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 FILM INFOS

 Titre original

 EVILENKO

 Année

 2004

 Nationalité

 Italie

 Réalisation

 David Grieco

 Scénario

 David Grieco

 Musique

 Angelo Badalamenti

 Acteurs

 Malcolm McDowell
 Marton Csokas
 Ronald Pickup
 Frances Barber
 Alexei Chadyuk
 Vernon Dobcheff
 Ostap Stupka

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Dolmen Home Video

Format Disque

2 DVD

Durée

108 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Italian

Sous-titrages

Italian

 

 SUPPLEMENTS

 •Ã¹3Bandes-annonce
 • spots TV (30s et 15s)
 • Galerie de photos (en 16/9)
 • Bio/Filmographies£
 • David Grieco
 • Marton Csokas
 • Malcom McDowell§
 • Dossier Evilenko (27mn)
 • Interviews£
 • David Grieco (22mn20)
 • Mario Cotona (3mn20)
 • Angela Cannizzaro & Benedetta Baiocchi (3mn15)
 • Angelo Badalamenti (6mn04)
 • Malcom McDowell (21mn25) – en anglais
 • Ihor Cyskiewicz (2mn23)
 • Alessandro Bertolazzi (4mn54)
 • Alessandro Zamarion (3mn15)
 • Marton Csokas (2mn29) – en anglais
 • Fabian Cevallos (3mn20) – en français
 • Ronald Pickap (7mn) – en anglais§
ʥ 11 sc̬nes coup̩es (13mn34)

 

 ON AIME

• Un film bien documenté, des bonus riches et diversifiés

 ON N'AIME PAS

• Un manque de tension le long du métrage

 EVILENKO

 

En 1994, David Grieco crit un livre inspir des mfaits d'Andrei Chikatilo surnomm le Monstre de Rostov et jug en 1992 Kiev. Un homme qui a viol, tu et mang une cinquantaine de femmes et enfants. Dix ans plus tard, l'auteur adapte son livre, Le Communiste qui mangeait les enfants pour le cinema.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Andrej Romanovic Evilenko (Malcolm McDowell), un communiste pur et dur, enseigne dans une cole de Kiev en 1984 lorsqu'il est renvoy pour avoir tent de molester une jeune fille. Il se retrouve travailler pour le KGB, espionnant ses pairs au sein de la socit des chemins de fer. Ses pulsions pdophiles et meurtrires vont ainsi perdurer tout au long de ses prgrinations ferroviaires et l'inspecteur lanc ses trousses (l'acteur no-zlandais Marton Csokas) n'aura de cesse de le traquer, hlas sans succs.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Neveu du fondateur et secrtaire du parti Communiste italien, David Grieco choisit une voie particulire. Le parallle entre la chute du communisme et l'avnement de la schizophrnie d'Evilenko. La chute d'un monde entrane un homme en permanence sur le fil du rasoir dans un voyage complexe au coeur du communisme chancelant, de la pdophilie, du meurtre et du cannibalisme. Le rcit ne s'embarrasse pas de suspense. Il ne porte ni sur la prise du tueur, ni sur son identit. Prsent abusivement comme un thriller, EVILENKO demeure totalement autre chose, ce qui peut expliquer son manque d'intensit et de volont d'effrayer le spectateur. Exit les fantasmes sur un nime Hannibal Lecter du SILENCE DES AGNEAUX.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

David Grieco a tourn sur les lieux mme du drame et reprend la trame principale. C'est dire la traque originale du tueur en srie. Mais il s'est permis quelques liberts avec la vrit. Ainsi il fait natre Evilenko en pleine deuxime guerre mondiale (1940) alors que le vrai monstre naquit en 1936. Comme il l'indique dans le DVD bonus, partie Dossier Evilenko, son livre et son film racontent l'histoire telle qu'il l'a voulu lui et ne cherche pas coller au rcit exact des exactions du monstre jusqu' sa mort.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Malcolm McDowell livre une interprtation poustouflante ! Il habite littralement le personnage d'Evilenko. Il pousse le vice jusqu' lui ressembler physiquement, adoptant ses tics, sa raideur de bras, ses lunettes, sa coiffure, son regard d'enfant fou? il n'y a qu' voir les images du procs de Kiev en 1992 (sur le deuxime DVD Bonus, dans la partie Dossier Evilenko) pour se rendre compte de l'immense travail ralis. Les plans de son regard (31mn07 et 76mn28) font la fois peur et piti : une vraie russite.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Le grand avantage du film est certes de prsenter Evilenko dans son horreur quotidienne mais sans porter de jugement facile. Ni de lui trouver des excuses. Mais une rflexion sociologique sur ce que chaque socit peut produire comme dclic afin de librer le monstre qui sommeille en chacun d'entre nous. La perte de repres socitaux, la chute de valeurs communes comme amorce d'une folie naissante et irrversible. C'est exactement le sort d'Evilenko. Le communisme vacillant, la reconnaissance du statut de victime des hommes et femmes morts lors de la purge stalinienne, une sexualit rfute sont autant de critres qui transformeront un homme en monstre abominable.

