Suite aux essais nucléaires français à Mururoa, un inoffensif lézard
mue en un monstre destructeur de plus de cent mètres de haut : Godzilla.
Parcourant les océans à la recherche d'un lieu douillet pour nidifier,
la bête se repaît de cargos de poissons avant de débarquer à New-York:
endroit idéal pour toutes les personnes en marge de la société. Les
autorités américaines vont déployer des moyens colossaux pour stopper
la progression du monstre et engagent Nick Tatopoulos (Matthew
Broderick), un scientifique spécialisé dans les mutations animales
engendrées par le nucléaire. Les services secrets français de la DGSE
sont aussi de la partie, avec à leur tête Philippe Raoché (Jean
Reno), et comptent réparer les erreurs passées.

Commençons par les aspects
positifs de ce DVD. L'image est somptueuse, très précise; le son est
aussi de la partie avec des graves déployant une rare énergie et qui
mettront à mal votre caisson de basse. L'interactivité n'est pas en
reste proposant cinq bandes-annonces (on appréciera surtout les deux
trailers des GODZILLA de la TOHO
: GODZILLA VS KING GHIDORAH et GODZILLA AND MOTHRA : THE BATTLE
FOR HEARTH), une featurette, des galeries photos et biographies
ainsi qu'un un clip vidéo de Heroes : the wallfowers. On pourra regretter
l'absence de Puff Daddy et de Jamiroquaï ainsi que des sous-titres pour
les commentaires.

Godzilla est un véritable
film "catastrophe". Comme souvent, le meilleur nous a été présenté dans
les bandes-annonces et il nous reste peu de choses pour nous emballer.
Et cela commence mal: avec une "Marseillaise" sur des images d'explosions
nucléaires censées nous expliquer la naissance de Gojira (deux mots
collés signifiants "gorille" et "baleine", "Godzilla" étant une adaptation
pour le public américain). Pour la petite histoire, rappelons que notre
monstre nippon est né dans les années 50 et stigmatisait, alors, la
peur nucléaire suite aux bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Les
scénaristes collent avec l'actualité mais ont surtout trouvé une formidable
opportunité pour ne pas froisser le public américain. Ensuite, on a
du mal à s'intéresser aux personnages (concept pourtant essentiel dans
un blockbuster): Nick Tatopoulos (clin d'oeil au designer français et
collaborateur de Roland
Emmerich : Patrick
Tatopoulos) est vraiment trop naïf et se fait avoir comme un bleu
par son ex petite-amie, l'ambitieuse journaliste Audrey Timmonds (Maria
Pitillo), qui se révèle finalement comme l'être le plus monstrueux
du film: un comble!
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Roland
Emmerich et Dean
Devlin voulaient faire plus qu'un simple remake, ils ont carrément
relooké Godzilla avec plus ou moins de bonheur. L'agilité et la vélocité
du mutant font partie des bonnes idées car elles apportent du rythme
au film, oubliez donc la démarche pataude du lézard atomique. Par contre,
Godzilla et sa progéniture ressemblent trop à leurs cousins T-Rex
et vélociraptors de JURASSIC PARK et ont un chalutier de retard.
Paradoxalement, ce sont les militaires qui se chargent des destructions
les plus importantes. En effet, le réalisateur, sans doute conscient
de la laideur de son personnage central, pousse le vice jusqu'à cacher
son monstre dans les égouts de la Big Apple !

Le film arrivant péniblement
à retenir notre attention au bout d'une heure, les scénaristes tentent
de relancer l'intrigue avec les bébés Godzilla mais c'est trop tard;
on se désintéresse du sort des héros et on ne souhaite qu'une chose....
que le monstre les croque tous! Si vous voulez tester votre installation,
GODZILLA est une bonne référence pour épater vos amis. Sinon,
passez votre chemin car le film a le mérite de relever le niveau d'une
autre réalisation du couple Emmerich/Devlin
: INDEPENDENCE DAY. Espérons qu'ils n'exploiteront pas le cliffhanger
pour donner une suite aux aventures américaines du héros kitchissime
et mythique nippon.
Pierre-Yves
Taczynski


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