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 FILM INFOS

 Titre original

 SEXE QUI PARLE, LE

 Autres titres

 PUSSY TALK

 Année

 1975

 Nationalité

 France

 Réalisation

 Claude Mulot

 Scénario

 Claude Mulot
 Didier Philippe-Gérard

 Musique

 Mike Steïthenson

 Acteurs

 Claudine Giret
 Béatrice Harnois
 Sylvia Bourdon
 Ellen Earl
 Jean-Loup Philippe
 Vicky Messica

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Blue One

Format Disque

Double face - Simple Couche

Durée

88 minutes

Format Image

Format Sonore

Francais

English

Spanish

Sous-titrages

Aucun

 

 SUPPLEMENTS

 •Scène coupée (3mn05)
 • Bande annonce

 

 ON AIME

• Les plans intra-vaginaux
• La voix française du sexe
• La séquence du Pinocchio

 ON N'AIME PAS

• Sylvia Bourdon et son personnage

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 LE SEXE QUI PARLE

 

Joëlle est mariée à Eric mais un beau jour, l’équilibre du couple est mis en péril par le sexe de Joëlle. Celui-ci se met en effet à parler et n’hésite pas à faire preuve d’une vulgarité croissante. Pire, il prend le contrôle de Joëlle et la pousse à multiplier les partenaires ainsi que les aventures sordides. Joëlle tente alors de se suicider mais Eric parvient de justesse à stopper ce geste de désespoir. L’homme entend bien venir à bout de ce sexe bavard mais pour cela, il devra d’abord tendre l’oreille aux revendications vaginales et en apprendre davantage sur le passé tourmenté de son épouse…

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Parlons d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître et abordons ce qu’il est aujourd’hui commun d’appeler «l’âge d’or du cinéma pornographique» en France. Cette période post-soixante-huitarde qui vit naître et mourir l’«interdiction d’interdire» et qui apporta en une poignée d’années (voire de mois) seulement les plus intéressantes pellicules sexuellement explicites du cinéma français. Nous sommes en avril 1974 lorsque George Pompidou décède et laisse la place à un Valérie Giscard d’Estaing dont la bouche est alors pleine de promesses. Parmi celles-ci figure en bonne place la mise à mort de la censure officieuse qui sévit au sein du paysage cinématographique français. Bien évidemment, une fois installé à l’Elysée, les dires électoraux sont vites oubliés et les priorités sont largement révisées. L’arrivée de Michel Guy au Ministère de la culture va cependant bouleverser les choses et l’une des premières mesures du monsieur sera de mettre un terme aux «suggestions de coupes» de la commission. Dès lors, tous les films peuvent accéder aux salles de cinéma et EMMANUELLE ira jusqu’à s’afficher de nombreux mois sur la plus belle avenue du monde. Le succès est immédiat et surtout démesuré. Aux productions érotiques succèdent donc très vite des films bien plus osés et en un an seulement, six millions de spectateurs se seront déplacés en salles pour y voir un porno. Le cinéma «charnu» joue bien vite des coudes avec les productions dites «traditionnelles». Véritable phénomène de société, le porno devient une industrie plus que rentable et c’est sans surprise que le gouvernement souhaite engloutir sa part du gâteau…

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Sous couvert de la bonne morale, le Président de la République invite donc le 8 octobre 1975 à la mise en place de mesures visant à concilier liberté d’expression et dignité humaine. La France voit donc l’arrivée le 31 octobre d’un décret annonçant le rehaussement de la TVA qui passera de 17,6 à 33.33% pour les films pornos. L’Etat prélèvera par ailleurs 20% des bénéfices de cette juteuse industrie et la T.S.A se verra majorée de 50%. La fesse étrangère fera l’objet d’une taxe forfaitaire de 300.000 francs (45.000 euros) ! La production de film à caractère pornographique ne recevra plus d’aides, pas plus que les exploitants de salles diffusant les films incriminés… Alors qu’elle était pleine d’une vigueur naissante, l’industrie du cinéma pornographique est donc saisie à l’entrejambe par un État qui n’hésite pas à presser tant qu’il peut. La loi X du 30 décembre 1975 ne fera que porter le coup fatal qui amènera EXHIBITION 2 à être purement et simplement interdit alors que le bien innocent EMMANUELLE 2 héritera pour sa part d’un classement X. Dès lors, la rentabilité d’un métrage à caractère sexuel n’est plus assurée, minimiser les risques implique la diminution des budgets et, sans surprise, de la qualité. Le glas du porno au cinéma venait de sonner…

