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 FILM INFOS

 Titre original

 LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE

 Autres titres

 FUN HOUSE, THE
 CUCKOO CLOCKS FROM HELL, THE
 AT THE HOUR OF OUR DEATH

 Année

 1973

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Roger Michael Watkins

 Scénario

 Roger Michael Watkins

 Musique

 Claude Armand

 Acteurs

 Roger Michael Watkins
 Ken Fisher
 Bill Schlageter
 Kathy Curtin
 Paul M. Jensen
 Pat Canestro
 Steve Sweet
 Edward E. Pixley
 Nancy Vrooman
 Suzie Neumeyer

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Neo

Format Disque

Double Couche

Durée

78 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Francais

Francais

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Commentaires audio de Roger Watkins et Chas Balun
 • Interview radio de Roger Watkins et Ken Fisher (54mn39)
ʥ Entretiens t̩l̩phoniques avec Roger Watkins (77mn22)
 • Chutes de montage (18mn05)
 • The Fun House : scenes alternatives (4mn02)
 • Odd Pictures (22mn59)
 • Bande-annonce
 • Courts-métrages de Roger Watkins£
 • Requiem (18mn24)
 • Masque Of The Red Death (3mn30)
 • Ron Rico (18mn54)
 • Black Snow (17mn02)§

 

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 THE LAST HOUSE ON DEAD END STREET

 

Aprs un sjour en prison pour dtention de drogue, un ralisateur de pornos dcide de laisser exploser sa haine du monde en mettant en scne des actes de torture avec une bande de complices tars en guise de techniciens et d'assistants.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

On vous avait dj parl de ce sulfureux LAST HOUSE ON DEAD END STREET l'occasion de sa disponibilit via un DVD amricain. Sa sortie franaise nous incite revenir sur cet trange objet dont on a du mal discerner s'il s'agit bien de cinma ou d'un long trip mgalomaniaque tourdissant de dphasage. Difficile de parler objectivement du film en omettant ses antcdents de film maudit. Pour rsumer, le film fut tourn en 1973 par un jeune passionn se fantasmant nouveau chef de file d'un cinma radical et crbral, un certain Roger Watkins. Producteur, auteur mais aussi comdien principal, Watkins s'imagine dans la peau du metteur en scne absolu qui va repousser les ultimes limites que les annes 70 s'efforaient dj de reculer. Dans la ligne de mire, ORANGE MECANIQUE de Stanley Kubrick que Watkins veut dpasser en terme d'intensit. Mais la dure ralit de l'exploitation cinmatographique s'occupera de replacer l'ego du personnage sa place. Bloqu pendant quatre annes suite un procs avec l'une des comdiennes, remont et retitr foison par le distributeur qui dcidera in fine de le faire passer pour un clone de LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE de Wes Craven, LAST HOUSE ON DEAD END STREET va purement et simplement disparatre du circuit cinmatographique dans l'indiffrence gnrale, y compris l'indiffrence de son auteur.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

Nanmoins, le film va peu peu gnrer une rputation sulfureuse dans les annes 80 car personne n'est alors capable de tracer l'historique de la fabrication du film. Ce dernier est sign sous pseudonyme et aucun protagoniste ne semble en rclamer la paternit. Le thme du snuff movie voqu par le film prend donc une paisseur d'une irascible efficacit face cette chose non signe circulant sur des cassettes vido issues des marchs pirates. Le film va devenir culte pour une poigne de cinphiles alternatifs, autant pour ce sentiment de curiosit malsaine que pour le challenge de lever les mystres entourant cette œuvre n'appartenant personne. La fin de l'histoire arrive dans les annes 2000 o Roger Watkins merge enfin sur internet pour reprendre possession de ses crdits d'auteur et de metteur en scne. Suite l'chec aussi bien commercial qu'artistique de LAST HOUSE ON DEAD END STREET, l'homme avait purement et simplement tourn la page et ralisait des pornos.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

Visionner LAST HOUSE ON DEAD END STREET dbarrass de sa lgende est dsormais une exprience particulire. D'un point de vue purement cinmatographique, le film est trs mauvais. La narration est en roue libre (certes, le distributeur y a prodigu des coupes), le rythme est souvent apathique, le jeu des acteurs absolument grossier, la post-synchronisation des dialogues est pathtique et le tout ne prodigue aucune sorte de dbut de rflexion alors que le sujet tendait pourtant plusieurs perches. Nous sommes dans l'amateurisme le plus total. Une bande stupide fagote par des gens sans talent. Et pourtant, aussi trange que cela puisse paratre, LAST HOUSE ON DEAD END STREET dgage quelque chose. Quelque chose de noir, de malsain. Quelque chose qui semble venir directement du personnage de Watkins et de la mise en abme qu'il opre en interprtant en quelque sorte son propre personnage. Ce portrait de metteur en scne sans talent, prt tout pour marquer le cinma de son empreinte, respire la haine et le fantasme de toute puissance. Inconsciemment, Watkins cre un parallle trs intressant entre une quipe de cinma et une secte, en l'occurrence une secte marchant sur les plates bandes d'un groupe style Charles Manson.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

Le but avou et (sur)proclam de LAST HOUSE ON DEAD END STREET est de choquer le spectateur. Le film enchane alors les scenettes trash allant de l'nuclation la pereuse la torture au fer rouge, en passant par une sance de fouet sur une jeune femme au visage maquill comme les comdiens de music hall qui incarnait les caricatures d'hommes noirs. Le clou du film, la cerise sur l'ordure, est une sance de dmembrement sur une victime vivante. Une scne qui prfigure les fascinations trash et voyeuristes qui exploseront une quinzaine d'annes plus tard avec l'un des volets de la srie japonaise des GUINEA PIG. Efficace l'poque, cette squence est malheureusement bien dpasse, la faute des effets spciaux mdiocres et une mise en scne bourrine. Le dtail sadique du rveil de la victime par ses bourreaux constatant que cette dernire s'est vanouie sous la douleur fait pourtant froid dans le dos.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

