Introduction
Interview Partie 1
Interview Partie 2
Interview Partie 3
Filmographie

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LUIGI COZZI
INTERVIEW - 21 Février 2004
Partie 3

Vous connaissez Dario Argento depuis très longtemps et il a produit une série télévisée, TURNO DI NOTTE. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ?
C'était un programme hebdomadaire produit pour la télévision nationale donc nous avions pas mal d'argent. Il s'agissait d'épisodes de quinze ou vingt minutes mettant en scène des conducteurs de taxi qui avaient des aventures la nuit autour de meurtres. Avant la fin des épisodes, les téléspectateurs devaient deviner qui était le meurtrier. A ce moment-là, l'histoire redemarrait et le public pouvait découvrir qui avait raison. Lamberto Bava en réalisa six et j'en ai fait neuf. C'était plutôt bon. Nous tournions à une vitesse incroyable... Toutes les nuits pendant six mois. Pendant que nous terminions le tournage, ils avaient déjà commencé à diffuser la série. Tout le monde fut content et nous avons obtenu un bon taux d'audience.

Vous aimez les films de Ray Harryhausen et vous avez eu l'opportunité de faire un SINBAD. Que s'est il passé avec celui-là ?
Lorsque nous tournions HERCULE, la Cannon était satisfaite des rushes. Ils ont donc émis l'idée de faire un autre film avec Lou Ferrigno. Ferrigno a signé un contrat mais à condition de faire SINBAD. Il m'a donc demandé de l'écrire pour lui et c'est ce que j'ai fait. Ferrigno a aimé mon histoire et je devais commencer le tournage juste après celui de HERCULE. Mais nous avons perdu pas mal de temps avec les effets spéciaux de HERCULE. Ils m'ont donc mis en attente et ont ajourné SINBAD. Après cela, j'ai travaillé sur HERCULE 2 et ils n'étaient toujours par prêts à travailler sur SINBAD. J'ai donc commencé à travailler avec Dario Argento quand ils ont finalement donné SINBAD à Enzo Castellari. Ils ont utilisé mon scénario mais Castellari a pratiquement tout modifié. Mon scénario était du genre de HERCULE avec de la stop-motion et des effets de ce type... Mais ils l'ont finalement fait pour la télévision sous la forme d'une mini-serie de six heures ou peut-être plus.

Je pensais qu'il devait s'agir d'un film pour le cinéma...
Mon scénario était prévu pour un film mais ils ont changé d'idée et en ont fait une mini-série pour la télévision. Castellari a terminé le montage mais ils n'ont pas apprécié le résultat et l'ont oublié sur une étagère. Ca n'a jamais été diffusé comme une mini-série et ils avaient bien raison ! Après cela, ils m'ont demandé si je voulais reprendre en main ce vieux projet. Ils m'ont dit "Nous avons six heures montées et nous avons besoin d'un minimum d'une heure et vingt minutes. Fais ce que tu peux avec ! ". J'ai donc remonté le tout, tourné quelques trucs et ajouté des effets spéciaux qui n'étaient pas prévus pour la mini-serie.

Vous avez fait LE CHAT NOIR mais il n'y est pas beaucoup question de chat dedans !
LE CHAT NOIR n'était pas LE CHAT NOIR. Il s'appelait OUT OF THE DEPTH (DE PROFUNDIS) et c'était le titre de tournage. A la moitié du tournage, le distributeur m'a appelé pour un problème. Ils avaient vendu un lot de films d'après Edgar Allan Poe et parmi ceux-ci il y avait "Le Chat Noir". Il voulait donc utiliser mon film comme LE CHAT NOIR. Bon... J'ai dit "Ok... mais je n'ai pas de chat noir dans mon film." et il m'a répondu "Qu'est ce que ça fait ! S'il te plaît, mets un chat noir quelque part !". J'ai donc fait en sorte d'ajouter un chat noir...

J'ai entendu dire que Dario Argento n'avait pas apprécié ce changement de titre...
C'était embarassant pour moi. Car je travaillais sur le tournage de DEUX YEUX MALEFIQUES et à ce moment-là, mon film devait s'appeler OUT OF THE DEPTH. Au moment où j'ai fini de travailler sur DEUX YEUX MALEFIQUES (Le sketche "Le Chat Noir" réalisé par Dario Argento), je savais que mon film allait devenir LE CHAT NOIR. Lorsqu'il l'a appris, il m'a dit "Quoi ? Tu vas faire Le Chat Noir ?". J'ai du lui dire "Non, Dario ! Je t'assure que mon film sera titré comme ça mais cela n'a rien à voir avec le tien.". Il a fini par le voir et il a réalisé que j'étais innocent !