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Sorti en salle le 5 novembre 1975, LE SEXE QUI PARLE fait donc partie des derniers «grands pornos» du cinéma français. De ces films mis en scène, joués et, comble de la folie, scénarisés ! En fait, le film de Claude Mulot (agissant sous son pseudonyme Frédéric Lansac) va même plus loin puisqu’il parvient justement à se vendre sur son seul scénario, annoncé par un titre des plus intrigants… A dire vrai, le concept n’est pas inédit puisqu’on en trouve trace dans une littérature vieille de plusieurs siècles. Ainsi trouve t’on dès le 14ème siècle un amusant fabliau anonyme (attribué à Garin) titré «Le chevalier qui fist parler les cons» (lisible dans l’ouvrage «Fabliaux érotiques» de la collection «Lettres gothiques»). Cette courte nouvelle nous comptait l’histoire d’un chevalier auquel trois pucelles donnèrent en remerciement le don de faire parler le sexe des femmes et, au besoin, leur cul ! Or, dans tous les récits de ce type, une donnée commune veut que les attributs féminins ne puissent en aucun cas mentir et ce, contrairement à leur propriétaire. Le chevalier du fabliau usera donc de cette propriété pour faire avouer les dames et ainsi faire fortune… Le conte sera repris et réadapté par d’autres mais nous noterons que l’idée du sexe volubile reviendra de manière significative au milieu du 18ème siècle. Anne-Claude-Philippe de Caylus (du moins on le suppose) livrera ainsi en 1747 un ouvrage intitulé «Nocrion, conte allobroge» dans lequel «Nocrion» est bien évidemment une anagramme de «con noir», un éloquent vagin. L’année suivante, Denis Diderot lui-même développera le concept en écrivant «Bijoux indiscrets», un recueil de trente essais dans lesquels un Sultan fait parler «la partie la plus franche en elles» des Dames grâce à un anneau magique…

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Bien que l’idée ne soit donc pas nouvelle, ce n’est pas dans la littérature que Claude Mulot et Didier Philippe-Gérard (sous le nom de Michel Barny) vont piocher l’idée qui aboutira sur le script du SEXE QUI PARLE. C’est en effet l’arrivée de GORGE PROFONDE en France qui donnera à nos deux hommes l’étincelle de départ. Le film mettant en vedette Linda Lovelace plaçait le clitoris de son héroïne dans sa gorge ? Qu’à cela ne tienne, notre duo français trouvera logique en ce cas de donner la parole à un vagin ! Cependant et comme nous l’avons vu, les attributs d’une femme ne peuvent en aucun cas mentir. Que peuvent donc avoir à raconter ceux de Joëlle ? Les premières minutes du métrage nous éclaireront bien vite lorsque, satisfait, Eric roule sur le côté et s’endort après trente secondes d’ébats mollassons ! Contre toute attente et surtout contrairement aux idées reçues, LE SEXE QUI PARLE est en effet un film pornographique au propos féministe. A travers le personnage de Joëlle, frustrée et non épanouie, c’est clairement de liberté sexuelle que l’on parle et du droit qu’a la femme de vivre son intimité comme elle l’entend et sans être jugée.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

