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Gaius Caesar Augustus Germanicus, dit Gaius Caesar Caligula, est né à Atium en l'an 12 de notre ère. Petit-neveu de Tibère, il devient Empereur à l'occasion de la mort de celui-ci, en 37. Caligula meurt assassiné à Rome après seulement quelques années de règne, en 41. La principale source historique dont on dispose aujourd'hui pour nous décrire le règne de celui qui fut, après Auguste et Tibère, le troisième Empereur romain, est "Vies des douze César", un recueil d'anecdotes historiques rassemblées par Suétone (qui vécut d'environ 69 à environ 150). Toutefois, il a maintes fois été souligné que cet érudit, très proche des sénateurs et de l'ordre équestre, s'était sans doute plu à noircir les portraits des empereurs qui se sont mal entendus avec le Sénat. Caligula étant de ceux-là, Suétone a donc laissé, à travers l'alignement d'anecdotes sordides et salaces, le souvenir d'un Caligula dément, dispendieux, débauché et surtout terriblement cruel.
Gaius Caesar Caligula est le fils de Germanicus, grand héros de l'armée romaine, époux d'Agrippine (la petite-fille d'Auguste) et fils adoptif de Tibère. Germanicus était si populaire qu'il suscitait bien des jalousies. Il est donc mort empoisonné, apparemment par Pison, gouverneur de Syrie ; Suétone va jusqu'à insinuer que Tibère pourrait avoir une responsabilité dans ce crime. Gaius avait accompagné son père dans ses campagnes et avait passé son enfance parmi les soldats, qui l'avaient surnommé "Caligula", c'est-à-dire "petites bottes", en référence aux bottines qu'il portait. A dix-sept ans, il est appelé par Tibère, son grand-père adoptif, à Capri. Il se marie une première fois à cette époque (ce qui n'apparaît pas dans le film), puis, selon Suétone, il organise la mise à mort de Tibère, et va jusqu'à arracher l'anneau impérial du doigt du vieillard agonisant. Caligula est un Empereur très populaire au début de son règne. Après avoir prononcé une amnistie générale, il organise de nombreuses fêtes et évènements prestigieux. Il se remarie, avec Caesonia, qui lui donne une fille.
Pourtant, le train de vie de l'Empire devient très onéreux, et Caligula, après avoir vidé les caisses de l'Etat, multiplie les taxes saugrenues (notamment sur la prostitution), allant même jusqu'à ouvrir un bordel dans le palais impérial afin d'améliorer sa trésorerie. Sa cruauté inouïe, sa facilité à mettre à mort des personnages importants et son goût pour la débauche le font passer pour un dément. Son attitude vis-à-vis des sénateurs devient hautaine, et il aurait même été jusqu'à prétendre qu'il pouvait, s'il le souhaitait, les forcer à nommer Consul son cheval favori. Suétone l'accuse aussi d'avoir eu des liaisons incestueuses avec ses surs. Enfin, on lui reproche d'avoir tenté de se faire considérer comme un Dieu vivant, alors que les empereurs romains ne se voyaient divinisés, en principe, qu'après leur mort. L'idée d'un "monarque-Dieu-vivant" existait pourtant bien dans certaines civilisations antiques, comme par exemple chez les pharaons égyptiens. Caligula fait installer ses portraits parmi ceux des divinités dans certains temples de Rome, et envisage de décapiter des statues célèbres afin d'y placer une représentation de sa tête. Il compte défigurer ainsi la gigantesque statue chryséléphantine de Jupiter conçue par Phidias pour le sanctuaire d'Olympie, qui n'était rien de moins qu'une des sept merveilles du monde ! Finalement, il est assassiné par le tribun Chéréas et ses complices, qui lui donnent plus de trente coups de glaive (dont certains dans les testicules nous apprend Suétone, jamais avare de détails croustillants). Sa femme et sa fille sont mises à mort en même temps, tandis que son oncle Claudius devenait Empereur.
Dossier réalisé par Emmanuel Denis