Introduction
Interview Partie 1
Interview Partie 2
Interview Partie 3
Filmographie

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LUIGI COZZI
INTERVIEW - 21 Février 2004
Partie 1

Christophe Lemonnier : J'ai entendu dire que l'histoire originale pour STARCRASH n'était pas la même que celle du film...
Luigi Cozzi : Oui, c'était à propos d'un gigantesque vaisseau spatial. C'était une bonne histoire à vrai dire. C'était mon idée car à ce moment-là, il y avait LE PONT DE CASSANDRA et ce genre de films catastrophe. Donc, pourquoi ne pas faire une catastrophe dans l'espace ? C'était mon idée !

Le scénario était terminé ?
J'avais écrit un traitement de 30 ou 40 pages.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l'histoire ?
c'était à propos d'un gigantesque vaisseau spatial qui transportait des voyageurs. Le premier voyage vers Saturne... pour y voir les abords des anneaux. En passant les anneaux, le vaisseau heurte un iceberg spatial et s'écrase sur Titan, une lune de Saturne. Il n'y a donc qu'une poignée de survivants qui essayent de survivre en attendant les secours. Le passage à propos des survivants était assez court.

Pourquoi cette histoire n'a t'elle pas été réalisée ?
Car personne n'était interessé. Lorsque je l'ai proposée à Nathan Wachsberger, il n'était pas interessé non plus. Il m'a rappelé après la sortie dans les salles américaines de STAR WARS. Il m'avait dit "Luigi, je ne veux pas... ton histoire... Je veux STAR WARS !". J'avais un problème car nous êtions à la fin du mois de mai 1977 et STAR WARS ne sortait en Italie qu'en novembre. Je savais grâce à la presse qu'il y avait un film de science-fiction et d'aventures galactiques aux Etats-Unis. Mais je n'avais aucune idée de la façon dont je pourrais le voir. Je ne savais pas vraiment de quel genre de film il s'agissait. Mais j'ai eu beaucoup, beaucoup de chance car j'avais trouvé auparavant dans une librairie une copie de STAR WARS et je l'avais achetée. Il y avait énormément de livres de science-fiction et j'avais acheté celui-là. Je ne sais pas pourquoi. En tout cas, au moment où l'on m'a demandé d'écrire quelque chose dans le genre de STAR WARS, j'ai répondu "Pas de probleme !". J'ai lu le livre et j'ai donc pu savoir de quoi parlait STAR WARS. Lorsque Nathan Wachsberger est venu en Italie pour voir quel genre d'histoire à la STAR WARS j'allais lui proposer, j'avais déjà écrit le film qui allait devenir STARCRASH.

Est-il vrai que STARCRASH a été écrit très rapidement ?
Dans un temps très court puisque Nathan était aux Etats-Unis et il m'avait dit qu'il arriverait dans une dizaine de jours, ou quelque chose comme ça, dans l'intention de voir l'histoire. J'étais supposé lui montrer seulement trois ou quatre pages. Mais j'ai commencé à écrire et j'ai eu tellement de plaisir à le faire que j'avais obtenu quarante ou cinquante pages pour le film.

Tout le monde parle de STARCRASH comme d'un plagiat de STAR WARS mais lorsque l'on voit le film, il semble bien plus influencé par les films des années 50 comme on peut le voir avec les étoiles colorées ou les costumes...
Vous avez tout à fait raison. Mais la première chose que le producteur et le distributeur me disaient sans arrêt était "Luigi ! Fais comme STAR WARS ! Fais comme STAR WARS ! Fais-le !". Je savais que nous ne pouvions pas faire un film comme STAR WARS car nous n'avions pas la préparation nécessaire. Nous avons eu seulement trois ou quatre semaines de préparation avant de commencer le tournage. Comment voulez-vous faire un film du genre de STAR WARS avec trois semaines de préparation ? Ce n'était pas possible ! Donc je leur ai dit que la seule façon de faire un bon film était de faire quelque chose de plus fantastique. Par exemple, les vaisseaux spatiaux ne sont pas vraiment realistes et sont plus fantaisistes. J'aime beaucoup les films des années 50. J'adore les années 50.

On peut aussi noter l'influence des films d'aventures de Ray Harryhausen. Quand on voit STARCRASH, on peut reconnaître des éléments de JASON ET LES ARGONAUTES ou du VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD... Mais aussi des années 50, en particulier, une sorte d'influence en provenance de PLANETE INTERDITE...
Vous avez vu exactement ce qu'il y a dans mon film. C'est exactement ce que je voulais faire. Mais personne ne comprennait cela. Ils n'avaient aucune idée de ce qu'étaient PLANETE INTERDITE ou les films de Ray Harryhausen... ou n'importe quoi de ce genre. Ils ne connaissaient et ne faisaient que continuer de me dire "STAR WARS... STAR WARS... STAR WARS...". Donc, il y a tout de même quelque chose de STAR WARS dans le film car je devais le faire ! J'ai un peu baissé les bras et j'ai dit "Ok ! Faisons-le !".

