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 FILM INFOS

 Titre original

 GHOST SHIP, THE

 Autres titres

 VAISSEAU FANTOME, LE
 

 Année

 1943

 Nationalité

 Etats-Unis

 Réalisation

 Mark Robson

 Scénario

 Donald Henderson Clarke
 Leo Mittler

 Musique

 Roy Webb

 Acteurs

 Richard Dix
 Russell Wade
 Edith Barrett
 Ben Bard
 Edmund Glover

 

 DVD INFOS

 

Editeur

Format Disque

Simple Couche

Durée

69 minutes

Format Image

Format Sonore

English

Sous-titrages

Francais

 

 SUPPLEMENTS

 •Présentation de Serge Bromberg

 

 ON AIME

• L’atmosphère d’inquiétante étrangeté
• La superbe photographie
• La charge politique

 ON N'AIME PAS

• Un parti pris moral guère original
• Une mise en scène relativement conventionnelle

 LE VAISSEAU FANTOME

 THE GHOST SHIP

En 1943, le producteur Val Lewton choisit de faire appel à Mark Robson (L’ÎLE DES MORTS, 1945; BEDLAM, 1946) pour diriger le prochain film estampillé RKO. Monteur sur les métrages réalisés par Jacques Tourneur (LA FELINE, 1942 ; VAUDOU, 1943) et achevant tout juste LA SEPTIÈME VICTIME (1943), l’homme devra pallier au maigre budget (150.000 dollars) et au décor (celui d’une fiction intitulée PACIFIC LINER, Lew Landers, 1939) alloués, via quelques procédés de mise en scène entre autres plébiscités par son illustre prédécesseur. Malheureusement, LE VAISSEAU FANTÔME reste inférieur aux oeuvres de Tourneur nonobstant une brochette d’acteurs et techniciens fort expérimentés. Acteur de cinéma muet, Richard Dix (LES DIX COMMANDEMENTS, Cecil B. DeMille, 1923) réussit sa conversion au “parlant”, notamment dans de multiples westerns (L’EMPIRE AMÉRICAIN, William C. McGan, 1942). À la RKO depuis 1928, le comédien est nommé aux Oscars pour LA RUÉE VERS L’OUEST (1931, Wesley Ruggles). À ses côtés, Russell Wade (LE RECUPERATEUR DE CADAVRES, Robert Wise, 1945) nous offre une prestation certes assez fade mais peut-être à la mesure de son rôle. Essentiel dans LA FELINE, le directeur de la photographie Nicholas Musuraca parvient une fois de plus à octroyer au noir et blanc une fonction narrative précise, liée à l’étrangeté d’une situation, Présence ou Phénomène suggérés.

Photo : VAISSEAU FANTOME, LE (THE GHOST SHIP)

Fraîchement diplômé, le lieutenant Merriam (Russell Wade) embarque sur le Ghost pour rencontrer un bien étrange capitaine. Will Stone (Richard Dix) semble en effet souffrir de mégalomanie, tendance à l’origine d’un autoritarisme exacerbé. La folie du marin prend une tournure inquiétante tandis que la navire voit certains membres de l’équipage mourir mystérieusement...

Photo : VAISSEAU FANTOME, LE (THE GHOST SHIP)

LE VAISSEAU FANTÔME s’appuie d’abord sur un stéréotype qui de Melville (“Moby Dick ou la baleine blanche”, 1951) à Jacques London (“Le Loup des mers”, 1904), entend assimiler la marginalité charismatique du commandant de bord classique à quelque maladie mentale. Cette dernière acquière une dimension métaphysique au fil de textes narrant le terrible face à face de l’Homme avec sa némésis marine. Reflet cosmologique des insondables abîmes de l’âme, la mer offrait la possibilité à ses enfants terribles de mesurer l’immense distance que Lucifer ou bien Adam (suivant l’interprétation du mythe) ont parcourue lors de leur “Chute” respective. Comme le docteur Frankenstein, Achab et Wolf Larsen remettent en cause la place que Dieu assigne aux êtres humains dans l’univers afin de s’ériger en révoltés. L’orgueil et sa version clinique, la mégalomanie, particularisent des personnages naturellement emblématiques. L’oeuvre de Mark Robson paraît s’inscrire dans cette tradition. En effet, Stone désire asseoir son autorité en imposant aux matelots un certain nombre d’épreuves au demeurant fort humiliantes. Posté sur le pont supérieur, le navigateur observe tranquillement deux compagnons manquant de se faire embrocher par un immense crochet. Au lieutenant circonspect, l’aventurier justifiera son comportement par un statut qui lui octroie le droit de vie et de mort sur l’équipage. Aussi, constate l’un des bonhommes, les lois du monde extérieur ne possèdent aucune légitimité ici. Seul maître à bord, Stone souhaite le demeurer quitte à enfreindre ses propres principes.

