LE COLOSSE DE RHODES sort en DVD dans la première fournée de
la collection CINEMA DE QUARTIER. Bardé de bonus divers où l'on apprend
dès l'insertion du disque que Sergio
Leone n'aimait pas le péplum. Pour gagner ses galons de réalisateur
et enfin se tourner vers des projets qui lui sont plus propres, il lui
faut donc réaliser un… péplum. Jean-Pierre Dionnet, dans sa présentation,
nous explique aussi que le cinéaste prend dès lors la décision de surpasser
ce qui s'est fait jusqu'à présent histoire de mettre un terme à toute
une période italienne d'hommes en jupettes. Et c'est vrai, rarement
un péplum n'aura été aussi décontracté. Tout comme le héros d'un péplum
n'aura jamais été aussi frivole que celui interprété par Rory
Calhoun, jusqu'alors vedette de westerns américains. Bien loin de
l'icône du héros musculeux que l'on retrouve presque toujours dans le
péplum italien.

La vision complète
du disque du COLOSSE DE RHODES ne facilite pas la tâche du pauvre
chroniqueur que je suis. Tout ce qu'il y avait à dire ou presque se
retrouve dans les divers suppléments. A partir de là, il ne reste plus
qu'à réaliser une synthèse ou se taire. Si tous les disques de cette
collection proposent une telle qualité de suppléments, il est clair
que tout cinéphage aura trouvé ici des achats incontournables. Encore
que LE COLOSSE DE RHODES ne soit pas exempt de défauts. Car il
y en a et ils ne sont pas vraiment excusables (voir ci-contre)…

On ne peut être
que ravi par les suppléments proposés. Un interview de Claude Aziza,
historien, qui nous parle de la vraie histoire de Rhodes et de la "véracité"
de ce que l'on peut voir dans le film ainsi que la plupart des péplums.
Une autre interview, celle Noël Simsolo, donne un éclairage sur Sergio
Leone au moment où il tourna le film. Le journaliste n'hésite d'ailleurs
pas à donner des éléments d'analyse plus que pertinents sur LE COLOSSE
DE RHODES. Le genre d'interviews informatives que l'on aimerait
retrouver plus souvent sur les DVD. Celle de Claude Aziza pourrait presque
donner un côté éducatif à ce DVD, un bon faux prétexte d'achat !

Les notes de
production sont elles aussi fort précieuses. Bien écrites et structurées,
elles sont meilleures que celles proposées habituellement. Enfin, la
bande-annonce d'époque, une galerie de photos (affiches et clichés de
tournage) et une poignée de filmographies (sélectives pour les acteurs)
complètent cette édition qui aurait pu être parfaite s'il n'y avait
pas ce problème concernant la version longue.

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La jaquette
du DVD nous annonce fièrement une version italienne de deux heures et
vingt minutes. Cette version est bien présente mais sa vision ne sera
pas du goût de tout le monde. Pour commencer, il faut savoir que la
version distribuée en France, et donc doublée dans notre langue, ne
proposait pas la version intégrale du film. Certains passages pour le
moins cruels avaient été expurgés à l'époque sans que l'on nous dise
pourquoi sur le DVD. Il faudra attendre quelques décennies plus tard
pour voir le film dans sa version intégrale italienne lors des diffusions
sur Canal +. On se retrouve donc avec deux versions : la française qui
dure deux heures et l'italienne avec un peu plus d'un quart d'heure
supplémentaire. Les concepteurs du DVD ont fait un choix étrange pour
proposer les deux versions. Plutôt que de choisir entre la version longue
ou la version courte, il vous faudra regarder la version raccourcie.
A la manière du lapin blanc de l'édition DVD de MATRIX,
l'icône d'un colosse apparaît alors pendant la vision du film dès que
l'on se trouve face aux passages de la version longue. Il n'y a plus
qu'à appuyer sur une touche de la télécommande pour y accéder. Une option
interactive qui peut sembler sympathique mais qui est fort décevante
à l'utilisation. Pour commencer, le petit colosse apparaît quoi qu'il
arrive. Ce n'était pas le cas pour MATRIX
où l'on avait le choix de le faire apparaître ou non pendant la projection
du film. Ce petit colosse viendra donc parasiter l'image pendant quelques
secondes lors de deux passages du film. Encore plus gênant, une fois
que vous chooisissez de voir les scènes coupées (la version longue,
donc), vous allez vous taper deux fois de suite un passage du film.
Car lorsque la version longue se termine, vous revenez au début du passage
en version courte. Cela fait penser un peu au système qui permettait
de voir les scènes coupées de X-MEN.
De la même manière, on devait voir deux fois certaines séquences. C'est
ici le cas ! L'option du Seamless Branching à la TERMINATOR
2 ou ABYSS
aurait été bien plus bénéfique. Dans le même ordre d'idée, les Editions
Montparnasse donnaient le choix entre la version courte en français
ou la version longue en anglais de KING
KONG. Une faute difficilement pardonnable qui pénalise ceux
qui voulaient voir la version intégrale du film d'une manière tout à
fait normale. Tellement impardonnable que l'on se demande s'il ne s'agit
pas d'un bug de notre lecteur DVD ou s'il nous manque une manipulation
à la télécommande pour régler ce problème. Sur un lecteur de salon Pioneer
et un lecteur DVD-Rom, nous obtenons les mêmes résultats.

Autre petit
point noir, la présentation de Jean-Pierre Dionnet, qui n'est disponible
que lors de l'insertion du DVD dans le lecteur. Ensuite, il nous a été
impossible de la retrouver sur les menus du disque. Soyons franc, ce
n'est pas un gros problème mais la première fois, nous sommes passés
à côté simplement parce que notre habitude est de mettre le disque dans
le lecteur avant d'allumer le projecteur. Un bon moyen d'éviter les
différents messages qu'il est impossible de passer et que l'on est obligé
de regarder sur presque tous les disques. On imagine que nous ne sommes
pas les seuls à faire ainsi…
Christophe
"Arioch" Lemonnier

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