THE ABOMINABLE DR. PHIBES
L'ABOMINABLE DR. PHIBES


Un homme, tout de noir vêtu, et encapuchonné, joue de l'orgue dans une étrange demeure, puis fait jouer un orchestre mécanique. Une jeune femme apparaît, ils effectuent ensemble un pas de danse, et se séparent. Pas un mot n'est prononcé dans cette entrée en matière qui semble ne mettre en scène que des automates. C'est le prélude à un meurtre horrible, qui met la police de Scotland Yard en alerte.

Drôle d'ambiance, dès le début de ce film où Vincent Price interprète le rôle principal, celui du Docteur Phibes, un célèbre organiste dont l'épouse est morte prématurément entre les mains d'éminents chirurgiens. Ecrasé de douleur depuis des années, il a entrepris de se venger et met en oeuvre des stratagèmes diaboliques pour parvenir à ses fins, avec l'aide d'une complice pour le moins étrange. Chacun des meurtres sera orchestré, mis en scène donnant la mesure de la haine qu'il nourrit à l'égard de ses victimes. Le résultat est d'une précision... chirurgicale.

Vincent Price est tout simplement magistral dans ce chef-d'oeuvre du cinéma d'épouvante. La composition de son rôle est pourtant extrêmement difficile, dans le sens où il ne parle pas du tout, à l'exception de brefs monologues avec sa défunte épouse, et par la seule entremise d'un appareil de son invention. En effet, lorsqu'on lui a annoncé la mort de Madame, il a eu un terrible accident où il a été grièvement blessé. Son visage a subi des dommages irréparables, comme on le découvre plus tard. Ce silence rend excessivement lourde l'atmosphère de ce film, et sa physionomie incroyable, agrémentée d'un maquillage qui lui donne un air sépulcral ajoute encore au malaise ambiant. L'extraordinaire méticulosité avec laquelle il chorégraphie ses meurtres achève de faire de lui un personnage terrifiant. Pourtant, il nous attendrit par certains aspects. Il est pétri de douleur par la mort de sa bien- aimée et la façon dont il a fomenté sa vengeance donne la mesure de la souffrance qu'il a endurée.



Il y'a fort à parier que ce film a inspiré de nombreux cinéastes. Citons par exemple la malédiction du sang, dont on retrouvera une réminiscence dans l'EXORCISTE : LA SUITE. Par ailleurs, on remarquera que son costume, au début du film, lui fait une silhouette qui n'est pas sans rappeler celle de Darth Vader, dans STAR WARS, qui devait sortir six ans plus tard. Une dernière référence intéressante est celle que l'on peut établir entre le personnage du Docteur Phibes et celui de DARKMAN, dont le destin est tout aussi tragique. La ressemblance des deux personnages, lorsqu'ils tombent leur masque, est saisissante... Il est aussi intéressant d'y déceler l'empreinte de l'un des réalisateurs de nombreux épisodes de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, dans le traitement du sujet. Un style très anglais, où l'humour et la dérision sont indissociables d'un film pourtant inquiétant. La police, ici, est gentiment malmenée, apportant à l'ensemble une certaine légèreté. Même le personnage de l'abominable Docteur Phibes recèle une touche d'humour désopilant : ainsi, dans les scènes où il observe l'accomplissement de ses meurtres, il laisse transparaître une certaine satisfaction, en ricanant sournoisement de ce qui va se produire, ou en observant le résultat de ses plans décidément machiavéliques. On y sent une jouissance à peine extériorisée qui rajoute à la douleur qui émane de tout son être. La tension du spectateur est ainsi parfaitement maîtrisée.

On ne peut s'empêcher aussi de penser à SEVEN, qui trente ans plus tard obtenait l'énorme succès que l'on sait. En effet, malgré les motivations très différentes des deux assassins, on constate que le tueur de SEVEN suit un schéma logique dans l'accomplissement de son oeuvre tout comme le Docteur Phibes s'inspire de malédictions bibliques pour commettre ses horribles meurtres. Mais la comparaison s'arrête là, car si le personnage de SEVEN est un psychopathe irrécupérable, le Docteur Phibes n'est qu'un homme à qui on a enlevé ce qu'il avait de plus précieux au monde : son amour. C'est ce qui le pousse à préparer, pendant des années, ne lésinant sur aucun moyen, sa terrible vengeance. Sa souffrance est si absolue, si profonde, qu'il n'a d'autre satisfaction que de punir ceux qu'il considère comme responsables de son incommensurable peine. En bon mélomane, il met un point d'orgue à diriger ses crimes, comme si leur parfait accomplissement devait le libérer au dernier acte de ce que l'on peut voir comme une tragique symphonie.

On a plaisir a redécouvrir ce chef-d'oeuvre en DVD, même si on déplore l'absence de suppléments, hormis une bande-annonce. Encore une fois, MGM sort un disque bon marché, certes, mais qui laisse un peu les cinéphiles sur leur faim côté bonus. Néanmoins, l'image est tellement bien restituée qu'on oublie ce léger manque. Un dernier mot sur le son, pour préciser qu'il ne faut pas s'attendre à faire vibrer ses enceintes : le son est plat, en mono, ce qui était plutôt prévisible pour un film de cette époque.

Nadia Derradji

ON AIME
De magnifiques images
Le machiavélisme du Docteur Phibes

ON N'AIME PAS
A vous de me le dire !

Meilleures scènes

  • Les meurtres
Année : 1971

Durée : 95 minutes

Acteurs :
Vincent Price
Joseph Cotten
Virginia North
Peter Jeffrey
Terry-Thomas
Sean Bury

Réalisateur :
Robert Fuest

Scénario :
James Whiton
William Goldstein

Musique :
Basil Kirchin
Jack Nathan

Format disque :
Simple Couche

Format Image :

Format sonore :
Anglais : 
Français : 
Espagnol : 

Les bandes-son codées sur 2 canaux sont en Mono.

Sous-titrage :
Français
Espagnol

Les Suppléments

Bande-annonce

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