Becky arrive à Chicago pour y trouver du boulot. Elle s'installe
chez son frère, Otis, qui héberge déjà Henry.
Travailleur en apparence normal, Henry sème la mort sur son passage
avant de rentrer le soir et boire une bière avec Otis...

L'histoire de HENRY, PORTRAIT
D'UN SERIAL KILLER est assez fortuite. John
McNaughton travaillait à l'époque sur un documentaire
parlant du catch. Mais les détenteurs des images le composant
deviennent tout d'un coup plus gourmands. Résultat, la production
décide de laisser tomber. D'où l'idée avec la somme
qui aurait servi au documentaire de réaliser un véritable
film et d'en donner la réalisation à John
McNaughton. Il se retrouve ainsi avec un peu plus de 100.000 dollars
pour tourner ce dont il a envie. Quoi de mieux qu'un film d'horreur
puisque ceux-ci ont toujours un certain succès. Le réalisateur
tombe par hasard sur une émission de télévision
où l'on parle d'un certain Henry Lee Lucas. A partir de là,
John McNaughton
tient son sujet et se documente sur les tueurs psychopathes en lisant
des livres ou en consultant des articles de presse en compagnie de son
scénariste, Richard
Fire. Le scénario du film s'inspire donc de Henry Lee Lucas
mais n'est en rien une adaptation fidèle de sa vie ni même
de sa relation avec Ottis Toole. Stéphane Bourgoin l'explique
d'ailleurs clairement dans son entretien sur le DVD. Une fois le film
en boîte, il est présenté à la MPAA pour
obtenir une classification pour sa sortie en salles. Le couperet tombe
avec un classement "X" réduisant à néant
l'idée d'une distribution commerciale dans les cinémas.
D'après le comité de la MPAA, le film est jugé
comme ayant un "Contenu moralement perturbant". Rien n'y fera,
pas même les articles élogieux dans la presse. Le film
était en effet souvent classé dans la liste des dix grands
films de l'année par un grand nombre de critiques. Même
Martin Scorsese
dira que HENRY, PORTRAIT D'UN SERIAL KILLER est l'un des plus
impressionnants débuts cinématographiques depuis une dizaine
d'années. Ce dernier ira même jusqu'à proposer de
produire un film de John
McNaughton.

Filmé à la
manière d'un film de la nouvelle vague, avec une mise en image
quasi documentaire, HENRY met le spectateur devant la vie sans
fard de trois personnages. Otis, ex-taulard en liberté surveillée,
dont la vie se résume à son boulot de pompiste ou à
dealer de la came à de jeunes étudiants. Henry, qui partage
l'appartement de Otis, dont il a fait la connaissance en prison, fait
sa vie de son côté. Et Becky, soeur de Otis, qui débarque
un jour à Chicago pour y trouver du boulot et dont la seule possibilité
est de vivre dans le même appartement que les deux autres. Trois
personnages avec une vie assez pitoyable où les loisirs se résument
à regarder la télévision ou à se boire une
bière (voire les deux). Henry, lui, a un autre passe-temps. Il
sème les cadavres derrière lui dans l'anonymat le plus
total. Ainsi, dans un quartier bien tranquille, pendant que des gosses
jouent au ballon dans la rue, Henry passe inaperçu lorsqu'il
trucide une ménagère. Pas étonnant puisqu'il n'est
pas à première vue une bête féroce mais un
simple être humain. Même Otis sera très étonné
de découvrir la face cachée de Henry avant qu'il ne l'entraîne
avec lui dans une initiation aux meurtres à répétition.
Plutôt bête, Otis se prend au jeu et perd les quelques dernières
barrières de moralité qu'il pouvait encore avoir... Becky,
perdue dans son envie de réussir et de devenir quelqu'un, ne
voit rien. Elle tombe même amoureuse de Henry sûrement parce
qu'elle se reconnaît un peu dans son attitude d'homme écorché
vif qui n'a pas été gâté par la vie.

Amateur de gore, passez votre
chemin. HENRY, PORTRAIT D'UN SERIAL KILLER ne cède pas
à la facilité de l'hémoglobine ou de la violence
graphique à outrance. Il y a bien quelques cadavres exposés
longuement à la caméra décrivant de façon
fixe le résultat du passage de Henry. Les premières minutes
du film sont d'ailleurs des petites scènes anodines des déplacements
de Henry et derrière lui ce qu'il laisse sans aucune raison.
Parce que finalement, Henry n'a pas de mobile. Il tue, point ! On pourra
peut-être percevoir l'envie de reproduire une vengeance assouvie
ou non à l'encontre de sa mère. Ce qui expliquerait l'une
des grandes scènes du film où Henry (l'excellent Michael
Rooker) fait froid dans le dos lorsqu'il annonce qu'il a tué
sa maman. En dehors de cela, rien, Henry tue et ne semble même
pas en tirer du plaisir au contraire de Otis. Plus fort, le film n'a
pas de début. D'où vient Henry ? Pas plus qu'il ne
dispose d'une véritable fin ! A la fin du film, c'est un
peu comme si l'on avait partagé la vie d'un tueur et des deux
personnages qui ont brièvement partagé son existence...

La sortie de ce DVD en France
aurait pu se faire à la dérobée avec une sortie
kiosque ou dans un quelconque supermarché. En lieu et place,
Antartic, qui devait sortir le film à l'origine, et Opening s'associent
pour réaliser une très belle édition. Le packaging
sous la forme d'un digipack dans un fourreau cartonné plutôt
classe fait de ce double DVD un objet carrément collector ! On
doute que personne ne sorte avant longtemps une édition plus
complète et soignée pour ce film !


