L’Implacable Ninja (1981)
Posté le 2008-12-10 17:36:23

À la fin des années 70, le film d’arts martiaux peine à trouver un nouveau souffle en Occident. Le champion de karaté américain Mike Stone a alors l’idée de mettre à l’honneur le ninjitsu, l’art du déplacement furtif. Jusqu’à présent, les ninjas ne sont guère apparus à l’écran que pour seconder James Bond dans On ne vit que deux fois, s'opposer à James Caan dans Tueur d'Elite ou affronter Chuck Norris dans La Fureur du Juste. Tout reste donc à faire au cinéma sur ces guerriers-espions, figures mythiques du Japon médiéval. Il écrit le traitement de Dance of Death et le fait parvenir à Patricia McDonald, la responsable des relations publiques de la firme Cannon.

«Jusqu’à présent, je n’avais jamais entendu parler des ninjas ou du ninjitsu. Mais après avoir lu le scénario, j’ai si emballée par le sujet que j’ai voulu absolument en parler au président de Cannon, Menahem Golan. Nous n’avions jamais fait de films d’arts martiaux auparavant, il était donc méfiant et ne voulait même pas en entendre parler. Mais le concept du ninjitsu me fascinait : le mystère qui l’entoure, le fait que cela n’avait encore jamais été fait en Occident… Il contient d’incroyables éléments qui sont très cinématographiques : les épées, toutes les armes, les costumes, l’aspect effrayant du ninja et les scènes d’action. À force d’insistance, M. Golan a fini par dire : «Bon, très bien, amenez-le moi».»

Après avoir lu le script et rencontré Stone, le producteur s’intéresse finalement au projet et décide de le réaliser. Ses connaissances en matière d’arts martiaux sont nulles mais il pressent que la nouveauté pourrait bien faire recette. Le film est retitré Enter the Ninja (en référence à Enter the Dragon / Opération Dragon avec Bruce Lee) et le communiqué de presse précise qu’il «imposera la tendance des films d’arts martiaux des années 80 qui seront la décennie du ninja, comme le kung-fu l’a été pour les 70s , le karaté pour les 60s et le judo pour les 50s». Le rôle principal, un ancien mercenaire devenu ninja, est confié à Mike Stone alors qu’il ne s’est encore jamais retrouvé devant une caméra. Qu’importe, les succès récents au cinéma de Chuck Norris et de Joe Lewis, karatékas de la même génération, rassurent Menahem Golan.

Le tournage débute aux Philippines en janvier 1981, avec notamment Susan George (Les Chiens de paille, Les Dents d’acier) et Christopher George (Le Droit de tuer). Au bout de deux jours, Golan déchante : Mike Stone se révèle incapable de jouer la comédie ! Le film est sur le point de tomber à l’eau quand le producteur Judd Bernard se rappelle avoir croisé son ami Franco Nero au festival de Manille quelques jours auparavant. L’interprète de Django est alors à son hôtel dans l’attente d’un coup de fil lui confirmant ou non son engagement sur Victor Victoria de Blake Edwards. Bernard l’appelle et lui demande tout de go d’être la vedette de Enter the Ninja ! Nero téléphone aux Etats-Unis pour s’entendre dire que James Garner a eu le rôle qu’il convoitait. Il est donc libre.

«J’ai accepté à condition que Judd Bernard me laisse partir quelques jours en Italie pour que je puisse y payer mes impôts. J’ai donc fait un aller-retour pour Rome. À 8h du matin, j’arrivais à Manille et à 9h, nous commencions le tournage. Fou. J’apprenais les arts martiaux au fur et à mesure des prises de vues».

Mike Stone, qui est quand même resté le chorégraphe des scènes d’action, le double dans la plupart des combats (en portant parfois une jolie perruque). Mais il ne sera pas le seul. En cours de tournage, Golan et Bernard remarquent un des cascadeurs, le japonais Shô Kosugi. Son agilité et ses talents de combattant leur donnent envie de lui confier un rôle important. Le scénario est alors réécrit et Kosugi va interpréter Hasegawa, le méchant ninja. «Peu de gens l’ont remarqué, mais je n’étais pas seulement le ninja noir. Je jouais parfois le ninja blanc et même quelques uns des autres ninjas. J’ai été tué au moins sept fois !». Il remplacera également Mike Stone pour la préparation de plusieurs scènes de combat.

Pour Kosugi, qui a participé à de nombreux tournois d’arts martiaux dans les années 70 et n’a travaillé qu’occasionnellement pour le cinéma (dans un film taïwanais puis dans un Bruceploitation, Bruce Lee Fights Back from the Grave), Enter The Ninja est une aubaine. Le film est un énorme succès. S’il a sans doute été vendu sur le nom de Franco Nero, il permet à Kosugi d’accéder au vedettariat international. Il devient LE ninja du cinéma occidental. Il enchaîne avec Golan-Globus Ultime Violence et Ninja III avant de voguer avec d’autres…

Philippe Lombard

[Sources : «The Master Ninja : Warrior of the Night» (septembre 1984), «Impact» n°31, shokosugitheninja.com]

Titre Original :
ENTER THE NINJA

Titre français :
IMPLACABLE NINJA, L'

Année : 1981

Nationalité : Etats-Unis

Réalisé par :
Menahem Golan

Ecrit par :
Dick Desmond & Mike Stone

Musique de :
W. Michael Lewis & Laurin Rinder

Interprété par :
Franco Nero, Susan George, Sho Kosugi, Christopher George, Alex Courtney, Will Hare & Zachi Noy


LOBBY CARDS

ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card ENTER THE NINJA Lobby card


Commentaires
Réagissez dans le Forum à propos de cet article ou donnez nous votre avis ?
Cliquez ici

FaceBook


Les illustrations et photos contenues sur ce site sont la propriété de leurs éditeurs respectifs.
Les textes contenus sur ce site sont la propriété de Philippe Lombard

Powered by http://www.devildead.com