Sophie Marceau plombe La 7ème Cible
Posté le 2009-01-08 15:09:24

En 1983, Sophie Marceau s’apprête à retrouver le réalisateur Claude Pinoteau sur La 7e Cible au côté de Lino Ventura. Pendant la préparation du film, Andrzej Zulawski lui propose le rôle principal de L’Amour braque. L’actrice accepte mais elle a déjà signé avec la Gaumont ; or, les deux productions doivent débuter en même temps. Zulawski refuse de retarder son tournage et met Sophie Marceau au pied du mur. Pinoteau et son équipe préparent La 7e Cible dont le premier jour de tournage doit débuter à l’aéroport de Roissy.

«Dans le hall de l’aéroport, je retrouvai mon équipe, celle de La Boum, pour préparer la journée commençant à midi. Ouvriers et techniciens étaient heureux à l’idée de retrouver Sophie.

C’est alors qu’on me demanda de rappeler d’urgence Gaumont. Alain Poiré venait d’apprendre que Sophie quittait le film pour celui de Zulawski. J’étais abasourdi. Je ne pouvais croire qu’elle mette le film en péril, en nous abandonnant au seuil du tournage. C’était une faute professionnelle lourde de conséquences et un affront à l’affection qui nous liait depuis quatre ans.

À 11 heures, mon assistant Marc Rivière passa me dire que Sophie venait d’arriver. Mais ce n’était pas pour se rendre au maquillage. C’était pour me voir. Elle entra livide, déterminée, et voulut m’embrasser. J’arrêtais son geste : allait-elle tourner ?

«Non», répondit-elle sur un ton bravement résolu. Je lui demandai alors ce qu’elle venait faire ici.

Elle maîtrisait mal une irrépressible envie de pleurer. Devant son mutisme, j’enchaînai : «Pour chercher l’absolution ?... Tu te rends compte de ce que tu fais, dans quelle situation tu nous laisses ? Quels risques tu prends ?». Elle ravalait ses larmes sans répondre. Bien sûr qu’elle se rendait compte, mais voulait vaillamment s’en tenir à sa décision.

J’estimai que nous n’avions plus rien à nous dire. Elle voulut encore m’embrasser avant de partir. Je refusai. «Tant pis», dit-elle, émue et fière d’avoir tenu, d’être venue hardiment, dans le seul but, sans doute, de m’apprendre elle-même la nouvelle et peut-être me montrer son affection malgré son renoncement. Elle quitta les lieux. (…)

C’était la consternation. Lino Ventura était furieux. Allait-on devoir arrêter le film ? Le plan de travail serait-il remis en question, les dates des autres comédiens décalées, les engagements réservés avec la Philharmonie de Berlin revus ? Etc... Il fallait faire immédiatement face à la situation».

En urgence, Claude Pinoteau contacte Elizabeth Bourgine, qu’il avait auditionnée un mois auparavant au cas où… Le tournage est repoussé simplement de trois jours et elle passe le week-end à lire le scénario et à essayer ses costumes sans avoir le temps de rencontrer Ventura.

Philippe Lombard

[Sources : «Merci la vie !» de Claude Pinoteau (Le Cherche Midi, 2005), «Fille(s) de Lino», (Gaumont Vidéo, 2005)]

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