David Grieco apporte un souci du dtail particulier son film. Affiches, annonces dans les rues, journaux, environnement? Tout y est respect avec un acharnement cependant trop appuy. Comme s'il fallait nous persuader qu'il respecte bien le visuel de ces annes-l. Mais force de volont de respect et de symbolisme, le film perd de son impact, ne tenant presque plus que sur l'interprtation de Malcolm McDowell.

Autre qualit, le soin apport la photographie. Elle donne une atmosphre morne, grise et terne dans la premire partie se droulant Kiev. Puis les tonalits changent. Ainsi les scnes se passant en fort abreuvent l'cran d'une clart et d'une splendeur surprenantes, annonant par ailleurs le massacre qui s'y droulera. Plus le film avance, plus les couleurs s'affirment ; Comme par exemple la scne de nuit (79mn23) qui offre un rendu bleut de toute beaut. Puis, enfin, l'un des plans finaux se droulant sur un sol rouge, hautement symbolique, d'un communisme pitin par ses valeurs perverties, et d'une histoire se terminant dans une mare de sang. Le magnifique transfert prsent ici sur ce DVD rend particulirement hommage ce travail sur les nuances et les couleurs.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

La schizophrnie d'Evilenko est appuye, en terme de mise en scne, par un jeu rcurrent sur les reflets et les regards. Tantt dans les vitres (la scne du train) ou dans les miroirs. Il existe un superbe plan o le reflet d'Evilenko apparat la fois dans un miroir et sur la vitre d'un magasin o le spectateur dcouvre le tueur qui ralise qu'il est perdu ce qui se retranscrit par s son regard ainsi que celui de son bref observateur (79mn51). Ce pouvoir du regard se dnote dans un autre ressort dramatique. En effet, Evilenko utilise l'hypnose afin d'arracher le consentement de ses victimes en devenir. Et il s'agit d'ailleurs cause ce jeu du regard et de l'hypnose qui le perdra dans le magnifique duel qu'il livrera avec sa Nmsis, l'inspecteur Liesev. Deux hommes dcids, de principe qui se tiennent leur ligne de conduite mais aux antipodes l'un de l'autre. On peut galement relier l'hypnose la thorie de David Grieco quant au parallle avec le communisme et la schizophrnie. C'est dire le communisme qui hypnotisa ses foules et les bera d'une douce illusion ? La femme d'Evilenko en demeure le parfait exemple, persuade jusqu' la mort de son mari du bien-fond de la raison communiste. Aveugle, elle aussi ? Probablement. Mais la fin justifie les moyens.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Hormis ce personnage secondaire de la femme d'Evilenko, interprt de manire fort convaincante par une Frances Barber dure, raisonne et dcide. Le rcit suit galement le destin d'un autre homme. Un psychanalyste homosexuel qui fut d'abord considr comme un suspect. L'inspecteur se rendant compte de son erreur, lui demande alors son aide. Mais l'intrt du psychanalyste, qui souhaite tudier le meurtrier et non pas l'envoyer une mort certaine, reste ailleurs. Sa rflexion dans un monde en perdition, lui confre une solitude de raison et des certitudes de recherches qui le mneront (hlas) sa perte. Il est curieux de voir l'histoire attacher autant d'importance ce profiler en force ; de par son statut social et sa sexualit, l'poque, considre comme dviante, il subit aussi l'oppression du rgime. Il demeure comme un cho (trs lointain) au personnage jou par Paolo Malco dans L'EVENTREUR DE NEW YORK.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Le face face brutal entre le tueur et le flic se terminera par une mise nu, au sens propre comme au figur, des deux protagonistes principaux. On pourra peut tre reprocher David Grieco une mise en scne trop dmonstrative et parfois lourde de sens. Mais il s'agit aussi du prix payer pour montrer l'odysse d'un homme malade, d'un monstre tranquille ne craignant plus rien car il est dj mort.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

