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 FILM INFOS

 Titre original

 MIMIC

 Année

 1997

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Guillermo del Toro

 Scénario

 Matthew Robbins
 Guillermo del Toro

 Musique

 Marco Beltrami

 Acteurs

 Mira Sorvino
 Jeremy Northam
 Alexander Goodwin
 Giancarlo Giannini
 Charles S. Dutton
 Josh Brolin
 Alix Koromzay
 F. Murray Abraham

 Adapté d'une oeuvre originale de :

 Donald A. Wollheim

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

102 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais MPEG

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Bande-annonce
 • Biographies£
 • Guillermo del Toro
 • Mira Sorvino§ Notes de production en six pages fixes

 

 ON AIME

• Une créature magnifique
• Une photo superbe
• La Del Toro's touch

 ON N'AIME PAS

• Un film inégal à la fin facile
• Le personnage stéréotypé joué par Charles S. Dutton

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 MIMIC

 

New York vit des heures sombres. En effet, les enfants de la grosse pomme meurent par dizaines des suites d'une maladie nouvelle, inconnue et incurable. L'espoir s'amenuisant, le Docteur Susan Tyler (Mira Sorvino) dcide de concentrer son travail sur l'anantissement du vecteur de ce flau : La population de cafards grouillante dans les bas fonds de la ville. Pour cela, elle ralise un croisement gntique contre-nature entre la mante religieuse et la termite. Le Juda est n. Lche dans les gouts, la cration six pattes va faire son office et librer la ville de son flau. Trois ans plus tard, le Docteur est salu pour son travail, la maladie a pu tre stoppe et le cafard n'est qu'un triste souvenir. Cependant, alors qu'ils taient striles et destins disparatre, les Judas ont confis leur sort Dame Nature qui les a plutt gts. Non contents d'tre encore en vie, les Judas se reproduisent et mutent, bien dcids s'imposer face leur prdateur naturel, le New Yorkais.

Photo : MIMIC

C'est en 1942, dans la revue Astonishing Stories, que parat pour la premire fois la nouvelle de quatre pages nomme Mimic. N sous la plume de l'crivain Donald A. Wollheim, cette brve histoire d'insectes mutants finira par intresser les studios Dimension, filiale horrifique de Miramax, dans les annes 90. L'objectif est alors de concevoir MIMIC comme l'un des segments de LIGHT YEARS, une anthologie fantastique qui ne verra finalement jamais le jour... Suite la renaissance du cinma de genre, les studios Dimension vont enfin donner leur feu vert Guillermo del Toro pour prendre en main le projet MIMIC. Non sous la forme pressentie d'un mtrage de trente minutes, mais bel et bien d'un film au budget de 25 millions de dollars destin sortir en salles?

Photo : MIMIC

Aprs quelques annes ddies aux maquillages et effets spciaux, le jeune Guillermo del Toro se consacre la ralisation et nous offre en 1993 son premier film : CRONOS. Vritable dclaration d'amour au cinma de genre, cette histoire de vampires convainc sans mal et remporte un norme succs critique dont une vingtaine de prix travers le monde. Plus qu'une intrigue proposant une intressante et mouvante rflexion sur l'immortalit, CRONOS est aussi un film matris et fort honorablement mis en image. Le ralisateur semble donc idal pour mener bien le projet MIMIC qui, entre de mauvaises mains, pourrait aisment tomber dans l'absurde. Ds lors, le scnario va connatre une longue phase de remodelage. La nouvelle devra tre srieusement toffe et calibre pour offrir aux spectateurs un rsultat mariant horreur et action, formule payante depuis le JURASSIC PARK de Steven Spielberg en 1993... Les scnaristes se succdent avec plus ou moins de succs. Bon nombre d'entres eux ne seront du reste pas crdits, leur travail ayant t rejet en bloc par le ralisateur mexicain.

Photo : MIMIC

Vient ensuite la phase de conception de la crature. Ne nous y trompons pas, MIMIC est avant tout un film de monstres. Mais pas n'importe quels monstres ! Nous parlons ici d'insectes mutants et gants imitant les hommes ! Pour viter de sombrer dans le ridicule, del Toro s'assure les services de TyRuben Ellingson (JURASSIC PARK justement...) et Rob Bottin (le crateur de ROBOCOP) qui se chargeront de la conception visuelle des monstres et ce pour les diffrents stades de leur volution. Rick Lazzarini prendra la suite pour donner vie aux insectes sous leur forme animatronique. Pour finir, c'est Brian Jennings qui se chargera d'intgrer les effects spciaux en image de synthse au film, comme il l'avait fait peu de temps avant pour les besoins de MORTAL KOMBAT. Le rsultat l'cran sera bien entendu la hauteur des esprances, nous offrant des insectes convaincants, voluant de manire fluide et ce qu'ils volent ou qu'ils marchent. Les squences de dploiements d'ailes sont ce titre particulirement impressionnantes, de mme que l'allure gnrale des Judas adultes dont la silhouette inquitante rappelle bien videment celle du Tall Man de la ttralogie PHANTASM.

