Au début du 20ème siècle, un attentat contre le
gouverneur japonais est déjoué, ce qui modifie radicalement
le cours de l'histoire. Un siècle plus tard, le Japon a pris
le contrôle de la Corée où un groupuscule terroriste
agit pour la libération de son pays. Au sein du Bureau Japonais
d'Investigation, Saigo et Sakamoto font équipe. L'un est japonais
de pure souche et l'autre d'origine coréenne.

Le scénario de 2009
LOST MEMORIES ne fait pas dans la simplicité. Le film débute
en nous présentant un univers alternatif qui pourrait très
bien être celui déjà dépeint en littérature
ou au cinéma, d'un monde où l'Allemagne aurait gagné
la Seconde Guerre Mondiale. Le film étant coréen, c'est
donc le Japon qui a pris le contrôle d'une part de l'Asie et,
au fur et à mesure que le temps a passé, la plupart des
habitants se sont pliés à la culture japonaise jusqu'à
en oublier leur propre langue. C'est d'ailleurs pourquoi la version
originale du film est essentiellement en japonais alors que le film
est pourtant coréen.

Dans les premières
trente minutes, 2009 LOST MEMORIES est plutôt exemplaire.
Les deux heures dix du métrage ne sont hélas pas du même
niveau. Le rythme du film et l'enquête ne sont pas en cause. C'est
en fait la réalisation qui finit par nous faire décrocher
à force d'effets de mise en scène qui deviennent assez
vite gavants. A force de vouloir mettre en boîte un film spectaculaire,
le réalisateur de 2009 LOST MEMORIES se perd à
découper ses séquences d'action en usant d'effets "esthétiques"
qui plombent leur impact. Un défaut que l'on retrouve dans le
cinéma d'action de tous les pays depuis quelques années
et qui ne semble pas vouloir disparaître ! Cela n'empêche
pas de suivre le film jusqu'à un passage dans la planque des
activistes coréens où le problème s'accentue avec
des ralentis mièvres et irritants ! Ce serait pourtant bête
de rester bloqué sur ce défaut puisque 2009 LOST MEMORIES
se rattrape largement lors d'une dernière fusillade dans une
gare.

Il serait dommage de voir
2009 LOST MEMORIES seulement comme un film d'action où
les fusillades abondent. En effet, si les affrontements sont le plus
souvent musclés et spectaculaires, les fusillades ne sont pas
aussi nombreuses que cela. Il est par contre évident que Si-myung
Lee s'est pas mal inspiré d'un "certain" John
Woo pour la relation entre les deux personnages principaux ou quelques
plans caractéristiques. Ajoutons à cela que le film s'inspire
pas mal de certains films hollywoodiens, que ce soit dans les idées
ou encore dans la mise en scène. Tout cela souffre, disons-le
encore une fois, de trop nombreux effets tape-à-l'il, dont
les ralentis et autres poses ne sont pas les moindres.

Thriller ambitieux à
gros budget, 2009 LOST MEMORIES ne se place pas dans le genre
fantastique seulement par son monde alternatif ni même en se déroulant
dans un futur proche. La révélation du mystère
sur lequel enquêtent les deux policiers du JBI bascule dans le
pur fantastique qu'il serait bien dommage d'expliciter plus avant ici
sans en déflorer la surprise. Une idée scénaristique
qui n'est pas nouvelle mais qui a au moins le mérite d'avoir
été exploitée astucieusement, tout en étant
servie par des effets spéciaux franchement réussis.

En dehors d'un grain assez
présent , le DVD de 2009 LOST MEMORIES affiche une image
de très bonne facture. Il faut toutefois noter quelques petits
défauts de pellicule ici ou là, ce qui pourra paraître
assez étonnant pour un film aussi récent. En ce qui concerne
les pistes sonores, que vous preniez l'option de regarder le film en
Dolby Digital 5.1 ou en DTS, la version originale est spectaculaire
! Il n'en est pas de même pour le doublage français sans
compter que tous les personnages s'expriment en français. Il
n'y a donc plus de différence entre japonais et coréen.
Et n'oublions pas la voix off française sur le générique,
qui bousille l'excellent morceau musical.

