GRAVE

 

La jeune et sage Justine quitte le cocon familial pour intégrer une école vétérinaire. Bizutage oblige, Justine mange de force de la viande alors qu’elle est végétarienne depuis toujours. Son appétit grandissant pour la viande croît à mesure que s’opère une transformation en elle et révèlera sa vraie nature.

Photo : GRAVE

GRAVE suit l’évolution de Justine dans son école, depuis le moment où elle s’affranchit de l’influence familiale afin de vivre sa vie d’étudiante. La métamorphose est à la fois lente et violente car le film ne se contente pas de décrire une jeune étudiante qui découvre la vie, mais également se découvre elle-même comme si quelque chose de latent explosait tout à coup. Pour son 1er long métrage, Julia Decourneau intègre de manière paradoxale une végétarienne dans le milieu animal. Les thèmes de la nourriture, de la transformation et de l’apparence avaient déjà été abordés dans ses réalisations précédentes avec Junior (court métrage) et Mange (téléfilm).

Présenter un tel scénario inattendu était un pari risqué pour un premier long métrage, car en choisissant de se démarquer soit le résultat est enthousiaste soit le soufflé retombe lamentablement. L’intrigue se déroule autour de l’histoire personnelle de l'hé qui s’émancipe et semble découvrir la vie au contact du monde étudiant, de manière brutale et immédiate. Pourtant en parallèle son évolution physique matérialisée par l’appétit grandissant et changeant de la viande (très très crue !) demeure quant à elle progressive. Et c’est là tout le paradoxe !

Cependant, la réalisatrice insiste un peu trop sur la description du bizutage et de la vie étudiante, laissant presque penser à un reportage. Il y a également beaucoup d’incohérences et de scènes inutiles à l’exploitation du sujet, comme la scène du chien pendant la séance d’épilation, ou encore la scène du pipi sur le toit. Cela n’apporte rien de plus et on se demande à quoi cela peut servir. Sans oublier les inévitables insinuations homophobes et racistes des films Français : nous n’avons vraiment pas besoin de ça pour apprécier un film ! D’ailleurs même une autre film Français, SEULS de David Moreau, tombe dans le piège de ce stéréotype.

Photo : GRAVE

En voulant proposer quelque chose de nouveau qui secoue et choque, GRAVE bascule dans le voyeurisme. Même si cela sert à montrer l’éveil à la sexualité de Justine, ainsi que la violence de ses pulsions. Et nous avons réellement l’impression que l’intention de la réalisatrice est de choquer le spectateur. Quel est le but de montrer l’insémination d’une vache ou le découpage d’un cadavre de chien ? Cela en devient tellement flagrant que le scénario devient tout à coup beaucoup moins convaincant. L’univers de GRAVE se compare directement à celui de David Cronenberg. Mais l’aspect charnel/choc chez ce dernier reste dans la nuance et la maîtrise. Dans GRAVE, tout est décrit de manière brutale et sans filtre, d’où le côté voyeur et « brut de décoffrage ». Car on garde fortement l’impression que la réalisatrice veut nous dire : prenez ces images en pleine figure et faites face à la réalité du film. On est quand même loin du FESTIN NU ou de CRASH… En basculant dans l’hyper réalisme caractéristique de nombreux films Français, le film finit par perdre de son essence. D’ailleurs la scène où Justine découvre sa vraie nature se rapproche plus du teenage movie à l’instar de IT FOLLOWS, par exemple.

D’ailleurs, en exploitant des thèmes actuels et les préoccupations des adolescents de maintenant comme la recherche de l’identité, l’apparence, l’éveil à la sexualité, nul doute que le jeune public visé y soit sensible. Et encore une fois GRAVE manque de crédibilité, comme le personnage colocataire gay Adrien auquel on ne croit absolument pas, malgré la performance de l’acteur Rabah Nait Oufella (ENTRE LES MURS).

Photo : GRAVE

En revanche, saluons la performance de l’actrice Garance Marillier (découverte dans MANGE et JUNIOR de la même réalisatrice) qui campe le rôle de Justine, autour duquel le film s’articule. L’actrice incarne à merveille la métamorphose de son personnage qui se révèle à la fois fragile et effrayant. Les effets spéciaux restant par ailleurs assez réussis et l’effet hémoglobine bien représenté, renforçant le malaise souhaité.

GRAVE ne s’inscrit pas dans le registre fantastique pur mais plutôt dans le film de genre totalement assumé par Julia Decourneau. Son côté décalé et hyper réaliste en fait un film volontairement choquant, violent et voyeur, il faut bien l’avouer. Néanmoins l’insistance avec laquelle tout cela est exacerbé lui donne finalement un horizon restreint et gâche quelque peu le résultat attendu. GRAVE dérange et fait grincer, mais ne laisse pas indifférent. Dans tous les festivals où il a été présenté de Toronto à Sundance, en passant par le PIFF pour atterrir finalement à Gérardmer, le film a obtenu pas mal de prix ainsi que les faveurs de la critique.

Anne Barbier

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