Photo : MIMIC

Avec MIMIC, Guillermo del Toro nous livre donc en 1997 un film rendant ouvertement hommage aux plus grands classiques du genre. Nous y retrouvons ainsi une crature dmesure, le crateur/scientifique face sa chose, la nature reprenant ses droits, etc... Cependant, malgr une trame on ne peut plus classique, le ralisateur parvient sans mal faire la diffrence. Tout d'abord sur le plan visuel, MIMIC est un film qui sort de la norme. La photo y est belle, contraste, sombre et sale la fois. Les dcors, que l'on doit Carol Spier (la plupart des films de Cronenberg ainsi que SILENT HILL), nous proposent de dcouvrir tour tour un New York gothique souhait, une glise abandonne, une station de mtro en ruines, quelques sombres couloirs... Du trs bel ouvrage, sans doute responsable en grande part de l'ambiance annes 50 dgage par ce film. Car s'il se situe de toutes vidences dans le prsent ou un futur proche (du point de vue de la science), MIMIC semble ancre dans la nostalgie par une architecture date et la prsence de mtiers oublis... En effet, en plus de l'aspect visuel indniablement soign, Guillermo del Toro marque le film de son empreinte inimitable de nombreuses reprises, reprenant ainsi les thmatiques qui lui sont chres.

Photo : MIMIC

Ainsi par exemple, le vieil homme et son fils font dans MIMIC cho au personnage principal de CRONOS. Ce dernier, passionn de pendules anciennes et de mcanismes d'horlogerie dsuets ne vit lui aussi que pour celle qui lui confre sa vritable jeunesse : sa petite fille. Dans MIMIC, c'est un cordonnier que nous avons faire. A son enfant simple d'esprit, il lgue son amour d'un travail artisanal accompli avec talent. C'est ainsi que l'on peut les voir, vtus comme ils auraient pu l'tre un sicle plus tt, cirer des chaussures au beau milieu d'une station de mtro. Le thme de l'enfance semble d'ailleurs faire partie intgrante du travail de del Toro. Qu'ils soient personnages principaux (L'ECHINE DU DIABLE, LE LABYRINTHE DE PAN) ou secondaires comme ici, les enfants sont toujours spectateurs d'vnements fantastiques ou terrifiants. Le fils du petit cordonnier est ainsi l'un des premiers personnages voir le monstre. Il apprend le guetter, le comprendre et tente mme de communiquer avec lui, imitant le bruit de l'insecte comme l'insecte imite l'apparence visuelle de l'homme. L'enfant est le regard insouciant qui contemple l'horreur engendre par l'adulte. Dans MIMIC, l'enfant en sera mme victime deux reprises, fait suffisamment tonnant dans l'univers des productions Hollywoodiennes...

Photo : MIMIC

Autre thmatique rcurrente des films de monstres depuis le fabuleux FRANKENSTEIN de 1931, celle de la paternit de la crature. Ici, nous parlerons plutt de maternit, au sens figur bien sr mais aussi au sens propre. En effet, le docteur Tyler va donner, par le biais de la science, naissance sa crature, le Juda. Mais Susan est aussi une femme qui nous est montre dans le film comme un personnage dsireux d'avoir un vritable enfant. Une scne intimiste nous la montre du reste dans les bras de son mari, triste jusqu'aux larmes la vue d'un test de grossesse ngatif. Peu aprs, nous verrons ses yeux s'illuminer lorsqu'elle dcouvrira que la crature qu'elle croyait morte survcu : elle a bel et bien cr la vie. Comme il se doit, elle va partir la recherche du monstre, tenter de s'en approcher pour le comprendre et tout simplement, assumer son acte de cration. Guillermo del Toro prend par ailleurs un malin plaisir accentuer l'aspect humain de l'insecte. Outre sa silhouette ou ses attitudes, la bte sombre erre dans les couloirs du mtro, se modle un visage inexpressif et dveloppe mme des organes humains. Les concepteurs de la crature dclarent s'tre inspirs d'une foultitude d'insectes pour le design de leur Juda. Nul doute qu'ils ont aussi rouvert leurs bouquins d'anatomie humaine pour ce travail. Dans l'ultime tape de la mutation, Susan Tyler dcouvre avec horreur l'un des embryons de Judas, copie parfaite d'un foetus humain. Le docteur a donn la vie. Elle ne se prend pas pour Dieu comme le John Hammond de JURASSIC PARK, elle est simplement devenue mre par quelques moyens dtourns.

