DVD (4)

Reviews (6)

DVD Covers (4)

Videos (1)

Posters

Lobby Cards

 FILM INFOS

 Titre original

 MARTYRS

 Année

 2008

 Nationalité

 Canada /  France

 Réalisation

 Pascal Laugier

 Scénario

 Pascal Laugier

 Musique

 Alex Cortés
 Willie Cortés

 Acteurs

 Morjana Alaoui
 Mylène Jampanoï
 Catherine Bégin
 Robert Toupin
 Patricia Tulasne
 Juliette Gosselin
 Xavier Dolan-Tadros
 Isabelle Chasse
 Emilie Miskdjian
 Mike Chute
 Gaëlle Cohen
 Anie Pascale
 Jessie Pham
 Erika Scott

 

 FORUM

Donnez-nous votre avis et discuter du film dans notre Forum. Pour cela, cliquez sur
SUJET CONSACRE AU FILM SUR LE FORUM
 

 VIDEOS

 Bande-annonce

 

 POSTERS

 
 MARTYRS

 

Film d'exploitation ou d'auteur ? Film franais, turque ou australien ? Boucherie violente ou drame familial ? Peu importe tant que le film est bon ! Voil notre credo. Et celui-ci se heurte donc rgulirement au dilemme du fameux films de genre franais. Sans vouloir faire preuve de chauvinisme, l'envie de dfendre (honntement) ce cinma est invitablement prsente l'esprit. Sans a priori et berc par les premiers chos positifs accompagnant MARTYRS, l'assurance de ramener un bon papier passait par l'envoi d'une quipe plus large qu' l'accoutume. Plutt qu'un ou deux rdacteurs, miracle de la mixit, ce sont donc deux femmes et deux hommes de notre quipe qui ont fait le dplacement pour se prendre en pleine face le pav de MARTYRS. Vritable assurance vie pour le film puisqu'il est improbable qu'au moins l'un d'entre nous ne soit pas, l'arrive, un dfenseur de l'œuvre extrme de Pascal Laugier. Au pire, nous planifions l'avance un pour et un contre dans le cas o il y aurait une grosse scission. C'tait sans se douter qu'il aurait plutt fallu venir six, voire dix? A l'issue de la projection, lorsque les lumires se rallument, c'est l'unanimit dans nos rangs.

Photo : MARTYRS (CL) Pascal Laugier s'tait dj essay au cinma d'pouvante avec un atmosphrique SAINT-ANGE dont MARTYRS semble tre l'oppos. En apparence seulement puisque les deux films portent bien la marque de leur auteur. Les deux films partagent en effet les mmes soucis d'criture. Un dfaut de fabrication inhrent une grande partie du cinma de genre franais donnant l'impression que le scnario est sacrifi la vision du cinaste. Car un scnario, ce n'est pas une histoire forcment tarabiscote, ce n'est pas non plus obligatoirement une accumulation d'ides gniales? C'est le document exposant sur le papier tout le droulement du film, scne par scne. Le plan d'une solide charpente qui permet ensuite de construire avec plus ou moins de fantaisie la mise en scne qui permettra de retranscrire le tout en image. Le drame en France, c'est l'absence d'une remise en question du statut de l'auteur et donc du ralisateur. Il est possible d'tre un bon ralisateur et ne pas tre fait pour assumer seul la paternit d'un scnario. Chacun son travail ! Comme SAINT-ANGE avant lui, MARTYRS donne l'impression d'avoir t pens de faon visuelle en partant de quelques ides fortes. Entre deux passages vraiment travaills en amont, l'histoire s'tire gratuitement faute d'avoir rgl correctement les espaces transitoires. Avec MARTYRS, le cinaste a trouv la parade pour combler ce vide en talant des squences de violence.

Photo : MARTYRS (CL) Pas forcment attir par la violence pour la violence, ou l'horreur pour l'horreur, nous nous attendions prendre une sacr secousse avec ce MARTYRS annonc comme extrme et radical. Encore une fois, il apparat important de reprendre non pas un avis isol mais celui de quatre spectateurs qui regardent des films d'horreur depuis quelques dcennies dj. Il faut croire que nous sommes des baroudeurs du carnage sur pellicules car nous n'avons pas t particulirement choqu par l'accumulation de squences violentes. Cela s'explique certainement par la barrire impose entre ses victimes, celles qu'on torture d'un ct, et le spectateur de l'autre. Parachuts dans le film, les hrones comme le spectateur n'ont pas le temps de faire connaissance et de s'attacher. L'identification est absente et pass une premire partie plutt tendue, o la violence surprend plus qu'elle ne se ressent, le manque d'empathie va s'accentuer au fur et mesure. Le spectacle d'une jeune femme tabasse rptition et humilie provoque l'ennui. Chaque fondu au noir alimente ce moment le vritable suspense? Est-ce enfin termin qu'il soit possible d'aller dner ? Plutt que ressentir la douleur ou prouver de la piti, le choc annonc nous donne surtout l'occasion de penser des soucis plus terre terre. L'opportunit de se souvenir d'un tas de dtails tranges entre deux coups de poing dans la gueule de la jolie, au dbut, Morjana Alaoui. On pense au sandwich jet terre quelques dizaines de minutes auparavant. On se demande quand le sandwich a t achet et o puisque le personnage attend un coup de fil important dans une cabine tlphonique isole. Ce qui nous amne vers d'autres considrations mtaphysiques quand MARTYRS nous rappelle l'ordre. En effet, ce film nous pose des questions sur notre place dans l'univers. Sandwich, cabine tlphonique, mamie qui nous montre de petites photos (pourtant exposes juste ct d'elle en grand)? Tout cela n'a aucun sens? Mais qu'est ce que je fous l ? Grce MARTYRS, Pascal Laugier a russi l'impensable. Nous donner nous, fans de cinma d'horreur, l'impression d'tre des demeurs sanguinaires puisque nous regardons un film exposant des atrocits sans prouver, ici, aucune motion. Respect !

