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 FILM INFOS

 Titre original

 DJANGO UNCHAINED

 Année

 2012

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Quentin Tarantino

 Scénario

 Quentin Tarantino

 Acteurs

 Jamie Foxx
 Christoph Waltz
 Leonardo DiCaprio
 Kerry Washington
 Samuel L. Jackson
 Walton Goggins
 Dennis Christopher
 James Remar
 Don Johnson
 Bruce Dern
 Don Stroud
 Russ Tamblyn
 Tom Savini
 Michael Parks
 Zoe Bell

 

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 POSTERS

 
 DJANGO UNCHAINED

 

Que peut-on dire d'un film de Quentin Tarantino ? Qu'il est bavard ? Violent ? Sanglant ? Multi-rfrentiel ? DJANGO UNCHAINED est videmment tout cela mais pas forcment dans des proportions trs quilibres. Cela fait bien des annes que le cinaste nous parle de son projet de Western. Un genre qui plane d'ailleurs sur la plupart de ses films ; il avait mme prsent INGLOURIOUS BASTERDS comme un Western spaghetti englob dans l'univers de la Seconde Guerre Mondiale. Mais cette fois, a y est, aprs avoir dtourn le film noir, la blaxploitation, le film d'arts-martiaux, le slasher et le film de guerre, Tarantino se fait le Western. Et louche d'emble vers sa version italienne, forcment. En reprenant le nom d'un des plus clbres personnages du genre, il rend la fois hommage au film de Sergio Corbucci de 1966 (qui rvla Franco Nero) et la quarantaine d'oeuvres portant son nom. Je suis heureux de dire que nous sommes une nouvelle dition de ces suites n'ayant aucun rapport..., explique-t-il avec malice.

Photo : DJANGO UNCHAINED

Mais, paradoxalement, DJANGO UNCHAINED ne regorge pas de rfrences au Western italien, hormis la prsence de nombreuses musiques de Ennio Morricone, Luis Bacalov ou Riz Ortolani (DJANGO, bien sr, qui ouvre le film, mais aussi LE DERNIER JOUR DE LA COLERE, ON L'APPELLE TRINITA, ON M'APPELLE KING...). Certains des films de Tarantino taient beaucoup plus redevables au genre : l'oreille coupe de RESERVOIR DOGS renvoyait justement DJANGO ; le tueur dclamant des versets bibliques dans PULP FICTION rfrenait un personnage de LA BRUTE LE COLT ET LE KARATE ; la mort des parents de O-Ren Ishii dans KILL BILL VOLUME 1 tait inspire visuellement par LA MORT ETAIT AU RENDEZ-VOUS... Ici, les combats d'esclaves sont plutt aller chercher du ct de L'ENFER DES MANDINGOS avec Pam Grier et le chasseur de primes noir a pour modle Fred Williamson dans BOSS NIGGER de Jack Arnold.

Photo : DJANGO UNCHAINED

En ralit, la rfrence de Tarantino semble tre lui-mme ou plus exactement son dernier film, INGLOURIOUS BASTERDS. Pour la deuxime fois, il se confronte l'Histoire et la revisite sa faon. Aprs le nazisme, il rgle son compte l'esclavage ; le flau est abattu par des personnages jusqu'au-boutistes. Du rvisionnisme funky totalement rjouissant. Mais beaucoup d'autres choses rappellent trop le film prcdent pour vraiment surprendre. Auparavant, quand les personnages de Tarantino s'asseyaient une table pour boire ou manger, ils discutaient de tout et de rien (de Madonna, de milk-shakes, de films de bagnoles...). Avec INGLOURIOUS BASTERDS, la conversation n'est plus aussi anodine, elle cache quelque chose. La longue scne de la cave o les basterds sont confronts un officier de la Gestapo qui les dmasquent trouve un cho troublant dans DJANGO UNCHAINED : les chasseurs de primes King Schultz, un Allemand, et Django Freeman, un esclave affranchi, sont la table du planteur ngrier Calvin Candie qui va, lui aussi, dcouvrir leurs vritables intentions en arrivant (enfin) au dessert...

Photo : DJANGO UNCHAINED

Et de l dcoule un autre dfaut : la longueur. Avec ses deux heures et quarante quatre minutes, c'est le plus long film de Tarantino. Sans que l'on sache vraiment pourquoi. Le dernier tiers se trane, c'est une vidence, alors que le rythme tait auparavant trs soutenu. Le gimmick consistant planter un dcor, y faire venir les personnages et les faire causer et s'affronter devient lassant. Entendons-nous bien : les dialogues sont excellents et les situations souvent surprenantes. Mais vingt minutes de moins n'auraient pas nui l'oeuvre, loin de l. Les fusillades, nombreuses, sont de la mme veine que les mitraillages du commando anti-nazi et aussi sanglantes que les combat de sabres de KILL BILL. Alors ? A l'instar de Dario Argento, Quentin Tarantino serait-il toujours condamn faire le mme film ? Peut-tre, mais on reste tout de mme dans le haut vol. DJANGO UNCHAINED reste, sinon un grand Western, un excellent film.

Photo : DJANGO UNCHAINED

Niveau casting, comme d'habitude (cela n'a rien de pjoratif), on retrouve d'anciennes vedettes (Don Johnson, Bruce Dern, Don Stroud ou encore Russ Tamblyn, ces deux derniers sont mconnaissables...), des potes du ralisateur (Tom Savini, Michael Parks, Zo Bell...) et des contre-emplois savoureux, comme Leonardo DiCaprio en ngrier abjecte mais convaincu de sa bonne foi ainsi que Samuel L. Jackson (vieilli) en responsable de maison servile qui fait le jeu des blancs. Christoph Waltz est fabuleux en chasseur de primes dont la gentillesse et les bonnes manires rappellent le colonel SS Landa. Un regret : que l'apparition de Franco Nero n'en soit justement qu'une et que Tarantino ne lui ait pas crit un rle plus toff.

Philippe Lombard

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