|
|
LABO
NOTRE CHOIXAvec ZOMBIE, Frédéric Desreumaux ne pouvait qu'attiser notre curiosité. Remonter le film de Romero en 12 minutes, le tout dans la compétition labo ! Les attentes ne sont pas déçues voire même largement dépassées quand on sait que le film n'a pas d'autres prétention que celle d'être un document de travail du réalisateur (il s'en explique dans l'interview qu'il nous a accordée). C'est donc une sorte de compilation des meilleurs moments de ce classique, dans l'ordre de la narration, avec des effets qui viennent souligner le sens : ralentis, tremblements, inserts texte qui insistent sur l'action L'aspect bricolage, inabouti du tout invite à une perpétuelle relecture du film original. Le réalisateur se montre en tout cas très surpris de l'accueil fait à son film : interview dans le quotidien régional, public intrigué, et parfois enthousiaste
Reste que le film, même s'il n'est pas très abouti quant à la qualité de l'image (ça fait aussi son charme), ravira les fans de l'original, surtout ceux qui ont découvert le film en VHS.
ZOMBIE de Frédéric DesreumauxDe mort vivant, il est encore question dans HOME SWEET HOME. C'est décidément très en vogue ! mais dans HOME SWEET HOME, c'est à la mode asiatique que le thème est traité. Pas de sang, d'effet gore, non, mais une douceur, un calme qui tranche avec les têtes qui tombent de ZOMBIE ou de I'LL SEE YOU IN MY DREAMS (compétition internationale).
Une petite fille meurt dans l'incendie de son école ; les parents apprennent la nouvelle par la télé. Mais elle revient quelques heures après, comme si de rien n'était. Du coup, on ne sait plus qui des parents ou d'elle revient, et d'où. Les interrogations, les tensions sont ravalées pour que la vie suive son cours.
HOME SWEET HOME de Hye-Jung Um
DIES IRAE de Jean-Gabriel PériotAprès le succès de WE ARE WINNING BUT DON'T FORGET (voir dossier 2004), Jean-Gabriel Périot a laissé de côté les préoccupations politiques qui agitait son premier court métrage. DIES IRAE (avec un tel titre, pourtant ) est une succession de plans fixes qui ont en commun leur point de fuite : voix de chemin de fer, rues bordées d'immeubles L'enchaînement ultra-rapide des images fixe la fuite comme seule issue pour le regard, les décors dessinent une géographie changeante et universelle, le mouvement est créé par le montage ; quand aucun échappatoire n'est possible, quand le regard s'est perdu dans le film, le réalisateur laisse son spectateur au cur de l'horreur. Beau poème visuel.
OH MY GOD de John Bryant
TEA BREAK de Sam WalkerDeux courts se retrouvent dans cette compétition qui auraient pu participer à l'internationale. Les deux tirent vers le gore : OH MY GOD (John Bryant) est une critique de la peine de mort, chargée de second degré. Le quotidien d'un homme blanc, texan, campé sur ses certitudes, bascule quand il rentre chez lui et trouve sa famille massacrée. Il redouble de maladresse et se retrouve accusé des meurtres. Beaucoup d'humour premier degré, particulièrement sanglant. Sanglant, mais avec un humour beaucoup plus retenu et "british" TEA BREAK de Sam Walker. Un bourreau décapite à la chaîne des victimes venues d'on ne sait où. La gratuité du geste n'est pas l'aspect le moins intéressant du film.
Dossier réalisé par Yoann Mallet et Jérôme Peyrel