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NOTHING
USA / Canada / Japon - 2003 - 90 minutes
de Vincenzo Natali
avec David Hewlet, Marie-Josee Croze, Andrew Miller et Andrew LoweryFaire un film sur rien. Voilà un sujet intéressant ! Surtout lorsque l'on apprend qu'aux commandes d'un tel sujet se retrouve un Monsieur fort respectable en la personne de Vincenzo Natali.
Dave et Andrew sont probablement les deux plus grands loosers de la planète. L'un a une peur viscérale de sortir de chez lui et de rencontrer les gens, l'autre est la risée de ses collègues de bureau, et de plus est soupçonné d'avoir détourné de l'argent de sa société.
Le seul petit réconfort de leur vie, c'est leur maison, complètement esseulée entre deux autoroutes au trafic intense. Evidemment, si vous n'allez pas aux ennuis, ce sont les ennuis qui viennent à vous. En à peine quelques minutes, ils se voient notifier un avis d'expulsion, affrontent l'arrivée de l'équipe de démolition, se cachent de la police qui les accuse d'attouchements sur mineure et de détournement de fonds. Les sirènes fonctionnent à plein tubes, on frappe à la porte, la sonnette n'arrête pas de tinter, de même que le téléphone, c'est à devenir fou. Et puis..plus rien le calme plat En fait, ils vont vite se rendre compte qu'ils ont enfin ce qu'ils voulaient, c'est à dire RienLe réalisateur canadien, pour sa troisième uvre cinématographique, récompense en quelque sorte ses potes avec lesquels il a fait CUBE en collaborant avec eux à cette comédie surréaliste. A condition d'être consentant, et de se laisser prendre au jeu, le film est d'une incroyable conception graphique, à la fois extrêmement simple et paradoxalement très aboutie. Le scénario répond à une logique de surenchère imaginative et originale laissant libre cous à la dérision et à un surréalisme des plus cocasses qui n'est pas sans rappeler, à juste titre, LE SENS DE LA VIE des Monty Python. Les deux protagonistes, qu'on avait eu la chance de découvrir dans CUBE, laissent généreusement libre cours à leur talent. Et, comme le film démarre sur les chapeaux de roue, on en arrive rapidement à se demander comment le réalisateur va pouvoir s'en sortir pour maintenir l'attention jusqu'à la fin de son film. Pari lancé, pari tenu. Fort d'une symbolique évidente, le film laisse également la parenthèse grande ouverte à la libre interprétation du récit par le spectateur, ce qui renforce encore un peu plus son côté sympathique.
Bref, visuellement très différent, intelligemment dirigé, NOTHING est à nouveau un coup de maître du jeune canadien qui confirme encore une fois tout le bien que l'on pense de lui.
Dossier réalisé par nos correspondants en Belgique : Christian De Coninck et Didier Stefek