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Le réalisateur a enregistré un commentaire audio accompagné
de l'acteur principal et du compositeur, qui est présenté
avec un sous-titrage français. Heureusement car dans le cas contraire,
il aurait été inexploitable pour la plupart d'entre nous.
Il permet de donner des précisions sur le scénario et
sa construction. Il ne donne par contre pas d'information concernant
le fait qu'une arme avec silencieux se mette à produire une déflagration
normale une fois entre les mains du héros, mais il fait une révélation
concernant cette séquence qui devrait éclaircir l'un des
passages suivants pour les spectateurs les moins attentifs. L'acteur
nous explique de son côté le problème lié
au fait que l'on cligne des yeux lorsqu'on tire avec une arme à
feu. Il a donc regardé des films avec, entre autre, Robert
De Niro, pour s'apercevoir que lui ausi clignait des yeux. De là,
le réalisateur nous explique une théorie à propos
des lunettes de soleil utilisées dans HEAT et MATRIX
qui est plus ou moins confirmée, d'après lui, parce que
justement personne n'en parle dans les commentaire audio sur les DVD
des deux films correspondants.

Sur le second disque, on
peut visionner des interviews du réalisateur, du scénariste
ainsi que des deux acteurs principaux. La plus intéressante est
celle du réalisateur qui fait son mea culpa en expliquant que
son film n'est pas aussi réussi qu'il l'aurait voulu. On est
déjà un peu plus circonspect lorsqu'il vient à
nous dire qu'il ne s'intéresse pas aux effets de mise en scène.

Vient un Making Of qui est
en fait un condensé de dix minutes de ce qui va suivre. Bien
peu d'images inédites dans ce Making Of, face à plus de
deux heures nous permettant de passer dans les coulisses du film. Ces
deux heures sont réparties en plusieurs sections que l'on peut
visionner les unes à la suite des autres ou indépendamment.
Autant l'aspect brut de la chose peut paraître rebutant, autant
ces segments vidéos volés sur le tournage permettent de
suivre la création d'un film vu de l'intérieur. C'est
ainsi que l'on peut assister à l'entraînement des acteurs
aux techniques policières ou au maniement des armes, ce qui est
assez amusant lorsqu'on voit l'étonnement de l'acteur principal
face au recul d'un pistolet automatique et encore plus pour l'actrice
qui n'a pas l'air de s'en remettre !

La partie consacrée
au mixage du son pose un problème. Pour résumer, vous
pouvez choisir entre sept pistes sonores sur les vingt premières
minutes du film et écouter les mixages successifs en partant
du son au moment des prises de vue, de l'ajout des effets sonores, de
la musique
jusqu'au mixage final ! Mais les pistes sonores n'ont
pas été classées selon l'ordre d'avancement du
mixage. Ce qui empêche un changement à la volée
successif, pour se donner une idée des différences dles
unes par rapport aux autres. D'un autre côté, on peut suivre
de façon plus logique le déroulement de l'enregistrement
des effets sonores. Un supplément qui ne devrait pas, à
vrai dire, attirer beaucoup de monde. En effet, la présentation
n'est pas assez ludique et les informations trop succinctes.

Le clip vidéo est
en fait un assemblage d'images du film sur le thème musical principal.
Manque de bol, il reste des effets sonores, coups de feu, ou des morceaux
de dialogues, essentiellement des ordres, qui parasitent un peu l'écoute
de la musique. Elle fait donc un peu plus office de bande-annonce, c'est
d'ailleurs ce qui a été choisi pour faire la promotion
du film sur les DVD de CTV. La véritable bande-annonce se présente
d'une façon un peu plus traditionnelle. Enfin, le dernier supplément
est une galerie de photos qui se partage entre affiches, photos promotionnelles
donc posées et quelques clichés pris sur le tournage.

Recto

verso
Nonobstant
sa mise en scène souvent un peu trop lourde, 2009 LOST MEMORIES
est un thriller fantastique efficace dont le sujet est plutôt
passionnant. CTV a soigné son édition DVD, jusque dans
un magnifique packaging qui devrait convaincre les plus indécis
à se laisser tenter par une production coréenne.
Antoine
Rigaud
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