COMEDOWN - Chronique/Critique/Review Film (http://www.devildead.com)

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 FILM INFOS

 Titre original

 COMEDOWN

 Année

 2012

 Nationalité

 Angleterre

 Réalisation

 Menhaj Huda

 Scénario

 Steven Kendall

 Musique

 Theo Green

 Acteurs

 Duane Henry
 Sophie Stuckey
 Jessica Barden
 Adam Deacon
 Jacob Anderson
 Calum MacNab
 Geoff Bell
 Christos Lawton

 

 POSTERS

 
 COMEDOWN

 

Le nul est-il festi-lavable à Cannes ? Non, à en juger COMEDOWN, car même lavé à 90°, il existera toujours cette odeur de médiocrité ambiante dans quelque lecteur DVD et Blu ray du monde. Il est inimaginable qu’un tel produit puisse sortir en salles mais il a déjà été acheté, semble t'il, par E One pour une distribution vidéo sur le marché français.

Photo : COMEDOWN

Fraichement sorti de prison, le chef d'un groupe de jeunes lascars londoniens a pour mission d’installer une antenne pirate au sommet d’une tour abandonnée. La bande connaît bien les lieux puisque ses membres y ont grandi auaparavant. Et ils réalisent assez vite qu’ils ne sont pas tout seuls, bloqués dans la tour désormais fermée. A partir de là, comme par enchantement scénaristique, il se font dézinguer un à un.

Original, non ? En plus, la raison invoquée est cette foi-ci i-d’installer une antenne pour diffuser la musique d’un DJ quelconque pour le compte d’un caïd lambda. C’est juste n’importe quoi. Bref. Pour mieux situer le produit, il faut imaginer un croisement de films de djeunz cool tendance branchitude urbaine à l’anglaise. Donc SHANK ou ATTACK THE BLOCK, et encore nous sommes gentil car ce sont des titres faisant partie du haut du panier. Ensuite une bordée de dialogues à base de jurons, d’insultes, le tout se déroulant dans un tour d’habitation désaffectée. En gros, un démarquage de LA HORDE, mais en moins grossier. On y ajoute un louchée de fumette, de pilules d’ecsta, de bière, l’inévitable femme enceinte qui va catalyser le tout. On met tout ça au shaker et hop, voilà le premier tiers du film.

Rapidement, les protagonistes constatent qu’un autre gang se trouve à faire des affaires sur d’autres étages. Mais surtout une ombre menaçante se faufile de pièce en pièce et manie les armes blanches avec dextérité. En fait, on assiste à une résurgence (un chant du cygne ?) d’un néo-torture porn. Avec sa cohorte de mise à morts gratuites à grands coups de clous dans la tête, de scie sauteuse, de pièges divers élaborés dans la tour. Une inspiration clairement puisée dans la saga SAW et celle naissante de THE COLLECTOR.

Mais ce n’est pas tout ! Car COMEDOWN est également un film de couloirs... Donc... Longs travellings avant dans des couloirs sombres, caméras à l’épaule-shakycam dans des corridors ténébreux, scènes de suspens dans des passages vides et emplis de pénombre. De temps à autre, un effet-peur pour faire sursauter l’auditoire, un couteau qui transperce une gorge «parce qu’il le vaut bien». Et comme la tour compte bien une trentaine d’étages, ça tombe bien : encore plus de couloirs à filmer.

Photo : COMEDOWN

Le principal problème de COMEDOWN, si l’on passe son écriture lâche, c’est sa longueur. 97 minutes qui se révèlent assez ennuyeuses malgré les rebondissements qui se succèdent. La faute à des personnages sans aucun relief, compartimentés dans d’uniques traits de caractère : le repris de justice amoureux, la "biatch" blanche, le géant noir benêt, l’énervé de service, le suiveur, et la blonde amoureuse du rebelle (et enceinte). A aucun moment le film ne tente de se départir de son schéma tout tracé. On attend donc patiemment que les jeunes débiles y passent tous. Et comme dans 99% des films de genre, on comprend rapidement qui va s’en sortir, à l’instar de MUTANT AQUATIQUE EN LIBERTE, par exemple. La menace est différente, mais le résultat est le même. Le reste n’est que poussière et péripéties de plus ou moins bonne augure.

Le scénario tente ben de développer plusieurs pistes quand aux menaces mises en place mais il abandonne rapidement tout ambition pour se rabattre sur un méchant surhumain qui s’est réfugié dans la tour. Pourquoi ? On s’en fiche et, de toute façon, ça n’intéresse pas les auteurs. On sent comme une impasse scénaristique dans la justification des actes et des tortures infligées. Mais ça n’est pas grave car il faut donner au spectateur ce qu’il est venu voir : des djeunz de banlieue se faisant équarrir sur un heure et demie. Changer les lieux, les fringues, les dialogues ne modifie en rien la matrice originelle : ça restera toujours un psychokiller à la con qui dégomme du jeune au kilomètre.

COMEDOWN n’est pas un produit original pour deux euros. Ceci dit, il trouvera certainement un débouché sur le marché du DTV de par son décorum urbain et ses meurtres gores. Mais ça ne trompera que momentanément le chaland qui constatera rapidement que le film n’est pas bon du tout.

Moralité du métrage : «la drogue, les antennes et faire peur aux pigeons, c’est le mal !».

Francis Barbier

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