Photo : VAISSEAU FANTOME, LE (THE GHOST SHIP)

Quasi dictatorial, l’exercice du pouvoir suggère l’existence de troubles psychologiques dont la nature profonde différencie notre protagoniste de ses prédécesseurs mythiques. Achab ou Larsen s’apparentent aux fameux anges déchus, en quête d’un absolu dont ils s’estiment à la hauteur. En convoquant et en vulgarisant Darwin ou Nietzche, Melville et London réinterprêtent la maladie mentale en termes moraux, voire en dilemme philosophique. Adepte du “Paradis perdu”, Larsen refuse de soumettre son existence au bon vouloir de Dame Fortune et, de ce fait, tente d’instaurer sur le bateau un équilibre qui, d’origine humaine, équivaudra à une espèce de parodie de l’Harmonie divine. Le héros du VAISSEAU FANTÔME adopte une attitude similaire mais tend parallèlement à expurger son choix de tout présupposé idéaliste. Inculte et peu enclin à la méditation, Stone contrebalance son évidente insignifiance par une omniprésence tyrannique. Si les courants, tempêtes et ouragans ne peuvent être dominés par les hommes, certains d’entre eux tendront à reporter leur frustration sur des congénères évidemment plus malléables. Ce parti pris influe sur l’atmosphère générale d’un navire lequel opposera à l’anarchie furieuse du flux marin, une implacable structure sociale. Austère, le quotidien de l’équipage s’ordonne autour de l’inclémence d’un chef dont l’ascétisme accentué reste inédit. Robson substitue au loup de mer traditionnel un capitaine rasé de près, souvent inexpressif et finalement très différent des enthousiastes extravagants plébiscités par de multiples films du genre. En conséquence, notre métrage devrait surprendre les amateurs de Stevenson ou Mac Orlan en nuançant le romantisme à l’origine d’une imagerie précisemment dépoussiérée. Point de taverne malfamée, prostitué ou perroquet mais une ville proprette dotée d’une population appropriée. De même, Stone passe son temps à demander aux hommes de nettoyer le pont, ranger les cordes et lessiver. Le balais élude le harpon en vue de désacraliser le soubassement épique des événements.

Photo : VAISSEAU FANTOME, LE (THE GHOST SHIP)

Malade et faible, le personnage ne possède pas la superbe de ses ancêtres, façon de souligner la déchéance d’un univers exempt de code d’honneur. Les temps changent, l'autoritarisme du capitaine se fonde dorénavant sur la lâcheté des matelots au détriment de leur admiration. Bien décidés à se voiler la face, les mousses et lieutenants justifieront des décisions et ordres apparemment absurdes par crainte des représailles. Qualifiés de bétail, les hommes ne “veulent pas d’histoire”. La résignation (main d’oeuvre) ou bien l’indécision (médecin, chargé de la communication radio), le peuple et l’Intellectuel choisissent la passivité. Seuls un idéaliste et un aveugle prendront le risque de s’affranchir du tyran pour recouvrer leur liberté. L’entreprise n’est pas aisée et alimente une trame rondement menée. Si l’on excepte diverses longueurs, cette version du mythe admet un véritable suspense, agrémenté d’intéressantes tirades et belles images. Judicieusement utilisé sans être exceptionnel, le noir et blanc confère au tout une irréalité chargée de signifier la perte d’identité censée toucher les êtres déracinés. Anciennement facteur d’identité, le face à face avec l’Océan perd toute crédibilité au sein d’une communauté encline à célébrer les maintes vertus de l’insertion sociale. Ainsi Ellen (Edith Barrett) estime-t-elle que sans compagne à ses côtés, les hommes ne sont que des fantômes. Le souvenir? Le fantasme? Les fous et morts-vivants ne sont peut-être pas ceux que notre métrage prétend pointer du doigt.

Photo : VAISSEAU FANTOME, LE (THE GHOST SHIP)

Les Éditions Montparnasse proposent un DVD pourvu de qualités techniques juste passables. En 1.33 et 4/3, l’image demeure laiteuse d’où un contraste peu appuyé. Malheureusement trop forte, la compression reste particulièrement décelable dans les fondus; un comble si l’on se remémore la spécificité d’une œuvre jouant sur l’impact narratif des brumes marines. En mono encodé sur deux canaux, le son souffre également d’une compression exacerbée et, de ce fait, manque de pèche. Exceptée une courte introduction de Serge Bromberg, notre galette ne comporte pas de bonus mais nous permet de découvrir une petite curiosité à réserver aux spectateurs peu exigeants.

Cécile Migeon

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