Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989)
Posté le 2008-03-19 07:54:03

Pour la troisième tranche de vie d’Indiana Jones, Steven Spielberg veut cette fois avoir sa part de création dans le scénario. Une première histoire est écrite par Chris ColumbusGremlins», «Le Secret de la pyramide», «Les Goonies»), qui se déroule en Afrique et s’inspire de la légende chinoise du Roi des Singes. Mais, déplore le cinéaste, cela «ressemblait trop à un «Indiana Jones» normal. C’était inventif, intelligent et drôle, mais il n’avait rien de spécial. C’était d’ailleurs la même chose avec les deux autres scripts qui étaient écrits et dont l’action se déroulait en Australie pour l’un et en Chine pour l’autre. Aucun d’eux ne m’excitait vraiment, c’étaient juste des épisodes en plus».

Spielberg a alors l’idée de donner un père à son héros (peut-être parce que lui-même l’était devenu depuis peu...). Jeffrey BoamBrisco County», «L’Arme fatale 2» et L’Arme fatale 3») plancha sur l’idée et invente Henry Jones, professeur de littérature médiévale et spécialiste du Saint-Graal. Un rat de bibliothèque qui a certes enseigné beaucoup de choses à son fils, mais en est l’opposé.

«Je me disais», explique Spielberg, que ce serait intéressant et original que, dans un «serial» comme «Indiana Jones», le plus grand défi lancé au héros soit non pas une fosse remplie de piques ou une pièce pleine de serpents ou une voiture bourrée d’explosifs, mais son propre père. J’ai dit à George : «Il y aura toujours l’action, l’aventure, la chasse au trésor, mais ce sera surtout la réconciliation d’un père et de son fils»».

Spielberg a tout de suite pensé à Sean Connery pour le rôle, un choix qui ne manque pas, à la sortie du film, de provoquer de (vaines) comparaisons entre Indiana Jones et James Bond... L’histoire envoie Indiana Jones sur les traces de la coupe du Graal en Italie, en Allemagne et dans la république (fictive) d’Hatay. Les relations père-fils sont pour beaucoup dans le plaisir que procure le film, leur opposition étant des plus drôle.

Le 16 mai 1988, le tournage de «Indiana Jones et la Dernière Croisade» («Indiana Jones and the last crusade») démarre dans le désert d’Almeria, en Espagne. Il s’agit de tourner la scène du tank (tout d’abord «story-boardée» sous la direction de Spielberg), réglée par le cascadeur Vic Armstrong. «La cascade la plus compliquée était un passage d’un cheval sur l’arrière d’un tank de la première guerre mondiale, le tout à grande vitesse. Le cheval galopait sur un talus, quatre mètres au-dessus du tank qui avançait parallèlement sur la route. Indy était censé bondir et atterrir entre les chenillettes, sur le tank, dans une certaine position, les mains en avant, le visage vers le bas, de sorte qu’ils puissent raccorder sur Harrison à partir de là. Techniquement, c’était plutôt difficile». L’équipe part ensuite pour Venise, tourner notamment une scène de poursuite en bateaux... que Spielberg abrége à cause de ses réticences à travailler sur l’eau (depuis ses mésaventures sur le tournage des «Dents de la mer»). C’est ensuite la Jordanie et le site de Petra, une nécropole creusée et sculptée dans le grès au début de l’ère chrétienne. Trois semaines après la fin du tournage, Spielberg met en scène la séquence d’ouverture montrant un jeune Indiana en 1912. River Phoenix, qui avait été le fils d’Harrison Ford dans «Mosquito Coast» de Peter Weir (1986), joue le rôle du futur archéologue, dans sa toute première aventure. L’occasion d’expliquer les origines de sa cicatrice au menton, de sa peur des serpents, du chapeau et du fouet. A l’origine, pourtant, le scénario prévoyait une scène où Indy cambriolait une banque tenue par des desperados. «Mais une fois le script terminé, ça m’est apparu comme une erreur», explique Spielberg, «cette séquence avait tellement peu de rapport avec le reste qu’elle avait l’air de venir d’un autre film !».

Denholm Elliott et John Rhys-Davies reprennent les rôles de Marcus Brody et de Sallah, du premier film. Alison Doody, une ex-James Bond Girl (dans «Dangereusement Vôtre») est l’ambitieuse Elsa Schneider. Et Julian Glover incarne Walter Donovan, après le Général Veers dans «L’Empire contre-attaque» et Kristatos dans «Rien que pour vos yeux».

A la sortie du film, Spielberg répète sur tous les tons que la page est tournée. «George et moi cherchons à explorer un autre concept qu’Indiana Jones. On a rangé son fouet, son chapeau, sa réputation et nous sommes partis devant pour explorer de nouveaux territoires...». Une série télévisée («Les Aventures du jeune Indiana Jones») et un quatrième film plus tard («Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal»), Indiana Jones se porte bien...

Philippe Lombard

[Texte écrit en 1997 pour un livre consacré à la série des "Aventres du jeune Indiana Jones", prévu pour être publié par les éditions DLM mais jamais édité.]

[Sources : «Première» n°54 et n°114, «Starfix» n°19, «Studio» n°31, «Lucasfilm Fan Club» n°7 et 8, «Lucasfilm Magazine» n°6, «George Lucas, l’homme qui a fait «La guerre des étoiles»» de Dale Pollock (Hachette, 1983)]

Titre Original :
INDIANA JONES AND THE LAST CRUSADE

Titre français :
INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE

Année : 1989

Nationalité : Etats-Unis

Réalisé par :
Steven Spielberg

Ecrit par :
George Lucas, Menno Meyjes & Jeffrey Boam

Musique de :
John Williams

Interprété par :
Harrison Ford, Sean Connery, Denholm Elliott, Alison Doody, John Rhys-Davies, Julian Glover, River Phoenix & Michael Byrne


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