamais vue jusque-là.
Le temps passe et Rick
Baker prend sous son aile Rob
Bottin, un autre fondu de maquillage. Ils travaillent tous les deux
pendant quelques années puis leurs chemins se séparent pour se croiser
de nouveau pour deux films de loups-garous : HURLEMENTS
et LE LOUP-GAROU DE LONDRES. Rob
Bottin demanda même quelques conseils pour les transformations à
son mentor. Seulement, HURLEMENTS
sort le premier dans les salles et bénéficie de la primeur en ce qui
concerne la métamorphose d'un homme en loup. Déjà fort impressionnantes
pour l'époque, ces bribes de transformation seraient laissées loin derrière
par celle du LOUP-GAROU DE LONDRES. Filmé sous une lumière crue
et souvent avec de long plans séquences, personne n'avait jamais vu
un tel résultat à l'écran même si celui-ci était quelque peu éventé
par HURLEMENTS.
Depuis, les effets numériques sont passés par là et il faut bien dire
que cela ne s'est pas fait sous les meilleurs auspices pour nos amis
lycanthropes (voir LE LOUP-GAROU DE PARIS). Loin de renier les
nouvelles technologies, Rick
Baker explique dans l'interview du DVD qu'il aimerait bien un jour
refaire ce type de transformation avec les techniques d'aujourd'hui
! En attendant, le monsieur s'est taillé la réputation de spécialiste
dans la réalisation de singes plus vrais que nature. Vous ne serez donc
pas étonnés d'apprendre qu'il se trouve être l'artisan des maquillages
du remake de LA
PLANETE DES SINGES.


|
Il est probable
que l'image aurait pu être largement améliorée. Le résultat est plutôt
décevant en présentant une image granuleuse et terne. D'ailleurs, l'édition
éditée précedemment aux Etats-Unis, à présent
épuisée, avait une image supérieure alors qu'il
s'agissait d'un ancien transfert Laserdisc non anamorphique. A l'occasion
de cette sortie, la bande sonore d'origine a été remixée en 5.1. Vous
aurez donc le choix entre le Dolby Digital ou le DTS. A vrai dire, la
différence entre les deux n'est pas exceptionnelle ! Les deux bandes-son
apportent un plus pour le rendu de la musique. L'orage, des grognements
ou des coups de feu bénéficient d'effets multi-canaux sympathiques alors
que le reste a été laissé tel quel. Ce qui n'est pas plus mal ! Pas
de version française sur le disque, Universal a donc inséré un sous-titrage
en français pour le film.
|
|
|
|
DVD
LIVE épuisé
|
Collector's
Edition Universal
|
Je l'ai déjà
mentionné, le DVD contient une interview de John
Landis et une autre de Rick
Baker. Les deux hommes racontent un peu les différentes anecdotes
ou faits marquants de la création du LOUP-GAROU DE LONDRES. Au
cas où vous auriez peur de ne rien comprendre, ne vous inquiétez pas,
un sous-titrage en français est disponible sur ces deux bonus. Tout
comme sur les quelques minutes où l'on assiste au moulage du bras de
David Naughton
par Rick Baker alors
que dans son dos, John
Landis ne peut s'empêcher de le vanner. Un petit bonus à la fois
instructif et humoristique alors que l'on assiste de manière ludique
à une minuscule étape de ce qui permit de réaliser les effets spéciaux.
La Featurette (documentaire promotionnel) d'époque a, elle-aussi, droit
à un sous-titrage dans notre langue. On y découvre essentiellement John
Landis sur le tournage au moment du grand carambolage à Picadilly.
Un carambolage, d'ailleurs, bien plus "traumatisant" que ceux orchestrés
par le cinéaste l'année précédente pour THE BLUES BROTHERS.

Le commentaire
audio fait se rencontrer les deux acteurs principaux (David
Naughton et Griffin
Dunne) histoire qu'ils se remémorent leur participation au film.
A vrai dire, les deux acteurs ont beau être sympathiques, le commentaire
est souvent silencieux ou sans grand intéret. Enfin, on trouve des Outtakes
qui ne sont pas des scènes coupées. Ils s'agit des chutes du tournage.
Certaines insolites, David
Naughton tombe par terre pendant une scène, et d'autres n'étant
rien de plus que des prises de vues alternatives. Le tout étant présenté
sans aucune bande sonore puisqu'elles ont été définitivement perdues.
Tout comme sur le curieux monologue qu'entame John
Landis avant que le décor ne s'écroule pour nous révéler le tournage
d'un film incontournable et culte : SEE YOU NEXT WEDNESDAY. Les
notes de production sont informatives mais elles nécessiteront quelques
rudiments de langue anglaise. On passera sur les filmographies avant
de se pencher sur les "Recommendations" ne présentant rien de plus qu'une
liste des dernière sorties Universal en DVD aux USA en matière de fantastique.
Si ce n'est la deuxième page où vous pourrez découvrir la bande-annonce
originale du LOUP-GAROU
d'origine. A propos de bande-annonce, on ne trouve aucune trace de celle
du LOUP-GAROU DE LONDRES ici alors que l'édition éditée
chez LIVE contenait une pré-bande-annonce !
Ce n'est pas terminé,
on peut visionner une poignée des planches du story-board en même temps
que la scène se déroule sous vos yeux. Non loin de là, la galerie de
photos présente un bon nombre de clichés sur la musique de Elmer Bernstein.
Quelques photos de tournage mais il s'agit pour la plupart de photos
du film. Dans le cas où vous seriez équipé d'un lecteur de DVD sur votre
ordinateur, vous aurez accès au script original du film avec la possibilité
de visionner les scènes du film en même temps.

Avec HURLEMENTS,
LE LOUP-GAROU DE LONDRES a dépoussiéré le mythe du loup-garou
de la meilleure manière qui soit. Difficile de faire mieux ensuite et
il faut bien le reconnaître, les lycanthropes n'ont plus autant brillé
depuis.
Christophe
"Arioch" Lemonnier
|