L’idée de jugement sera ici présente via le personnage d’Eric, le mari pressé. Interprété par Jean-Loup Philippe, acteur que l’on peut voir dans LEVRES DE SANG et KILLING CAR de Jean Rollin, l’homme devra en effet faire face aux révélations du sexe bavard de son épouse. Le spectateur aura alors droit à une série de flashbacks nous contant les premiers émois de Joëlle, alors interprétée par la superbe Béatrice Harnois, elle aussi vue dans LEVRES DE SANG. Le premier saut dans le passé nous confrontera, lors d’une séquence mémorable, à la perte de l’innocence de la jeune femme. Pour ce faire, elle usera du nez d’un Pinocchio, symbole de la métamorphose et par extension du passage à l’âge adulte. Malgré l’aspect «scabreux» d’une telle séquence, Francis Leroi (producteur mais aussi réalisateur de quelques scènes dont celle-ci) fait alors preuve d’une grande élégance en ne dévoilant (pratiquement) que le visage de la demoiselle. La saynète est indiscutablement la plus réussie du film et ce même si les autres flashbacks dévoués à Béatrice Harnois (la «perversion» d’un prêtre et celle d’un professeur) se montrent eux aussi d’une grande qualité.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Via ces quelques séquences, le spectateur prendra conscience de la frustration qu’ont créée sur Joëlle les années mais aussi le poids d’une société moralement «bridée». L’époux se sentira du reste trahi et refusera d’entendre que sa femme ait pu être aussi «libre», l’assimilant alors à une catin. Chemin faisant, Eric comprendra enfin qu’il est la source de la rébellion du vagin de sa femme et acceptera de voir celle-ci non plus comme une épouse dévouée ou une putain mais comme une femme accomplie ainsi qu’une amante. Particulièrement intéressant, le scénario du SEXE QUI PARLE aborde donc des thèmes qui, s’ils sont toujours d’actualité, sont aujourd’hui totalement absents de la pornographie «bourrine» et décérébrée que l’on nous livre. En réalité, nous pourrions même aller jusqu’à dire que LE SEXE QUI PARLE est un film qui vaut davantage pour son scénario que pour ses séquences à caractère pornographique.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

En effet et si l’on excepte les flashbacks, celles-ci s’avèrent assez plates et sans grande imagination. La présence de Sylvia Bourdon au casting dans le rôle de la tante n’arrange du reste rien puisqu’en plus d’incarner un personnage antipathique, elle y apparaît grimée comme un raton laveur ! Joëlle sera pour sa part incarnée par une Claudine Giret désireuse de se cacher sous le pseudonyme ridicule de Pénélope Lamour. La «généreuse» actrice prendra ainsi le rôle qui fut tout d’abord envisagé pour Sylvie Meyer (LA BONZESSE). En effet, cette dernière était «pénalisée» par une poitrine trop menue ne pouvant en aucun cas succéder à celle, opulente, de la Joëlle adolescente jouée par Béatrice Harnois. Reste que Pénélope Lamour, malgré sa profession (stripteaseuse), n’avait alors pas d’expérience dans le milieu du «hard» et s’avère donc assez peu à l’aise lorsqu’elle est en présence de partenaires. Nous noterons d’ailleurs que la jeune femme est systématiquement doublée pour les séquences de pénétration. Plus étrange encore, Pénélope Lamour sera également doublée pour certaines autres séquences par une éponge et un balai brosse ! Claude Mulot ose en effet filmer une vue suggestive du fameux vagin ! Entendez par là que la caméra nous place à l’intérieur de l’intimité de l’actrice, regardant ainsi vers l’extérieur les différents interlocuteurs. Étonnantes, ces scènes apportent bien évidemment une touche de comédie renforcée à chacune des prises de parole du sexe. Celui-ci s’exprime en effet grâce à une voix trafiquée des plus aigues et nasillardes, laquelle pourrait s’apparenter à la fameuse et désagréable voix-off de BABY BLOOD. Chaque monologue vaginal, pourtant vulgaire et/ou grave, provoquera ainsi le sourire, voire le rire franc.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