Pourquoi ne pas avoir fait d'autres films après PAGANINI HORROR et LE CHAT NOIR ?
J'ai fait des documentaires comme DARIO ARGENTO : AN EYE FOR HORROR mais je n'ai jamais plus tourné d'autres films car le marché est mort en Italie. Il n'y a plus de producteurs ! Plus de distributeurs !

Pourquoi d'après vous ?
Beaucoup de choses ont changé en Italie. Lorsque nous faisions STARCRASH, CONTAMINATION or HERCULES nous avions cent ou deux cent producteurs et cinquante distributeurs en activité. A la fin des années 80... Disons quand j'étais en train de tourner LE CHAT NOIR, la télévision italienne a racheté tous les cinémas. Après cela, ils ont acheté toute la distribution cinématographique. Donc quand vous faites un film maintenant, c'est produit, distribué et placé dans les salles de cinéma par les chaînes de télévision. Mais ils font seulement des films pour la télévision. Ils disent "La science-fiction n'a pas de sens puisque nous pouvons acheter STAR WARS pour un demi million de dollars. Pourquoi est-ce que l'on devrait dépenser dix millions pour faire un film de science-fiction ?". Même aux Etats-Unis, depuis les années 90, il n'y a plus de véritable indépendant. C'est donc la fin puisque vous ne pouvez trouver personne pour travailler avec vous...

A présent, vous dirigez une boutique en Italie...
Maintenant, j'ai une boutique spécialisée dans l'horreur et la science-fiction avec Dario Argento. Mais c'est bien plus que cela ! Ces cinq dernières années, nous avons monté une maison d'édition qui publie seulement des livres sur le cinéma. On a publié des livres sur Bava, les vieux films italiens, les giallos... Nous avons publié plus de trente livres jusqu'à présent. Par exemple, sur Dario Argento, j'ai écrit un livre à propos de sa carrière et tous ses films. Et j'ai aussi écrit un livre sur LES FRISSONS DE L'ANGOISSE suivi d'un autre à propos de QUATRE MOUCHES DE VELOURS GRIS. Cela contient tout ce qui s'est passé pendant le tournage et la création. A cette époque-là, il n'y avait pas de commentaire audio à ce propos. J'ai donc écrit ce que l'on pourrait appeler des making of.

Je suppose que c'est en italien ?
Oui mais chaque année, nous allons essayer de traduire un ou deux ouvrages en anglais. Jusqu'à maintenant, nous avons fait la version anglaise de mon livre sur Dario Argento. Prochainement, nous devrions faire la traduction de mon livre sur Mario Bava... Ma relation avec Mario Bava. J'étais présent. J'ai travaillé avec lui. Ce n'est donc pas comme un livre d'un critique. Je connais l'histoire pour l'avoir vécue et généralement les gens apprécient ce genre de vision intérieure.

Est-il possible pour nos lecteurs de commander ces livres par internet ?
Vous pouvez trouver ces livres dans certaines boutiques spécialisées comme la mienne. Mais pour le moment, il est compliqué d'envoyer des livres car les frais d'expédition sont bien plus élevés que l'ouvrage lui-même. C'est un problème ! Mais, vous savez, nous nous développons. Nous publions aussi deux magazines en Italie et l'un d'eux est à présent édité en Allemagne. Donc qui sait ce qu'il va se passer ? Car nous sommes encore jeunes et en pleine expansion...

Vous êtes dans l'édition depuis pas mal de temps déjà...
J'ai travaillé de façon professionnelle dans la littérature de science-fiction. J'avais quinze ans lorsque j'ai vendu et publié ma première histoire de science-fiction. Puis après cela, j'ai toujours continué à écrire durant toute ma carrière, même lorsque je tournais des films. J'ai toujours continué d'écrire et de publier des tas d'auteurs américains. Même aujourd'hui, je publie deux magazines en Italie. C'est ma passion. Je ne peux pas m'arrêter de faire ce que j'aime.

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Dossier réalisé par Christophe "Arioch" Lemonnier, Nadia Derradji et Sandrine Ahson
Remerciements à CineFX, Neo Publishing, PVB Editions, le Cinéma Le Méliès et Laurent Lopéré

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