"Iznogoud" de Pierre Tchernia
Posté le 2009-03-13 13:03:24

À partir de la fin des années soixante, les héros imaginés par René Goscinny vont envahir les écrans, mais toujours par le biais du dessin animé : Astérix le Gaulois (1967), Astérix et Cléopâtre (1968) ou Lucky Luke (1971). Une première tentative d’adaptation live s’était soldée par une sorte de demi-échec. En effet, Le Juge de Jean Girault (1971) s’inspirait d’un album de Lucky Luke, mais le cow-boy avait été purement et simplement écarté du film !

Goscinny croit cependant que des acteurs peuvent interpréter ses personnages. En 1971, il pense sérieusement à adapter Iznogoud, le vizir de Bagdad, qui veut être calife à la place du calife. "J’aimerais mieux le faire avec des comédiens, pas en dessin animé. Pour une raison très simple, c’est que dans Iznogoud, où je fais faire à mes personnages de la magie à bon marché (…), je crois qu’il serait plus drôle de le faire en prises de vues réelles qu’en dessins. Le dessin me permet de faire disparaître quelqu’un de façon normale, c’est même une des règles du dessin animé. Pour cela, le trucage avec des comédiens me semblerait plus efficace. Mais il ne faut pas faire des choses comme cela si on n’a pas les moyens de le faire. Et pour être bien fait, cela coûterait, malheureusement, assez cher."

L’auteur a bon espoir et écrit avec Pierre Tchernia un scénario, dont l’une des premières versions s’intitule Orient terre de contraste : Iznogoud ou un jour des mille et une nuits. D’après les aventures du calife Haroun El Poussah. Iznogoud offre au calife une jeune femme, Sharade, qu’il a achetée au magicien Zergoud. Or, il s’agit de la cadette des 2642 enfants du sultan Pullmankar, qui va déclarer la guerre à Bagdad.

Goscinny pense à Louis de Funès pour le rôle d’Iznogoud mais a également en tête des noms d’acteurs aussi différents que Peter Sellers, Vittorio Gassman et Alec Guiness. Il imagine bien Philippe Noiret en calife, Michel Galabru en Pullmankar, Jacqueline Bisset en Sharade et hésite entre Jacques Dufilho et Jean-Pierre Marielle pour Dilat Laraht, l’homme de main d’Iznogoud. Quant au magicien Zergoud, il pense à Woody Allen, Michel Serrault ou Rufus.

Goscinny fait faire un devis aux studios de la Victorine, afin de budgétiser le film. Comme il l’avait prévu, cela coûte très cher, mais il n’abandonne pas. Seule sa disparition, le 5 novembre 1977, mettra fin définitivement au projet.

Philippe Lombard

[Sources : "Phénix" (1971), "Le Dictionnaire Goscinny" (JC Lattès, 2003)]

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