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 FILM INFOS

 Titre original

 MARTYRS

 Année

 2008

 Nationalité

 Canada /  France

 Réalisation

 Pascal Laugier

 Scénario

 Pascal Laugier

 Musique

 Alex Cortés
 Willie Cortés

 Acteurs

 Morjana Alaoui
 Mylène Jampanoï
 Catherine Bégin
 Robert Toupin
 Patricia Tulasne
 Juliette Gosselin
 Xavier Dolan-Tadros
 Isabelle Chasse
 Emilie Miskdjian
 Mike Chute
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 MARTYRS

 

Une petite fille s'chappe d'une cave o elle tait retenue captive et torture. Quinze ans aprs, en compagnie d'une amie, la jeune femme va tenter de remonter aux sources de la souffrance qu'elle a subi plusieurs annes durant. Ce qu'elles vont dcouvrir vont les emmener aux limites d'une horreur inimaginable?

Photo : MARTYRS (MN) Pour incarner les deux jeunes femmes qui composent les personnages principaux, Pascal Laugier a choisi de se reposer sur deux actrices relativement inconnues. Lucie, la petite fille captive devenue grande, existe sous les traits de Mylne Jampano. La demoiselle est apparue dans la srie SOUS LE SOLEIL mais galement au cinma dans, entre autres, LES RIVIERES POURPRES 2 ou 36 QUAI DES ORFEVRES. Sa brve exprience ne lui permet peut tre pas encore d'tre entirement crdible l'cran mais, pour sa dfense, il faut bien dire qu'elle n'a pas grand-chose d'autre dfendre que ses hurlements et sa souffrance. Son amie, Anna, est campe avec plus de justesse par Morjana Alaoui dont ce n'est que le deuxime long mtrage. Bien que le personnage de Anna soit plus en retrait dans la premire partie du film, on s'attache un peu plus son parcours puisqu'on a le temps d'voluer avec elle. Certes, il aurait t de mauvais got de s'attarder sur les tortures physiques et morales de Lucie durant son enfance, une faon de se rapprocher d'elle, alors le cinaste nous laisse surtout deviner son calvaire au travers de flashbacks. Ils ne nous rvlent que peu de chose dfinissant cette jeune victime, et les excs hystriques du personnage adulte, un pantin dshumanis. Cela donne juste penser qu'elle serait mieux bien au chaud dans une petite pice aux murs capitonns. Situation curieuse, cela nous rapproche l'arrive encore davantage d'une transposition du spectateur dans la peau du bourreau plutt que de sa victime.

Le reste de la distribution est, quant elle, bien moins expressive quand ils ne sont pas tout simplement ct de la plaque comme l'ensemble de la famille Ricor prsent en dbut de mtrage. Pascal Laugier nous prsente une famille presque ordinaire o c'est la mre qui bricole et le pre qui prpare le petit djeuner pour leurs deux ados. La fille est championne de natation et visiblement la princesse de la maison tandis que son grand frre est unanimement mpris par tout le monde. Bien que cette introduction dure un peu trop longtemps, elle a le mrite de prsenter le seul personnage auquel on s'attache, c'est--dire le jeune homme de la maisonne. En seulement quelques minutes, sa vie entire est rsume par des dialogues haineux son gard (la mre regrette manifestement de ne pas l'avoir touff dans l'oeuf) et sa mort brutale fait vraiment de la peine tant il semble tre le seul tre vivant du mtrage. Les autres personnages sont laisss l'abandon, flottant dans la solitude qui est la leur sans aucune possibilit de pouvoir s'approcher de quelqu'un qui pourrait leur manifester un peu de tendresse. C'est d'ailleurs le cas des deux hrones dont le rapprochement ne peut s'expliquer autrement que par un baiser, comme si une amiti fminine paraissait plus crdible sur la base d'une attirance rprime. Une dmonstration quivoque ramenant en mmoire une courte squence du gnrique tendant transformer une simple amiti entre deux enfants qui s'paulent en relation ambigu lorsque l'une d'elle ouvre ses draps son amie.

Photo : MARTYRS (MN) De prime abord La violence engendre la violence ; la souffrance engendre le dsir de vengeance pourrait tre la phrase d'accroche du deuxime long mtrage de Pascal Laugier, ralisateur du mitig SAINT-ANGE. Le cinaste s'est attel transposer ces hypothses de dpart, trs primaires, en choisissant une nouvelle fois la gent fminine comme vecteur. Cependant, il n'est plus question de la posie macabre qui infusait SAINT-ANGE. Ici, Laugier desserre tous les freins et laisse libre cours l'agonie physique et morale, en l'agrmentant toutefois d'une explication finale qui a le mrite de laisser le spectateur sa libre interprtation. Le retournement de situation os propos des motivations des bourreaux s'inscrit dans une parfaite logique qui retombe malheureusement plat en raison d'un traitement quasi inexistant.

Photo : MARTYRS (MN) En insistant bien lors de ses interventions publiques sur l'extrme violence de son film, le cinaste voquait son intgration invitable au sein de son intrigue. Et le film est violent, il n'en fait pas de doute. Rien ne nous est pargn dans des gros plans qui se dlectent de la souffrance d'autrui, appuys par une bande sonore d'une redoutable efficacit. Mais pour que cela fonctionne vritablement, il aurait fallu la base un scnario solide et c'est l que rside le problme principal du film. De scnario, il n'en est point question. Un bout d'histoire au dbut, un peu au milieu et encore un petit peu vers la fin mais entre les points de passage scnaristique, il n'y a rien. Au mieux des scnes d'agonie interminables? La violence justifie, d'aprs l'auteur, tombe surtout dans la gratuit pure et simple o ne transparat aucun discours pertinent. Pascal Laugier russit certes imposer quelques moments de surprise ou de frissons mais ces scnes perdent rapidement leur potentiel, noyes dans un dfil incessant de squences chocs plus grotesques les unes que les autres. Le comique involontaire pointe presque le bout de son nez avec des scnes qui rappellent furieusement le segment Sculpture Physique de l'excellente anthologie franaise ADRENALINE.

Le cinma de genre francophone a connu quelques sursauts ces dernires annes avec des rsultats aussi positifs que ngatifs. Il y a ceux que l'on prfre oublier, comme BROCELIANDE ou PROMENONS-NOUS DANS LES BOIS, et ceux qui cassent tout sur leur chemin sans s'excuser comme HAUTE TENSION, CALVAIRE ou le rcent FRONTIERE(S). Il est malheureusement trs difficile de trouver assez d'excuses MARTYRS pour le classer dans la catgorie des inoubliables moins, toutefois, de ne s'intresser qu' la violence qui imprgne chaque seconde du mtrage. A ce propos, les effets spciaux excuts par Benot Lestang et son quipe laissent souvent dsirer sous l'clairage cru qui fait ressortir l'aspect artificiel des blessures plus qu'il ne les met en valeur. Une bande originale affreuse et hors propos la plupart du temps achvent de rendre le mtrage indfendable

Marija Nielsen

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