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 FILM INFOS

 Titre original

 LONG WEEKEND

 Autres titres

 LONG WEEK END
 

 Année

 1978

 Nationalité

 Australie

 Réalisation

 Colin Eggleston

 Scénario

 Everett De Roche

 Musique

 Michael Carlos

 Acteurs

 John Hargreaves
 Briony Behets
 Mike McEwen
 Roy Day
 Michael Aitkens
 Sue Kiss von Soly

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Synapse

Format Disque

Double Couche

Durée

95 minutes

Format Image

Format Sonore

English

English

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

 •Commentaire audio avec Richard Brennan et Vincent Monton
 • Interview audio de John Hargreaves et galerie photos (4mn43)
 • Bande annonce

 

 ON AIME

• Un chef d’œuvre à l’ambiance terrifiante

 ON N'AIME PAS

• ...

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 LONG WEEKEND

 

Le couple que forment Peter (John Hargreaves) et Marcia (Briony Behets) traverse une crise srieuse. Dans l'espoir de renouer leurs relations, ils dcident de passer un long weekend loin du stress de la grande ville et installent leur campement en bordure de plage. Sans aucun gard pour la beaut des lieux, leurs dtritus ne tarderont pas joncher les alentours alors que Peter manque tout autant de respect pour la faune sur laquelle il s'entranera au fusil et l'arbalte. Mais Dame Nature n'a pas envie de se laisser ainsi maltraiter et petit petit, elle va fomenter une vengeance aussi subtile qu'implacable.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Les annes 1970 ont vu arriver toute une srie de films ayant pour sujet la rbellion de la nature via l'agression animale, allant des limaces tueuses (SLUGS) aux requins (LES DENTS DE LA MER) en passant par les ours (GRIZZLY) et autres habitants poilus, griffus, plumes, multiples pattes ou cailles avec qui nous partageons notre environnement (FROGS, DAY OF THE ANIMALS, L'HORRIBLE INVASION?). A l'poque, une proccupation cologique commenait poindre le bout de son nez, influence sans doute par une culpabilit lgitime de ce qu'on faisait subir la terre depuis dj plusieurs dcennies sous forme de tests nuclaires et autres avances technologiques qui avaient dj donn lieu de nombreux mtrages science-fiction la limite de la paranoa dans les annes 1950 et 1960. Les erreurs purement scientifiques peuvent tre corriges voire supprimes tout court mais il est bien plus difficile de contenir la colre sourde de toute une population animale qui semble pouvoir communiquer par une sorte de tlpathie qui la rend aussi dangereuse qu'imprvisible. Evidemment, une grande part des mtrages du genre sont avant tout des films d'exploitation n'ayant pas, ou peu, de revendications. Mais le scnariste Everett De Roche (PATRICK, RAZORBACK?) va exploiter cette ide merveille en laissant la menace s'installer par petites touches anodines comme autant de coups de pinceau parpills qui finiront par composer une image rellement terrifiante du fait qu'on ne l'avait pas devine.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Il fallait un cinaste de talent pour donner vie un scnario entirement bas sur une ambiance touffante et le jeu de deux acteurs isols en pleine nature. Les producteurs ont dcid de donner sa chance Colin Eggleston, jusque l ralisateur d'pisodes de sries tlvises et d'un long mtrage de porno soft sous le pseudonyme d'Eric Ram (FANTASM 2). Mais leur intuition fut la bonne et Eggleston livre un authentique chef d'œuvre sobre, sans excs de gore et qui s'insinue sous la peau jusqu' vous donner des picotements de partout telle une colonie de minuscules fourmis dvoreuses de chair humaine. Eggleston ralisera ensuite six autres longs mtrages mais aucun ne sera aussi inoubliable que LONG WEEK END. Il dcdera en 2002 dans un accident et ne verra donc pas la sortie en DVD de son film.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Ds la scne d'ouverture, Eggleston pose les personnages et leurs relations tendues o les silences sont aussi parlants que les vacheries qu'ils se balancent. Peter quitte sa matresse en ville tandis que Marcia prvient son amant au tlphone de son absence. En rentrant, Peter observe sa femme travers la lunette de vise de son nouveau fusil tandis que Marcia rumine dj le fait qu'elle va devoir camper alors qu'elle aurait largement prfr un htel paisible et confortable. L'ambiance pesante se poursuit alors mme que tout devient un prtexte pour se quereller : la prsence imprvue du chien de Peter, sa vitesse sur l'autoroute, la nourriture en conserve, l'emplacement choisi pour la tente, etc... Et tous deux vont rejeter leurs frustrations et leur gosme sur l'environnement en jetant des mgots qui vont embraser la verdure, en massacrant d'innocents petits animaux ou encore en dversant des pesticides pour annihiler toute malheureuse fourmi qui aurait l'ide saugrenue de s'aventurer sur leur aire de pique-nique. Et dj, la nature se froisse durant cette scne o Eggleston nous montre les fourmis mourantes en gros plan, accompagne de curieux bruits comme si les petits insectes protestaient contre la violence inoue et incomprhensible des intrus humains.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Lorsqu'on se retrouve dans un environnement diffrent de ce que l'on connat, on ragit forcment de faon diffrente ? le problme, c'est que la premire motion qui se manifeste, c'est la peur devant l'inconnu. Et quand on a peur, on se protge, le plus souvent en dtruisant l'objet de nos terreurs. Peter et Marcia sont d'abord victimes d'eux-mmes avant de devenir les bourreaux inconscients d'une nature qui ne demande qu' les accueillir. Et pour illustrer le point de non retour, Eggleston a choisi de jouer galement sur la peur du spectateur et en quelque sorte de le rendre complice de l'action brutale et inconsidre de Peter qui va tirer sans rflchir sur une ombre avanant sous l'eau. La premire chose qui nous vient l'esprit c'est qu'un grand requin s'apprte attaquer et comment se dfendre contre une gueule remplie de dents acres autrement qu'en prenant les devants ? Mais il ne s'agit pas d'un requin ? la pauvre crature mortellement blesse s'avre tre un dugong, un large animal l'allure pataude aussi appele vache marine. Essentiellement pacifiques, les femelles peuvent toutefois se montrer agressives si elles ont un petit leurs cts mais en aucun cas, ces animaux marins ne reprsentent le mme danger qu'un requin. Peter et Marcia aimeraient oublier cet incident sauvage et gratuit mais n'en auront pas l'occasion car le dugong avait bien un petit dont les lamentations vont percer la tranquillit de leurs nuits et leurs jours ainsi que rveiller la souffrance enfouie de Marcia qui a vcu l'interruption physique et mentale d'une maternit potentielle.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