Photo : MIMIC

MIMIC, film made in Hollywood, n'en reste donc pas moins un film de Guillermo del Toro et ce mme si nous sommes bien loin de l'oeuvre trs personnelle qu'est CRONOS. Ce ct intimiste, il le retrouvera par la suite pour L'ECHINE DU DIABLE et poursuivra sa carrire en alternant les blockbusters hollywoodiens et les ralisations fantastico-lyriques qui lui sont chres.

Photo : MIMIC

Ne nous leurrons pas toutefois car les diffrentes sensibilits de del Toro sont clairement palpables dans cette premire oeuvre commerciale. Elles font la fois la force et la faiblesse de MIMIC. Le film dbute en effet de manire intimiste, prenant soin de mettre en place l'histoire, de dvelopper des personnages attachants puis de justifier de manire crdible l'existence de ses monstres. En milieu de mtrage, alors que le spectateur s'est agrablement plong dans ce qui semblait tre une fable intelligente, le film effectue un changement de ton trs radical. Nous sommes en seconde partie confronts un film certes bien mis en image mais de toute vidence calibr pour offrir au spectateur sa dose de sang, d'action et de cratures repoussantes. Ds lors, rien de nous sera pargn, des crises d'hystries aux attaquent de masses sans oublier bien sr le strotype du personnage l'humour souvent dcal. Le film aura par ailleurs le mauvais got de se terminer sur une fin heureuse assez improbable, frlant mme le ridicule et faisant tout simplement fi du profil psychologique des personnages si bien dvelopp durant la premire demi-heure. Guillermo del Toro nous livre donc un film extrmement soign, dans lequel il a su insuffler tout ce qui fait le charme de son cinma. Malheureusement, le contexte Hollywoodien l'aura sans doute oblig faire certaines concessions plus que discutables. Plombant la seconde partie du film et dnaturant l'ensemble, cela rend l'entreprise agrable mais quelque peu ingale...

Photo : MIMIC

En France, le DVD de MIMIC est dit par TF1 Video (de mme que ses deux suites). Sans doute peu enclin investir de l'argent sur un film au potentiel plus qu'incertain, l'diteur nous livre une dition honnte mais minimaliste. L'image nous est donc propose au format 16/9eme et 1.85 d'origine. Elle est propre, propose un contraste trs correct et des couleurs conformes la vision en salle. Concernant les pistes son, nous aurons droit la version originale sous-titre et la version franaise, toutes deux dans des mixages assez peu convaincants. Toutefois, il est bon de noter que si la version originale est propose en Dolby Digital 5.1, ce n'est pas le cas de la piste franaise. Cette dernire est curieusement en MPEG stro qu'il est possible de dcoder ensuite avec un ampli en stro surround. Une particularit qu'il faut remettre dans son contexte puisque cette dition DVD date de la toute fin d'anne 1998 une poque o certains pouvaient encore croire l'ventuelle prennit du format MPEG pour le son.

Photo : MIMIC

C'est essentiellement du ct des bonus que le bas blesse. En effet, pour un film aux effets spciaux et l'univers si soign, il est malheureux de voir qu'aucun supplment digne d'intrt ne vienne toffer l'ensemble. Il faudra donc se contenter des biographies de Guillermo del Toro et Mira Sorvino, d'une bande-annonce et de notes de production constitues de six maigres pages fixes... Peu enthousiasmant et ne pensez pas que l'dition DVD parue chez CIDC (Compagnie Internationale De Communication) en 2003 apporte des diffrences. Celui-ci est un clone, le disque est strictement identique, sous une jaquette diffrente et commercialis petit prix destination des centrales d'achat de la grande distribution (les supermarchs, quoi !).

Photo : MIMIC

MIMIC est donc un film de monstres hautement sympathique, soign et divertissant. Cependant, il s'agit aussi d'une oeuvre bancale qui semble avoir quelque peu chappe son ralisateur. Reste que le film doit tre vu, qu'il s'inscrit dans la logique de la carrire de Guillermo del Toro et qu'il propose suffisamment de bonnes ides et de belles images pour satisfaire les fantasticophiles amateurs de cafards.

Xavier Desbarats

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