La dernire image du film montre Evilenko en fort, contemplant la camra (une victime potentielle ?). Des mots s'inscrivent indiquant que deux instituts offrirent Nol 1993 une importante somme d'argent afin de l'accueillir dans leur hpital psychiatrique afin de l'tudier. Il fut nanmoins excut en 1994. Le film est enfin ddi Lindsay Anderson, le grand cinaste britannique, un des matres du Free Cinema.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

La jaquette indique des sous-titres italiens mais le menu offre galement le choix de sous-titres anglais. Il s'agit d'une erreur car ceux-ci n'existent malheureusement pas. Par contre, le DVD offre deux pistes sonores, l'une anglaise (le film a t tourn en anglais) et l'autre italienne, toutes deux en Dolby Digital 5.1. Les mixages sont cependant tous deux discrets, avec une rpartition sonore (ambiance, dialogues) parfaitement symtrique. Trs peu d'effets arrires, l'ensemble tant concentr sur les canaux avant. Si les mixages sont rigoureusement identiques sur les effets sonores, on peut remarquer toutefois que la piste italienne s'avre moins touffe (par instants, partir de la premire heure) que sa consoeur anglaise. Ainsi par exemple 55mn48, l'annonce en russe est inaudible sur la piste anglaise alors que limpide sur la piste italienne. On remarque, lors des scnes de fin au tribunal, un jeu sur les canaux gauche et droit avant lors de la lecture des noms de victimes, crant une sorte de dsordre sonore dans l'espace du tribunal qui donne l'ensemble une consonance drangeante et triste. Il existe aussi une diffrence dans les dialogues et ce plusieurs reprises (36mn 15), o des dialogues italiens sont en sus par rapport la version anglaise.

Le film s'achve au bout d'1h48 et 30 secondes mais le gnrique de fin termin, seule la musique lancinante et trangement dsenchante d'Angelo Badalamenti se prolonge jusqu' la dure finale d'1h53.

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Le premier DVD apporte des biographies, une galerie de photos de Fabian Cevallos et trois films annonces en complment. On peut galement trouver un contenu DVD-Rom qui peut tablir le lien avec le site internet officiel du film (donnes historiques et culturelles sur l'environnement du film, sur le vrai tueur Andrej Romanovic Chikatilo dont s'est inspir Grieco) Mais il s'agit du deuxime DVD qui donne le la ct supplments. Tout d'abord un documentaire sur le personnage d'Evilenko et le processus de cration du film. Le tout en version italienne non sous titre (hormis sur la plupart des parties en Russe o le sous-titrage italien est disponible). On peut galement y voir divers reportages (dont d'une tlvision russe sur le tournage avec diverses interviews la cl). Grieco y indique notamment l'influence du travail du ralisateur russe Aleksandr Dovzhenko.

Ensuite, onze interviews du ralisateur, producteur, directeur photo (crdit de Fabio Zamarion au gnrique et appel ici Alessandro Zamarion), photographe plateau, acteurs, costumires? Un vrai tour de table sur l'laboration du film, son look, les difficults rencontres sur place, les problmes de traduction avec les locaux, le choc des cultures. Certains entretiens sont mens en anglais (McDowell, Pickup) ou en franais (le photographe plateau Fabian Cevallos) mais la plupart restent en italien.

Enfin vient la bagatelle de onze scnes coupes, o l'on peut voir encore le clap et Grieco crier Action. L'avantage est de montrer l o elles auraient du apparatre initialement, chaque scne coupe commenant par la scne prcdente apparaissant elle dans le film. On y apprend galement que le titre du tournage du film tait STRISCIA DI BOSCO (pouvant se traduire par Le Passage Bois).

Photo : EVILENKO (DOLMEN HOME VIDEO)

Sorti en avril 2004 au cinma en Italie, le film rencontra un chec cuisant et sombra dans l'indiffrence gnrale. D'o la surprise de trouver une dition collector aussi complte. Cette dition italienne est disponible depuis Octobre 2004 et l'dition locative franaise, sans bonus, depuis mi-aot 2005. Cette dition italienne riche apporte un complment de choix un film certes professionnel dans son approche et au visuel soign mais au demeurant trop didactique et retenu. Il lui manque juste un brin de folie supplmentaire, plus que quelques regards fous d'un Malcolm McDowell transform.

Francis Barbier

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