LA PLANETE DES SINGES, c'est un peu toute notre enfance à
Nadia et moi. Maintes fois diffusés, nous connaissons à
présent par coeur les trois premiers opus de la série.
Le quatrième épisode, un peu moins connus et pourtant
très réussi, fut moins diffusé. Et ne parlons pas
du cinquième qui a plus de points communs avec un téléfilm
qu'autre chose. Mais je m'égare. En effet, la FOX ne sort en
France que le tout premier volet de la saga. Dommage puisqu'un coffret
existe aux Etats-Unis avec les cinq films accompagnés d'un sixième
DVD contenant un documentaire. Espérons que les ventes du premier
film soient assez conséquentes pour que la FOX change d'avis
et nous sorte les quatre autres films.

Taylor, le personnage joué
par Charlton Heston, est
cynique. Sa motivation pour la mission qui l'échoue 2000 ans
plus tard sur une planète hostile était l'envie d'échapper
à l'humanité. Pour lui, rien de bon n'allait arriver sur
Terre alors pourquoi ne pas s'en échapper pour un bon moment
et pourquoi pas recréer un univers plus idyllique ailleurs. Il
ne croit en rien et n'hésite pas à fustiger de manière
indirecte l'Amérique et ses héros. L'ironie du sort lui
enverra un pied de nez final où il finira par comprendre que
son pessimisme envers les êtres humains s'avère justifié
!

C'est, en effet, le pessimisme
qui prédomine. A présent, un tel film aurait peut être
du mal à passer les projections tests. Pas de happy-end. Et une
histoire où nous sommes tous mis à mal. La société
des singes, qui se veut supérieure à celle des humains,
n'est pas meilleure. Un gouvernement qui rappelle l'inquisition où
l'on ne va pas à l'encontre de la religion même s'il y
a des preuves irréfutables. On y retrouve des problèmes
de races : chimpanzés, gorilles et orang-outans. La vivisection
ou la violence à l'encontre des animaux, autant dire qu'en ne
voulant pas marcher sur les traces des êtres humains, les singes
n'ont pas forcément fondé une meilleure société.
Mais de toutes façons, pour l'homme, il n'y a point de salut
en continuant dans la voie qu'il s'est tracé. Il finira par faire
péter la planète d'une manière ou d'une autre.
Je dévoile la fin... Ne m'accusez pas, elle se retrouve sur les
deux côtés de la jaquette du DVD. On peut aussi voir tout
cela comme un retournement de situation où la nature punit l'humanité
en la pourchassant comme s'il s'agissait de vulgaires animaux.

Le pessimisme, Charlton
Heston connait. L'acteur s'est illustré dans plusieurs productions
fantastiques où l'humanité n'a pas un futur très
glorieux. C'est le cas par exemple de LE
SURVIVANT (THE
OMEGA MAN) inspiré du livre de Richard
Matheson et plusieurs fois adapté au cinéma. Ou de
SOLEIL
VERT...

Tiré d'un livre de
Pierre Boulle,
LA PLANETE DES SINGES était, à l'époque,
difficilement adaptable tel quel. Des modifications et simplifications
ont donc été apportées. Comme c'est toujours le
cas, il y a les défenseurs du livre original pestant contre l'adaptation.
Pourtant, ce que voulait dire le livre est démontré ici.
Il n'y a pas vraiment de trahison. Cela aurait d'ailleurs été
un choc puisque l'un des deux scénaristes chargés d'adapter
le livre n'est autre que Rod
Serling. Oui, Monsieur LA QUATRIEME DIMENSION (THE
TWILIGHT ZONE).

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Pour recréer l'univers
de LA PLANETE DES SINGES, il fallait déjà créer
des singes capables de parler. C'est le maquilleur John
Chambers qui réalisa le travail. Il fut d'ailleurs récompensé
par un oscar pleinement justifié. Par la suite, il continua de
travailler sur toutes les suites du premier film et l'une de ces autres
créations marquantes fut la conception des animaux de la version
de L'ILE
DU DOCTEUR MOREAU avec Burt Lancaster.

Comme ça, pour l'anecdote,
il n'y a qu'un seul acteur à avoir participé à
toute la série si l'on excepte le second film. Il s'agit bien
sur de Roddy McDowall
qui incarnait le rôle de Cornelius dans les trois premiers films
puis celui de son fils, César, dans les deux derniers. Mais ce
n'était pas fini pour lui, puisqu'il rempila en prenant le rôle
de Galen dans la série télévisée qui continuait
d'une manière alternative l'univers des films.

Il n'y a rien à dire.
Le transfert de l'image est magnifique. On notera quelques petits problèmes
de pellicule qui rappellent le passage inexorable du temps, comme c'est
le cas au début du chapitre 12 par exemple, mais en dehors de
cela, on obtient une image exemplaire. Au niveau du son, le remix en
Dolby Digital 5.1 ne s'imposait pas vraiment. Il est parfois préférable
de garder une bande-son originale plutôt que de vouloir à
tout prix vendre du multi-canaux. Il faut déjà savoir
que le film a été tourné à la base en Stéréo.
Donc, pas de voix centrale ou de véritables canaux arrière.
Dans les années 80, les cinq films ont été remixés
en Surround par Chace. Une boîte spécialisée dans
ce genre de travauxl comme ColorImage est spécialisée
dans la colorisation des films en noir et blanc. Ces versions avaient
été présentées sur K7 Vidéo et Laserdisc.
A présent, c'est donc un mixage Dolby Digital 5.1 qui nous est
offert en anglais, français et italien. Ne vous attendez donc
pas à des effets saisissants. Au contraire, la bande-son est
d'une grande sobriété en ce qui concerne les canaux arrières.
Ce qui n'est pas plus mal et ne dénature donc pas la bande-son
originale. Essentiellement, ce sera la musique qui passera dans les
canaux arrières pour donner une impression enveloppante.

La déception vient
de ce que l'on nous propose à côté du film. La galerie
de photos de tournage est sympathique mais un peu courte. On sera par
contre très content d'avoir sur un même disque les bandes-annonces
des cinq films. A part cela ? Rien d'autre ! Un tel film aurait
mérité au minimum la présence du documentaire présenté
aux Etats-Unis sur un disque séparé dans le coffret. La
FOX sort en même temps deux films qui sont chacun accompagné
d'un disque supplémentaire contenant les suppléments (ABYSS
et INDEPENDENCE
DAY). LA PLANETE DES SINGES aurait donc pu être
proposé dans un boîtier double avec le documentaire. Arrêtons
de rêver puisque ce n'est pas le cas.

Un manque de suppléments
qui ne saura pas gâcher le plaisir que l'on pourra avoir en redécouvrant
chez soi dans des conditions optimales ce monument du cinéma
fantastique et de science-fiction.
Christophe
"Arioch" Lemonnier
Au moment où
cette critique fut réalisé, le coffret PLANETE DES
SINGES reprennant les cinq films et un long documentaire n'était
pas encore sortis.
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