La souffrance de Marcia tant surtout d'ordre inconscient, elle aura du mal se laisser aller dans une intimit qu'elle n'hsitera pourtant pas provoquer avant de se rtracter froidement, crant ainsi des tensions supplmentaires. Elle se rfugiera dans la camionnette o elle va s'adonner quelques plaisirs manuels qui ne font que renforcer sa solitude pesante au lieu de la dlivrer d'une tension sans cesse grandissante. Une solitude que Peter est incapable de comprendre et qui le renvoie, lui, une impuissance frustrante. Et toujours, la nature complote, se ligue contre eux et va jusqu' les menacer physiquement lorsqu'une flche d'arbalte se dcoche sans que personne n'y touche et manque de transpercer Marcia. Mais l encore, Eggleston joue sur l'ambigut ? est-ce que Peter a volontairement arm l'arbalte dans le but de provoquer un accident ? Il semble choqu mais peine convaincre sa femme de son innocence renvoyant son comportement du dbut du film o ses vraies motions envers sa femme se lisaient travers la lunette de vise de son fusil.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Le rythme est dlibrment lent et les dialogues ramens au strict minimum jusqu'aux vingt dernires minutes o aucun mot n'est prononc. Un vritable dfi autant pour le ralisateur qui doit faire progresser son histoire uniquement par le biais des images que pour les acteurs dont les penses et les motions doivent tre traduites en gestes naturels aisment identifiables. La claustrophobie paradoxalement induite par les espaces verts a rduit Peter et Marcia un couple de survivants o chacun de son ct tente d'chapper une nature hostile tels des mouches prises dans les filets gluants d'un arachnide. Le score sublime de Michael Carlos achve l'envotement et le tout forme l'un des fleurons du cinma fantastique australien dont les lieux isols et sauvages n'en finissent pas d'inspirer les cinastes encore aujourd'hui (WOLF CREEK...).

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Le DVD chroniqu ici est l'dition amricaine identique au disque australien. Il existe galement une dition anglaise qui se contente de ne reprendre que le film et d'ignorer les supplments qui, bien que peu nombreux, s'avrent sympathiques.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Comme sur le DVD australien sorti auparavant, le disque amricaine donne l'occasion de dcouvrir le film pour la premire fois depuis sa sortie cinma dans son format d'origine, un 2.35 de toute beaut d un tout nouveau transfert 16/9. A l'poque, les distributeurs avaient rechign devant ce format voulu par le producteur parce que cela les aurait oblig retravailler le film en Pan & Scan en vue d'ventuels passages tlvise. Mais le producteur a insist et bien lui en a pris parce qu'on n'imagine pas le film autrement au vu du sujet. Aucun dfaut technique n'est signaler et pour un film qui a dsormais trente ans d'ge, il a conserv toute sa jeunesse visuelle.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Ct audio, on nous prsente sur deux pistes sonores, le mono d'origine et un nouveau mixage en 5.1 pour satisfaire les cinphiles quips. La seule langue disponible est l'anglais et aucun sous-titre n'est prsent mais les dialogues ne reprsentent franchement pas de difficults insurmontables et le gros travail effectu a limin toutes sortes de parasitages d l'ge respectable du matriau d'origine. Les puristes se satisferont de la piste mono tout fait correcte tandis que les plus "exigeants" se tourneront vers le format 5.1 qui ajoute de la profondeur et prsente une excellente rpartition sur toutes les enceintes, rendant ce choix vraiment parfait pour mieux apprcier, par exemple, l'extrme grave du grondement de tonnerre ainsi que les cris d'animaux graduellement menaants sans oublier l'impeccable partition musicale.

Photo : LONG WEEKEND (LONG WEEK END)

Le commentaire audio runit le producteur Richard Brennan et le directeur de la photo Vincent Monton. Les deux hommes regrettent bien sr qu'Eggleston ne soit plus parmi nous et lui rendent un hommage discret durant tout le dialogue qui s'avre aussi informatif que plaisant couter. D'aspect forcment plus technique qu'anecdotique, ils parlent tout le long en voquant autant le ralisateur que les acteurs et les divers choix de matriel de tournage. Les ralisateurs en herbe y trouveront un tas de bonnes astuces tandis que le spectateur lambda regrettera peut-tre le manque de mystre qui en rsulte au final. Nous passons ensuite une galerie de photos bien fournie sur laquelle se droule une interview audio avec John Hargreaves, dcd du SIDA depuis 1996. L'acteur voque essentiellement son mtier et voque aussi quelques trucs trs utiles que lui avaient appris Eggleston. Dommage que cela ne dure qu' peine cinq minutes. Viennent complter cette dition une bande annonce cinma d'poque envotante et un dpliant qui prsente un bref texte par Michael Felsher, ralisateur, monteur et producteur de documentaires.

Marija Nielsen

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