Jack est l'héritier d'une riche famille dont la prospérité
s'est accrue à travers les âges. Malheureusement, une malédiction
s'est abattue voici quatre siècles sur sa famille : ainsi, aucun
des aïeuls de Jack n'a passé la quarantaine. A l'aube de
son quarantième anniversaire, Jack aurait de quoi se faire du
souci Pourtant, ce ne sont pas les mises en garde de Ondine qui vont
l'effrayer.

Quand Matthew
Modine reçoit le script de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE,
version James
V. Hart et Brian
Henson, il se souvient de cette histoire qui lui a fait une désagréable
impression un jour qu'il la lisait à son fils. En effet, l'idée
qu'un héros puisse se faire une gloire d'un crime qu'il a commis
l'avait laissé très mal à l'aise. Où était
la vertu là-dedans ? Mais à la lecture du scénario,
il réalise que la morale est sauve, grâce à l'imagination
des scénaristes.

Bâtie autour du célèbre
conte pour enfants, cette histoire de Jack et le haricot magique aura
de quoi surprendre ceux qui s'attendront à en découvrir
une adaptation fidèle. En effet, l'histoire commence très
simplement, à notre époque, dans le milieu des affaires
florissantes de la famille Robinson. Difficile d'imaginer à partir
de là se replonger dans l'histoire originale. D'autant que la
première demi-heure de visionnage aurait plutôt tendance
à nous faire douter de l'intérêt fantastique de
ce film. La suite viendra fort heureusement nous rassurer et nous faire
admettre que cette nouvelle histoire méritait d'être contée.

En effet, plutôt que
de faire une quelconque adaptation du conte, les scénaristes
prennent le parti de nous en proposer une version différente
réhabilitant du même coup la mémoire du géant
en plus de nous montrer l'originale. L'idée est ici de mettre
en évidence la possibilité qu'une histoire puisse ne pas
être forcément le strict reflet de la réalité
mais plutôt une version qui arrange tout le monde. Ainsi, le Jack
que l'on connaît ne serait pas si héroïque que le
conte veut bien nous le faire croire. Jack, son descendant, l'apprend
à ses dépens, et c'est toute sa vie qui s'en trouve bouleversée.

Un scénario ingénieux
pour un récit qui se déroule dans des dimensions et en
des époques différentes. Cet aspect du film est d'ailleurs
très intéressant en ce sens qu'il exploite l'unité
temps avec une grande finesse, apportant tout naturellement au récit
sa crédibilité. Jack, le dernier de sa lignée en
apprenant qu'il descend du héros de conte de fées, apprend
aussi que sa famille a du sang sur les mains. Il va devoir réparer
cette faute, commise quatre cent ans plus tôt. Difficile de suivre
? Pas le moins du monde. C'est ici que la magie opère et que
l'on se laisse transporter dans l'univers des géants sans bouder
notre plaisir.

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Ce film a reçu
le prix Mad Movies du public pour le meilleur inédit vidéo
au Festival de Gérardmer 2002. Un prix sûrement plus mérité
que celui de l'année précédente (ROBOCOP
2001). Produit par Hallmark pour la chaîne CBS, sous le
titre JACK ET LE HARICOT MAGIQUE : LA VERITABLE HISTOIRE, la
sortie en DVD de cette mini-série, diffusée fin 2001 aux
Etats-Unis, risque d'en satisfaire plus d'un. Comme nous avons déjà
pu le constater, Hallmark s'est spécialisée dans la production
de téléfilms et mini-série revisitant les histoires
célébres (pas toujours avec succès surtout en ce
qui concerne leurs adaptation de la Bible). Ces productions bénéficient
de gros budget et toujours d'un casting de choix. Ici, c'est Matthew
Modine et Mia Sara
en vedettes, Jon Voight,
Vanessa Redgrave,
Richard Attenborough
Autant d'acteurs qui donne un peu plus de crédibilité
à ce conte moderne qui transporte habilement le spectateur d'un
monde à l'autre, donnant une nouvelle jeunesse à l'histoire
originale.

Curiosité,
à la réalisation de cette mini-série (ici présentée
dans une version sans interruption d'environ trois heures), on trouve
un certain Brian Henson.
Le Fils de Jim Henson,
créateur de DARK
CRYSTAL et du Muppet
Show. A la vision de JACK ET LE HARICOT MAGIQUE, rien ne
laisse supposer que le fiston a hérité du talent de son
père du point de vue de la réalisation. En fait, tout
l'attrait du film repose sur les acteurs, les décors, ses effets
spéciaux ainsi que son astucieux scénario co-écrit
par Brian Henson.

Sur le plan visuel, JACK
ET LE HARICOT MAGIQUE est très soigné, à l'instar
des autres films produits par Hallmark : une débauche de belles
images, des paysages dignes d'un Alice au pays des merveilles, des effets
spéciaux très discrets et soignés, notamment ceux
réalisés pour la harpiste qui aide le canard à
pondre ses ufs d'or. Cette description vaut pour le monde qu'a
connu le premier Jack, tueur de géant. Car celui que va découvrir
son descendant n'a plus rien de féerique. Mention spéciale
pour les costumes, au passage, qui à ce moment du film adoptent
des teintes bleutées et violacées du plus bel effet, rappelant
les hommes bleus du désert, tranchant avec le paysage désolé
que découvre le jeune homme d'affaires.

Edité par Elephant
comme l'ont été d'autres titres produits par Hallmark,
JACK ET LE HARICOT MAGIQUE bénéficie d'un transfert
image honnête mais la compression fait des siennes lors de certaines
séquences. Par contre, la première partie est présentée
avec un format très légérement différent
de la seconde. En effet, de petites bandes noires à gauche et
à droite de l'image sont visibles avant de disparaître
dans la seconde moitié du film. Côté son, Elephant
nous a habitués à choisir entre une bande sonore originale
non sous-titrée et une version française en 5.1 qui ne
se justifie pas nécessairement. Cette version ne souffre pas
pour une fois d'un doublage trop mauvais, ce qui augmente l'attrait
de cette édition. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur
le film, sachez que seules une bande-annonce, en version originale,
et des filmographies vous seront proposées sur ce DVD. Un peu
maigre, heureusement, le film se laisse regarder avec plaisir. On ne
peut pas toujours en dire autant de certaines éditions bardées
de bonus mais qui présentent des films d'une indigence scénaristique
affligeante. Jack et
son haricot, quant à eux, sont d'une fraîcheur plutôt
agréable
Nadia
Derradji
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