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MILLENIUM MAN SOM HATAR KVINNOR
Auréolé d’un spectaculaire succès dans les pays scandinaves depuis le début de l’année 2009, l’adaptation du premier livre de la Trilogie Millenium écrite par Stieg Larsson arrive sur les écrans français le 13 mai 2009. Titré MILLENIUM : LES HOMMES QUI N'AIMAIENT PAS LES FEMMES et réalisé par le danois Niels Arden Oplev (dont il s’agit du sixième long-métrage), le film se devait ainsi de tenir le pari de transformer au cinéma l’énorme succès de librairie remporté par la trilogie.
Le film a ainsi été un événement dans les salles suédoises, danoises et norvégiennes, devenant l’un des plus grands succès de tous les temps. A tel point que les adaptations du deuxième et troisième tome qui devaient être effectuées sous format télévisuel sortiront en fait au cinéma. Si MILLENIUM effectue une performance publique en termes d’entrées en France, il n’y a aucun doute que les deux autres métrages trouveront la voie des écrans francophones. MILLENIUM s’avère un excellent antidote aux adaptations boursouflées et indigestes comme peuvent l’être THE DA VINCI CODE, par exemple. Et le choix de placer sa sortie française le même jour qu’ANGES ET DEMONS (la préquelle du DA VINCI CODE) demeure extrêmement risqué, voire incompréhensible. Même si l’effet de contre programmation parait alléchant sur le papier, cette production scandinave a hélas toutes les chances de connaître un destin de bien moindre importance dans les salles françaises.
Les diverses pistes qui s’offrent aux protagonistes s’explorent en parallèle dans le premier tiers. Du fait de la construction narrative alternant les recherches de Blomqvist et la surveillance de Lisbeth. Une scène de viol particulièrement dure survient et donne à penser au spectateur qu’une gratuité graduelle et voyeuriste prend place. Il n’en est rien : cette scène trouvera sa logique dans le final du film. Les raisons qui motivent le récit tout comme les atrocités perpétrées ainsi que le caractère cru des images et de la représentation picturale demeurent en parfaite adéquation avec les thèmes traités, de la maltraitance aux élans fascisants passés d’une nation.
En cela, les choix visuels du réalisateur touchent à la grâce scandinave si appréciée dans des récits policiers/thrillers qui sont de plus en plus prisés, voir les récentes adaptations en Norvège de la série VARG VEUM écrite par Gunnar Staalesen, par exemple. Ou en Suède avec DEN TREDJE VAGEN d’Anders Nilsson ou l’adaptation des romans d’Henning Mankell dont le réussi WALLANDER : INNAN FROSTEN de Kjell-Åke Andersson. La grande différence de MILLENIUM est son ambition affichée de jouer au-delà des simples apparences et des jeux de pistes policiers. Sans négliger des aspects sociologiques qui ne sont pas sans rappeler, curieusement, LE CHAT A NEUF QUEUES concernant la génétique.
Ce qui rejoint, tout somme faite, les implications politico-financières abordées en début de métrage. Et couplées aux meurtres rituels, ils transforment MILLENIUM en un curieux kaléidoscope de la société suédoise. Les yeux, la bouche, le corps de Lisbeth Salenger sonnent comme une transformation extrême que la société/les hommes ont fait subir à ses enfants. Le monde virtuel (et réel) de Lisbeth est d’une richesse insoupçonnée, d’une violente liberté de ton et d’action. Certains éléments paraîtront curieux aux yeux des spectateurs français, car spécifiques à la société suédoise. Ce qui n’enlève cependant rien au caractère universel du film et des thèmes mis en images qui font de MILLENIUM un film intriguant et provoquant.
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