STARCRASH est tel que vous le vouliez au début ?
C'est plus ou moins ce que je voulais. Car lorsque l'on m'a demandé de faire ce style de film, pas un film catastrophe mais un film d'aventures spatiales, j'ai dit "J'écris STAR WARS". Et ce fut donc quelque chose dans le genre juvénile du Robert Heinlein des années 50. J'adore ce genre de choses. Et j'ai donc fait quelque chose de similaire à ma façon. J'y ai mis Barbarella. Car j'aime beaucoup Barbarella. J'ai aussi utilisé les livres de A.E. Van Vogt comme modèle...
Chaque scène débute par une situation donnée... Avec une situation importante. La scène ne doit pas faire plus de trois pages. Et à la fin de la seconde ou de la troisième page, la situation doit être entièrement renversée. Vous pouvez le voir dans le film, cela change constament. Un personnage disparaît et puis il réapparaît... Cela s'enchaîne comme ça. Comme base pour toute l'histoire, j'ai choisi un livre de science-fiction nommé "The Secret Of Sinharat" et écrit par une femme. A mon avis à l'époque, Leigh Brackett était la meilleure pour écrire des aventures de science-fiction. Et George Lucas l'a embauchée pour écrire la suite de STAR WARS, ce qui veut dire que je ne m'étais pas trompé en choisissant mon modèle. Car, c'est elle qui a inventé Yoda ou modifié Dark Vador en un personnage bon. Elle était mon modèle bien avant que Lucas ne l'engage !

A propos des acteurs, le premier choix fut Raquel Welch...
Pas le mien ! Mais en effet... C'est vrai ! Le producteur voulait Raquel Welch et a tout fait pour l'avoir.

Est-ce vrai que vous avez bataillé pour obtenir Caroline Munro ?
Je ne pouvais pas me battre car Nathan était à Los Angeles et il faisait le casting là bas. Donc, je n'étais pas vraiment impliqué. J'ai eu seulement des appels téléphoniques et je disais "Non, s'il te plait, ne fais pas ça !" concernant Raquel Welch mais il n'en tenait pas compte.

Le choix de Marjoe Gortner vous a posé des problèmes car il vous a été imposé...
Oui, Marjoe Gortner m'a été imposé par le distributeur American International Pictures. Marjoe Gortner venait juste de jouer dans un gros film qui avait rapporté pas mal d'argent et donc ils le voulaient dans mon film. Bon, c'est un chic type et je n'ai pas eu de problèmes avec lui. Mais dans mon scénario, le personnage qu'il interprète était un extraterrestre un peu comme les mutants des SURVIVANTS DE L'INFINI. En effet, j'aimais beaucoup l'image de Caroline en bikini entourée d'un robot et d'un extraterrestre. Elle devait être le seule être humain ! Mais Marjoe m'a dit "Non, je veux que mon visage apparaîsse à l'écran !". Je pense que cela aurait été un bien meilleur tableau avec Caroline seule avec un robot métallique et un extraterrestre avec des sortes de pinces de crabe.

Marjoe Gortner voulait apparaître à l'écran et vous mettez Judd Hamilton dans l'armure du robot...
Il a été placé dans l'armure pour... le faire taire... Vous voyez ! Il était toujours en train de discuter à propos de ceci ou à propos de cela à cause de Caroline.
(Notes : Judd Hamilton était le mari de Caroline Munro)

Il a été dit qu'une suite de STARCRASH était prévue à l'époque ?
Oui ! Il y avait un second film de ce genre. Ce film n'a pas eu beaucoup de chance car... Mario Bava aimait l'idée et il a commencé à le préparer en vue de le tourner à partir de mon scénario. Ce qu'il s'est passé, c'est qu'il allait le faire pour les mêmes producteurs que LA PLANET DES VAMPIRES. Ils sont donc allés voir American International Picture qui avait déjà acheté STARCRASH. Et Sam Arkoff m'a dit quand je l'ai rencontré "Luigi, j'aime beaucoup cette histoire. Mais celle que je préfére, c'est l'autre ! Quand Bava est venu me voir avec celle là j'aurais vraiment aimé le faire mais je ne pouvais pas sortir deux films aussi similaires au même moment.". Et donc il n'a jamais été réalisé !

SUITE

Dossier réalisé par Christophe "Arioch" Lemonnier, Nadia Derradji et Sandrine Ahson
Remerciements à CineFX, Neo Publishing, PVB Editions, le Cinéma Le Méliès et Laurent Lopéré

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