Cette suite commence par une scène supposée se dérouler cinq jours seulement
après le décès de Robert Thorn . Bugenhagen, l'archéologue qui avait
démontré que Damien était l'antéchrist apprend par les journaux la mort
de Thorn. Paniqué, il demande à son vieil ami d'user de son influence
pour prévenir les nouveaux parents du danger qui les guette. Pour le
convaincre, il le conduit devant le mur d'Yigaël. Là, il se rendent
tous deux à l'évidence : Damien est bien cet enfant maudit qui conduira
l'apocalypse.

Cette
première scène est très intéressante, car elle démontre efficacement
la théorie selon laquelle Damien est supposé devenir l'Antéchrist. En
se basant sur les textes de la Bible, il fonde une hypothèse bien étayée
et crédible grâce à une mise en images de la prédiction qui aurait été
peinte par un saint homme il y a plusieurs siècles de cela après
que le diable lui soit apparu. Les deux compères, malheureusement, périssent
d'une mort atroce, car Satan chasse tous ceux qui pourront l'empêcher
d'accéder à ses fins. Ils subiront une mort atroce en étant ensevelis
vivants.

Sept ans ont passé. Damien
a été adopté par Richard Thorn le frère du père adoptif interprété par
Gregory Peck tué
dans le premier opus. Il a maintenant une douzaine d'années,
et vit une enfance dorée dans cette nouvelle famille qui l'a accueilli
comme si c'était son fils. Lui et son cousin Mark sont inséparables,
au grand dam de leur tante Marion, qui soupçonne Damien d'exercer une
mauvaise influence et qui sent autre chose d'indéfinissable mais dangereux
émanant de lui. Elle sera la première à mettre en garde son frère Richard,
le menaçant même de le mettre sur la paille. Elle succombera à une
attaque dans la nuit même, après avoir été visitée
par un corbeau au regard maléfique...

Après l'efficacité
de LA MALEDICTION, il était difficile
d'envisager une suite qui obtienne les mêmes résultats. Il faut bien
l'avouer, en effet, elle n'apporte rien de vraiment nouveau et le scénario
est plus ou moins construit de la même façon que le premier. Pourtant,
on apprécie tout de même certaines scènes, notamment celle de l'ascenseur,
mais aussi celle qui se déroule sous la glace. Ce qui n'enlève rien
au fait que les morts, trop prévisibles, laissent deviner un film de
commande plus qu'une suite qu'on aurait voulu aussi réfléchie que le
premier opus. Bien
que ce film ait coûté près de deux fois plus cher que le premier, on
doit se rendre à l'évidence qu'il n'a pas le même impact. Il aborde
la découverte, par Damien, de son statut. Il est à regretter que cette
prise de conscience ne soit pas traitée plus en profondeur. Il ne fait
que s'interroger sur son sort pendant deux minutes, avant de l'accepter
comme un état de fait et en assumer toutes les responsabilités. D'ailleurs
à cet moment-là, il sait précisément où trouver le signe de la bête,
alors qu'aucun indice ne le lui permet. Ce genre de détails, lorsqu'ils
se produisent un peu trop souvent, enlèvent un peu de crédibilité à
l'histoire. On se demande, dans le même ordre d'idées, comment les poignards
se retrouvent aussi rapidement entre les mains de Bugenhagen, l'ensemble
étant quelque peu incohérent.
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Une autre idée
intéressante du film est la constitution du royaume de celui qui entend
bientôt régner sur Terre. Son pouvoir devient de plus en plus grand,
ses disciples de plus en plus nombreux, infiltrés pour protéger Damien.
Dans LA MALEDICTION, on savait déjà qu'il
ferait en sorte de contrôler le monde, en s'immisçant dans le monde
politique. Il continue son oeuvre selon un plan... diaboliquement bien
pensé. Et il ne tolère aucun obstacle à son ascension. Le scénario suit
bien cette idée, tout en faisant en sorte d'être parfaitement crédible.
On en oublierait presque le manque de finesse de certains passages,
et leur manque de nouveauté.

Ce
deuxième volet n'est donc pas à jeter aux orties, bien qu'il n'ait pas
bénéficié du même accueil que son prédécesseur. Comme nous l'explique
Harvey Bernhard dans le commentaire audio présent sur ce DVD (qui s'avère
intéressant et plein d'anecdotes sur le film mais aussi sur les relations
dans l'équipe, notamment l'éviction du premier réalisateur sur laquelle
on revient souvent), il lui a été demandé de réaliser deux suites dès
le premier jour de sortie en salles de LA MALEDICTION.
C'est donc un film de commande, tout comme LA
MALEDICTION FINALE. Dans ce cas, on se dit que sans le véritable
intérêt que son producteur portait à son travail (il a même tenu un
petit rôle, tout comme sa propre secrétaire, qui incarne... une secrétaire !)
ces suites auraient pu être une véritable catastrophe, ce qui est loin
d'être le cas.

Enfin, ajoutons
que ce film a entièrement été tourné en décors naturels pour obtenir
plus de réalisme. Le soin apporté à la réalisation
prouve que l'intention était de faire aussi bien, sinon mieux
que le premier du nom. Si vous souhaitez vous procurer ce titre, sachez
qu'il n'est disponible que dans le coffret, qui contient les trois films.
En France Vous ne pourrez vous procurer que le premier, seul. Pour plus
d'informations, jetez un oeil sur la fiche de LA
MALEDICTION FINALE.
Nadia
Derradji

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