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Méliés d'or
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Rencontre avec Takashi Miike

Palmarès 2002

INTERVIEW
DARIO ARGENTO

Dès le lendemain de l'ouverture officielle du festival, Dario Argento se prêtait au jeu de l'interview face à un parterre de journalistes. Une foire aux questions à laquelle nous avons bien évidemment participé. Ce qui nous permet de vous proposer une synthèse des meilleures questions posées ce jour là au réalisateur italien par les diverses personnes présentes ...

Il y a toujours des personnes âgées au premier plan dan vos films. Est-ce parce que vous avez vous-même peur de veillir ou d'être assassiné par la vieillesse?
Non, C'est tout simplement que je trouve ces personnages très intéressants. J'aime le fait qu'ils apportent ainsi leur expérience du passé.

Quand nous voyons des meurtres dans vos films, ce sont toujours vos mains que l'on voit. Pourquoi donc utiliser vos propres mains ?
C'est vrai que depuis mon premier film j'ai utilisé mes propres mains, et depuis, avec toutes ces années et tous ces crimes je pense que je suis devenu un bon meurtrier (rire!).

Mais LE SANG DES INNOCENTS serait apparemment le premier film dans lequel vous n'utilisez pas vos propres mains ?
Si, bien sur, mais seulement dans la deuxième partie…Nous avons eu un problème avec les gants, ils étaient beaucoup trop grands…alors en attendant de recevoir ceux que nous avions commandés…je montrais à un assistant comment il devait procéder, et il faisait bien entendu de son mieux pour m'imiter.

Justement votre dernier film a été favorablement accueilli aussi bien dans votre pays qu'à l'étranger. Est-ce une sorte de renaissance pour vous ?
Oui bien évidemment, je suis très content. Je viens juste d'assister à Paris à la première de mon film dans onze salles, j'étais très excité. Il y a d'ailleurs eu de bonnes critiques dans "Le Monde" ou "Libération"… Et les spectateurs l'appréciaient vraiment, c'était réellement excitant.

Avec TENEBRES, vous clôturiez, du moins temporairement, le genre qui vous avait porté au sommet…Vous disiez bien que c'était temporaire, que vous aviez envie de faire des choses plus personnelles. Avec LE SANG DES INNOCENTS vous revenez au Giallo… Pourquoi justement maintenant ? Etait-ce vraiment un besoin personnel ?
Oui, c'est comme un voyage qui se termine. Avec tous ces films je me suis mis à l'épreuve. J'ai également découvert beaucoup d'autres endroits, la maladie, le fantastique, la sorcellerie, beaucoup d'autres choses que j'ai explorées partout… Le remake de vieux films… et puis, eh bien je suis retourné à mon premier amour !

Mais vous ressentiez la pression de vos fans ? Ca devait vous faire peur pendant le tournage de savoir que vos fans vous attendaient ?
Oui je ressentais bien la pression, mais pas pendant le tournage.

Après avoir vu LES FRISSONS DE L'ANGOISSE, Alfred Hitchcock a dit "Ce Monsieur va me remplacer…". L'avez-vous rencontré ?
Non, mais mon frère l'a en effet bien rencontré…

Et quelle a été votre réaction a ces mots ?
Bien entendu j'ai été flatté par ses propos..C'est un maitre après tout.

Max Von Sydow a dit qu'il serait intéressé pour reprendre le rôle de l'inspecteur. Mais comme il est mort dans votre film une séquelle est impossible. Pourquoi pas une préquelle alors ?
Oui, il m'a bien demandé de faire une suite… Humm, pourquoi pas ? Mais en général, je ne fais jamais de suite à mes films…

Est-il vrai que LE SANG DES INNOCENTS est le premier film d'une nouvelle trilogie ?
En effet, j'ai terminé l'écriture de mon prochain film dont le tournage devrait logiquement commencer en Juin.

Pouvez-vous nous en dire plus ?
Non, je préfère ne rien dire pour l'instant parce que c'est encore en phase de conception, alors je préfère m'abstenir…

Mais ca serait bien ce projet à Venise ?
Humm… Peut-être pas à Venise parce qu'il y a deux semaines justement j'étais à Venise en repérages, et je me suis rendu compte qu'il y avait certaines choses qui étaient actuellement impossibles à tourner à Venise. Par exemple il n'est pas envisageable de filmer une poursuite en bateau…la vitesse doit impérativement être beaucoup trop réduite, et donc trop lente…Mais encore bien d'autres choses sont impossibles à monter à Venise…

Avez-vous déjà un titre en tête ?
Non.