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Avec un budget
aussi faible, le film a été tourné en 16mm ce qui
explique le grain de l'image assez prononcé. Dès lors,
il est difficile d'exprimer un jugement sur l'image. C'était
d'ailleurs le cas avec l'édition DVD française de TRULY
MADLY DEEPLY tourné quasiment dans les mêmes conditions.
Si vous êtes habitués à regarder de grosses productions
hollywoodiennes récentes en DVD, vous serez déçus
par le rendu de l'image assez brut, granuleux et à l'aspect plutôt
sale. Une comparaison avec le DVD américain du film vient confirmer
le fait que réaliser mieux serait difficile. En effet, l'édition
américaine a une définition plus imprécise et,
NTSC oblige, délivre une image aux couleurs plus chaudes et limite
baveuses. L'édition française est bien plus stable avec
des couleurs plus naturelles et surtout propose un tout petit peu plus
d'image en haut, en bas et surtout sur le côté droit de
l'image.
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Disque
U.S.
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Disque
français
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Attention
: Lors de la première vision de ce DVD, nous n'avions pas remarqué
un problème dans l'image. Un carré disgracieux apparaît
pendant quelques secondes pendant la mort du " revendeur "
de matériel audio/vidéo. Alors que notre écran
est pourtant d'une taille imposante, nous étions passé
à côté de ce problème
Désolé
!

Toujours pour
des raisons budgétaires, le film a été enregistré
en mono. Pourtant, le résultat est plutôt sympathique.
La musique ressort très bien avec de bons graves donnant à
l'ensemble de la bande sonore
un certain relief. N'en attendez pas trop tout de même !

L'interview de John
McNaughton s'avère être exactement la même que
celle du DVD américain édité par MPI. Toutefois,
le disque français apporte un sous-titrage français ce
qui facilite grandement sa compréhension. De sa jeunesse où
il appréciait les films de William
Castle (LA
NUIT DE TOUT LES MYSTERES, MR
SARDONICUS...) jusqu'à la distribution du film HENRY,
PORTRAIT D'UN SERIAL KILLER, le réalisateur parle de façon
précise et intéressante sans jamais être ennuyeux.
Il livre ainsi tout ce qu'il faut savoir sur le film de la façon
dont est née l'histoire, le choix des acteurs... Une trentaine
de minutes incontournables à propos du film !

Cette édition de HENRY,
PORTRAIT D'UN SERIAL KILLER a l'avantage de bénéficier
de la présence de Stéphane Bourgoin. Il a dédié
une grande partie de sa vie à l'étude des tueurs en série
et en a même rencontré un grand nombre dont Henry Lee Lucas
et Ottis Toole. L'un des premiers bonus est donc une interview où
il parle du film, des vrais Henry Lee Lucas et Ottis Toole mais aussi
largement de ses rencontres avec les serial killers. Il évoque
aussi rapidement pourquoi il en est venu à s'intéresser
à ce phénomène.
A noter sur les étagères derrière Stéphane
Bourgoin, la présence d'un grand nombre de DVD dont ceux des
collections Cinéma De Quartier et Midnite Collection de MGM ainsi
que des imports chinois.
Le DVD nous propose aussi des rushes, morceaux d'interviews, du véritable
Ottis Toole lors d'un entretien réalisé par Stéphane
Bourgoin dans une prison américaine en 1991.

Le plus long des bonus est
un documentaire de 52 minutes réalisé pour France 2 par
Frédéric Tonolli, Caroline Chomicki et Stéphane
Bourgoin. A vrai dire, ce documentaire s'éloigne un peu du sujet,
c'est à dire le film, puisque l'on y suit une femme spécialisée
dans les crimes en série en Afrique du Sud. L'un de ces fameux
"Profiler" devenus des héros de cinéma avec
LE SILENCE DES
AGNEAUX ou LE
SIXIEME SENS. Même Clint
Eastwood s'y était interessé avec LA CORDE RAIDE,
c'est dire ! Je m'égare ce qui est un peu aussi le cas de ce
documentaire par rapport au film. Toutefois, il serait idiot de se plaindre
puisque ce documentaire est réellement intéressant et
permet de continuer à en apprendre un peu plus sur les tueurs
en série et ceux qui les traquent. Sans être lié
directement avec le film, inclure ce documentaire est un peu comme un
bonus en extension sur le sujet. Une initiative que l'on aimerait voir
plus souvent.

Trois biographies sont proposées.
Celles du réalisateur, de Michael
Rooker et de Stéphane Bourgoin. Dans ce dernier cas, ce sera
une bibliographie à la place de la filmographie. Elles sont toutes
présentées de façon déroulante ce que nous
n'apprécions pas trop ! Enfin, vous pourrez découvrir
les bandes-annonces de HENRY, PORTRAIT D'UN TUEUR EN SERIE et
de HENRY
PORTRAIT OF A SERIAL KILLER 2.

Pas de glamour avec HENRY,
PORTRAIT D'UN SERIAL KILLER ! Pas plus que la représentation
d'un tueur en série impressionnant de machiavélisme tel
que le cinéma nous l'a servi jusque-là et continuera de
nous le servir ensuite... Le film porte bien son nom, on y assiste au
portrait d'un tueur en série sans complaisance et sans justification.
Christophe
"Arioch" Lemonnier
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