L'ambiance poisseuse de LAST HOUSE ON DEAD END STREET ne repose donc pas sur ses scnes gores qui ne marchent pas, ou plus. Elle est plutt alimente par une ambiance d'hystrie attise par Watkins et sa bande dont le comportement (on n'ose pas parler de jeu d'acteur) est fortement conditionn par les drogues que l'quipe consommait allgrement sur le plateau de tournage. Avanant sans scnario, Watkins improvisait le film au jour le jour, quitte se confondre avec son homologue de fiction. Cette ambiance de mauvais trip agglomre tous les dfauts du mtrage, commencer par les dfauts techniques, pour renforcer l'inconfort provoqu par le film. Ce dernier devient comme une sorte de making-of d'un tournage hallucin excut par des gens transis dans leurs fascinations extrmes, avanant littralement masqus sur le chemin tortueux de la morbidit. Jusqu' aboutir une vraie scne choc, une scne de crudit absolue lorsque l'une des sbires fminine du gourou oblige une victime homme lui faire une fellation sur un pnis simul par une patte de biche. Une ide crasse et vulgaire qui nous hante en premier lieu aprs le gnrique de fin.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

N'esprez pas dcouvrir LAST HOUSE ON DEAD END STREET dans des conditions techniques dignes d'un support numrique. Les 30 ans d'invisibilit du film se sentent sur la qualit de la copie qui est, l'instar de ses homologues trangers, purement excrable. Rayures, poussires, voilures, instabilit, scratch de son, souffle permanent, changement de master (style VHS de dizime gnration) pendant la scne d'ventration? Difficile de faire pire. Mais, encore une fois, la mdiocrit de la copie ne fait que renforcer l'impact du film, son ct crapoteux, son ct vieux film documentaire. Le film est techniquement dgueulasse, et c'est justement parfait comme a.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

La section bonus est bien charge puisqu'elle reprend la plupart des supplments du double DVD amricain en les sous-titrant en franais. Commenons par le commentaire audio de Roger Watkins accompagn de Chas Balun, un journaliste comptant parmi les premiers fans du film. Devant le film, Watkins a quelque peu raval sa fiert mme s'il se plaint rgulirement des diffrentes coupes opres par le distributeur. L'homme s'extasie parfois sur des plans la composition mdiocre, citant mme Stanley Kubrick au dtour d'une image. Heureusement, Balun est l pour dtendre l'atmosphre et remettre le film sa place : une bobine d'exploitation au parcours atypique. L'ensemble se poursuit donc dans la bonne humeur et la lgret, crant une trange distance supplmentaire avec les images du film.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

Des bonus audio, il y en aura d'autres car l'dition nous propose un long entretien entre Watkins et son acolyte/comdien Ken Fisher pour le compte d'une radio locale, mais aussi un journal intime du tournage de LAST HOUSE ON DEAD END STREET sous forme d'enregistrement de conversations tlphoniques. Cumulant deux bonnes heures d'coute laborieuse, ces deux bonus nous dressent en creux le portrait de Watkins l'poque : un chien fou persuad de son talent (il parle de prsenter son film au Festival de Cannes) mais ne dgageant qu'un sentiment indisposant de paranoa.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

Sur le modle des chutes de montage du DVD de EVIL DEAD proposant des images ou des prises indites, LAST HOUSE ON DEAD END STREET nous gratifie des fonds de poubelle de la salle de montage sur une vingtaine de minutes de prises cartes. Les images n'ont absolument aucun intrt et se concentrent sur des squences de remplissage (comme lorsque Watkins marche dans la neige au dbut du film). Autre trsor historique, nous trouvons des squences alternatives d'une version antrieure du film, l'poque o celui-ci s'appelait THE FUN HOUSE. Rien de bien croustillant se mettre sous la dent non plus, car ces squences se contentent de nous prsenter le gnrique de dbut et de fin lgrement modifis. Dernier vestige li au film, son trange bande-annonce n'ayant aucun lien avec le mtrage et qui s'amuse plagier la tagline de LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE en mettant en scne un ersatz de la petite fille de L'EXORCISTE.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

Toujours repris de l'dition amricaine, quatre courts-mtrages de jeunesse de Watkins nous sont offerts avec un commentaire audio du metteur en scne. Nous ne pourrons pas visionner les films sans les propos de Watkins pour la simple et bonne raison que ces derniers sont muets par nature ou parce que le cinaste en herbe avait utilis de la musique copyrighte sans en avoir les droits. Que ce soit le petit film ralis ses douze ans ou bien le court tourn la fin de ses tudes, force est de constater que le rsultat est uniformment nul et pnible regarder. Ce qui n'empche pas Watkins de s'extasier sur l'un ou de descendre un autre via un jugement de valeur qui laisse perplexe.

Photo : LAST HOUSE ON DEAD END STREET, THE (NEO EDITION)

Dernier bonus de ce copieux disque, et pas des moindres puisqu'il est exclusif au disque franais, un petit documentaire sur le film donnant successivement la parole au ralisateur Frank Henenlotter (BASKET CASE) et aux journalistes Romain Le Vern et Frdric Thibaut. Tandis qu'Henenlotter nous parle du film en se remmorant sa dcouverte dans un cinma New-yorkais mal fam, les journalistes font le lien avec la carrire maudite du mtrage et sa rsurrection surraliste. Une excellente synthse du cas LAST HOUSE ON DEAD END STREET, visionner en priorit.

Eric Dinkian

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