S’il n’est bien évidemment pas exempt de défauts, LE SEXE QUI PARLE est donc un film qui marie à merveille la pertinence du propos et un second degré agréable. Un peu faible sur le pur plan «pornographique», l’œuvre de Claude Mulot compense donc sans mal en offrant notamment un regard intéressant sur la fin des années 60 et la libération sexuelle alors en vogue mais bien souvent mal acceptée. En plus de cela, LE SEXE QUI PARLE se paye le luxe d’égratigner gentiment la presse à scandale via un journaliste cherchant coûte que coûte à interviewer la foufoune gueularde. Voilà bien une richesse qui, pour un «porno», a de quoi surprendre ! Le jury du premier (et unique, nous avons vu pourquoi) Festival du Film Pornographique de Paris ne s’y trompera du reste pas et offrira à juste titre le Grand Prix au métrage de Claude Mulot. LE SEXE QUI PARLE connaîtra sans surprise une suite particulièrement médiocre en 1976, ne retenant que l'aspect «ludique» au détriment de l'intelligence.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Pour découvrir le film de Claude Mulot en DVD, il faudra se tourner vers l'éditeur Alpha France qui a sorti il y a quelques temps déjà bon nombre de pornos des années 70. Nous avions d'ailleurs déjà chroniqué le duo CAFE FLESH proposé par ce même éditeur... Là encore, il vous sera possible de trouver non pas un, mais deux métrages sur une même galette (double face). LE SEXE QUI PARLE sera ainsi accompagné d'un autre métrage de Claude Mulot / Frédéric Lansac, à savoir LA FEMME OBJET qui sera le sujet d'une autre chronique.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Revenons-en au film qui nous intéresse ici et dont la copie se voit proposée via son ratio d'origine 1.85. Malheureusement, l'encodage a été réalisé en 4/3, causant une perte de définition assez regrettable. Nous noterons par ailleurs que l'image accuse clairement son âge et affiche, en plus d'un grain très prononcé, de nombreux artefacts et griffures. Ajoutons que la colorimétrie a une tendance à virer au jaune et s'amuse par instants à varier sur un même plan ! Ne soyons pas trop durs toutefois, reconnaissons que l'image est acceptable et que l'éditeur a sans doute fait au mieux, comme en témoigne le reste des spécifications du DVD.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Ainsi, nous aurons le choix entre trois pistes sonores en mono et encodées en Dolby Digital sur deux canaux. La version originale française bien entendu mais aussi les doublages anglais et espagnol. Ces deux dernières pistes pourraient fort logiquement être négligées par le spectateur français mais ce serait passer là à côté d'une véritable curiosité. En effet, l'Espagne a fait le choix pour le moins étrange d'attribuer au sexe de Joëlle une voix d'homme non trafiquée ! Les revendications fleuries du vagin bavard prennent dès lors une bien étrange tournure et la facette féministe du métrage en prend indiscutablement un coup ! Reste que sur le plan technique, les trois pistes remplissent leur contrat, sans luxe certes mais elles délivrent des dialogues clairs et c'est bien là l'essentiel.

Photo : SEXE QUI PARLE, LE (PUSSY TALK)

Ne nous arrêtons pas là et poursuivons avec la section des suppléments puisqu'à notre grande surprise, celle-ci existe bel et bien ! Outre la longue bande-annonce française, nous pourrons ainsi découvrir une scène coupée d'un intérêt non-négligeable. Celle-ci dure un peu plus de trois minutes et devait s'intégrer après que le sexe de Joëlle ait révélé son passif à Eric. La saynète nous montre alors Eric en proie au doute, errant dans la rue et répondant à l'appel d'une prostituée. Bien que ce ne soit pas elle, Eric la perçoit sous les traits de Joëlle et s'il la suit, il refuse en revanche de lui faire l'amour... Particulièrement intéressante, cette séquence accentue donc encore l'incompréhension du personnage d'Eric et son sentiment d'avoir été «trahi» par son épouse. A ses yeux, elle n'est pas la femme «sage» qu'il imaginait mais une vulgaire putain, une femme à la sexualité active. Cette vision machiste nous apparaît aussi comme très réaliste et très révélatrice d'une époque où la libération sexuelle était en cours, mais pas acquise (elle ne l'est d'ailleurs toujours pas !). Aussi, on ne peut que regretter qu'elle fût coupée du métrage mais en revanche saluer Alpha France pour l'avoir proposé en bonus.

Xavier Desbarats

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