Photo : MARTYRS (CL) Mais le plus gnant, ce n'est pas tant que l'on risque de s'emmerder la vision de MARTYRS, c'est plutt que le film offre un prisme dformant qui va placer cette tiquette de crtin sur le front des amoureux de l'horreur au cinma. Le spectateur non averti va se prendre en pleine face une violence froide, mthodique et sans imagination dont la justification est, au final, d'une maigreur insoutenable. L'talage grotesque de violence, dnu d'une vritable recherche, nous ramne alors malheureusement au clich particulirement tenace du couillon boutonneux qui dcouvre la vie en cherchant l'œuvre la plus extrme parce que c'est trop fort. Comble du cynisme, l'quipe clame l'unisson que la violence n'est pas gratuite s'affranchissant ds lors de l'tiquette du simple tout venant horrifique. Sous-entendu que l'on ne mlange pas les torchons et les serviettes. Le constat est dur et on en vient regretter que MARTYRS ne soit pas une production anglo-saxonne. La pilule aurait t bien plus facile avaler. Seule claircie mme de sauver le consommateur de pellicule sanguinolente, le film avance le cul entre deux chaises. Film d'auteur tirant gnreusement sur la corde mercantile du cinma d'horreur, la fin du mtrage affiche clairement ses ambitions. MARTYRS boxe beaucoup ses personnages dans la catgorie du grand cinma. La mise en scne de Pascal Laugier, ordonne et mticuleuse, s'inscrit dans le sillage trs casse-gueule d'un Stanley Kubrick plutt que sur les traces des modestes artisans de l'horreur. C'est d'autant plus vident que le cinaste amricain est littralement cit dans le film au travers d'un plan particulirement os. Le rsultat est forcment curieux et l'ambivalence de l'entreprise permettra peut tre, mais il ne faut pas trop se leurrer, de placer dfinitivement le film la case des exprimentations cinmatographiques plutt que dans le rayon horrifique. C'est tout ce qu'on lui souhaite? Il y trouvera peut tre une audience plus satisfaite !

Chaque nouvelle livraison francophone dans le genre s'annonant meilleure que la prcdente, on frmit d'avance ! A croire que les meneurs du cinma de genre franais ont choisi de flinguer eux mme le business pour dfinitivement prouver que le systme hexagonal ne veut pas de ce type de films. Pourtant, il y a des exceptions. De celles qui ne font malheureusement pas de bruit en avanant pas feutr dans leur modestie. C'est le cas de ILS de David Moreau et Xavier Palud dont l'exercice de style est calibr de faon redoutable dans son apparente simplicit. Ajoutons encore DEAD END de Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa o les auteurs se pliaient aux contraintes amricaines pour livrer une œuvre humble et russie. Car avant d'tre franais, ces cinastes ont choisi de faire du cinma de genre et, justement, l'horreur est avant tout une question d'efficacit et non pas d'identit. Il est commun de fustiger la production amricaine liant les mains des artistes mais c'est faire preuve d'une amnsie trs francophone en oubliant le rle important, bon ou mauvais, des grands producteurs dans l'histoire du cinma. Des dcisionnaires qui n'ont jamais hsit a apporter un regard et un avis extrieur qui semble faire dfaut aujourd'hui dans la production francophone de genre au mme titre que les scnaristes. La prtention des auteurs en ptira certainement au bnfice de l'panouissement d'œuvres plus satisfaisantes dans nos contres.

Honntement, nous n'avons pas aim MARTYRS. Que cela ne vous empche pas d'aller vous faire une ide par vous mme au dbut du mois de septembre. Car, la limite, vous risquez d'apprcier bien plus le film de Pascal Laugier suite la lecture d'avis mitigs ou ngatifs. Au contraire, le fantasme de l'œuvre ultime du genre francophone, aliment par une dithyrambe exagre, provoquera surtout des dconvenues de taille. Reconnaissons tout de mme que le cinaste a fait une œuvre singulire osant s'aventurer sur le terrain d'une horreur extrme devant laquelle nous sommes rests malheureusement totalement rfractaire. Le prochain projet de Pascal Laugier, plus mrement rflchi (?) puisque disposant d'une gestation plus longue, sera, on l'espre, celui qui mettra en valeur le talent de SAINT-ANGE plutt que les dfauts de MARTYRS.

Christophe "Arioch" Lemonnier

 ESPACE MEMBRE

Connexion

Si vous n'avez pas de compte DeVilDead.com : Cliquez ici !

 RECHERCHE


 LES DVD EXISTANTS


 Il y a 4 DVD/HD en DB...

 

 DANS LE MEME GENRE

Genre (Beta)

Horreur

 

Les illustrations et photos contenues sur ce site sont la propriété de leurs éditeurs respectifs.
Les textes contenus sur ce site sont la propriété de DeVil Dead
http://www.devildead.com - devildead@devildead.com