|
|
JESUS FRANCO PRESENTE
VENUS IN FURS
C'est un des films que j'ai réalisé avec un budget plus confortable. C'était une production américaine. Les producteurs m'ont engagé car je venais de faire un film qui avait marché formidablement : 99 WOMEN. Ils m'ont dit : "Qu'est-ce que tu aurais aimé réalisé ?". J'ai répondu que j'avais envie de faire une histoire d'atmosphère et de sentiments.
J'ai eu le bonheur de connaître un grand musicien de jazz qui s'appelait Chet Baker. J'allais souvent à Paris l'écouter, bavarder avec lui et un jour il m'a dit : "Quand on fait un solo, on se met sur l'estrade, on regarde les gens qui sont dans la pièce, on choisit quelqu'un parce qu'il y a toujours une personne qui est attirée par votre travail, et on se met à jouer pour elle. On ferme les yeux et pendant qu'on improvise, toute ta vie passe très rapidement comme un carrousel. Tu termine ton solo, t'ouvre les yeux et il y a toujours ce même visage devant toi. Seulement deux ou trois minutes se sont écoulées mais tu as l'impression qu'il y a eu toute une vie."
J'ai trouvé cette idée très intéressante pour faire un film. J'ai donc tourné VENUS IN FURS.Au début, le film ne s'appelait pas ainsi... comme la plupart de mes films. Les distributeurs on mis des titres à la noix. Ce film s'appelait BLACK ANGEL. Les producteurs adoraient le titre mais la Paramount qui faisait la distribution aux USA à trouvé que le titre n'était pas assez commercial et qu'il fallait trouver quelque chose de plus attirant. C'est comme ça qu'elle a décidé de le re-titrer : VENUS IN FURS. C'était l 'époque où l'on faisait beaucoup de films érotiques. Le roman "Venus in Furs" était un classique de l'érotisme. Le producteur de American International avait acheté les droit du titre et voulait en faire un film. Bien sûr, mon film n'a rien à voir avec le roman de Leopold von Sacher-Masöch qui est une histoire sur le masochisme.
Le film n'a pas très bien marché car il y avait des éléments qui ne se mariaient pas très bien, mais je trouve que l'idée était originale. On a travaillé avec beaucoup d'amour. James Darren, l'acteur principal, a très bien compris le personnage qu'il devait interpréter Tout dans ce film dégage du charme et du mystère.
Je suis resté longtemps avant de revoir le film car je n'aimais pas du tout l'histoire de ce manteau de fourrure et autres conneries de ce genre, mais quand je l'ai revu je me suis trouvé devant une bonne surprise car il était bien quand même, pas un chef-d'uvre mais un bon film. De plus, il y avait une très bonne distribution comme Klaus Kinski, Maria Rohm, Dennis Price, etc Bref, petit à petit, j'ai commencé à aimer ce film et j'espère que vous aurez la même impression que moi en le découvrant.
Dossier réalisé
par Christian
De Coninck et Didier
Stefek
Photos de Frédéric
Duvivier
Les
illustrations et photos contenues sur ce site sont la propriété
de leurs éditeurs respectifs.
http://www.devildead.com
- devildead@devildead.com