Dans une interview, j'ai pu lire que vous appréciez voir de belles jeunes filles se faire assassiner…
Heu… Non je n'ai jamais dit ca… C'est faux… Ce ne sont que des films, je n'aime pas voir des meurtres dans la réalité… Dans les films, c'est différent parce qu'il ne s'agit pas de moi, mais uniquement de fiction…

Dans vos films on peut voir des crimes d'un réalisme saisissant… Rencontrez-vous encore des problèmes de censure ?
Oui, souvent mais quand la commission veut couper mes films, alors moi aussi j'ai envie de les assassiner (rire). C'est parfois très frustrant et parfois j'ai envie de me réveiller et de lire dans le journal que toute la commission est morte.

Dans LE SANG DES INNOCENTS tous vos acteurs sont italiens, sauf Max Von Sydow, Pourquoi l'avoir choisi lui ?
Max est une des mes idoles, je me rappelle l'avoir apprécié dans plusieurs films américains, c'est vraiment un très grand acteur. Pendant l'écriture du script, je l'ai rencontré par hasard à Nice et j'ai immédiatement pensé à lui. Il a tout de suite été emballé par le projet.

Certains réalisateurs n'aiment pas regarder leurs films quand ils sont finis, c'est votre cas ?
C'est vrai je n'aime pas regarder mes films au cinéma, l'émotion est trop forte lorsque je dois regarder un film en salle, en public. C'est psychologique, mais je me sens comme dans un ascenseur bloqué, claustrophobe..

Et seul ?
Seul, oui ! C'est totalement différent… Si je suis seul dans la salle, alors là j'apprécie… Mais en public… Humm… Plutôt pas.

Avez-vous déjà eu un projet en tête que vous n'ayez pas réalisé ?
Non, même si ca parait parfois trop difficile, j'essaie quand même.

Et quel est votre regard sur le fantastique de nos jours ?
Les films fantastiques changent à peu près tous les 5 ans… Personnellement je trouve que les Etats-Unis ont distribué ces deux dernières années beaucoup trop de films fantastiques pour enfants… Alors qu'à mon avis c'est un genre qui devrait être réservé aux adultes… Après tout quand vous allez voir un film d'horreur c'est pour frissonner et non pas pour rigoler, n'est-ce pas ?

Concernant votre fille, Asia, êtes-vous fier d'elle, et est-ce qu'elle vous consulte pour vous demandez des conseils ou votre avis ?
Ca a été plutôt facile pour elle étant donné qu'elle est dans le milieu depuis son plus jeune âge, et oui bien entendu je suis très fier d'elle.

Ou avez-vous appris à réaliser ?
Et bien simplement en allant au cinéma… En lisant, en rencontrant beaucoup de personnes…

Le fait d'être critique de films vous a-t-il aidé ?
Oh vous savez, il y a beaucoup de réalisateurs qui ont commencé par être critiques pour des journaux… En France par exemple…

C'est incroyable surtout quand on sait combien la technique compte pour vous dans vos films ? Je pense notamment à la séquence du train qui est à elle seule un exemple technique…
Oui, mais la technique est importante pour le fantastique et pour combler votre inspiration, c'est vrai.

Et notamment la séquence de l'assassinat avec la clarinette ? Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?
Et bien…que parfois la musique peut être parfois dangereuse…

Vous avez produit le dernier film d'Asia. Est-ce là votre seule participation à son film ou l'avez vous aidée davantage ?
Non, je me suis seulement contenter de le produire, je n'ai même pas été sur le tournage. Elle doit avoir sa liberté.

Il y a de cela quelques années, vous parliez de réaliser une trilogie… Commencée avec SUSPIRIA, puis INFERNO… Et puis ? Que s'est-il passé ?
Le troisième ! Eh bien, il est perdu, je ne le retrouve plus (rire) … Qui sait ? Dans le futur peut-être bien, mais certainement pas immédiatement… Ce qu'il s'est passé plus sérieusement ? Au départ j'avais bien écrit quelque chose, mais ca ne m'emballait pas vraiment, alors de report en report le temps passe et mes envies aussi… Et c'est toujours resté à l'état de projet.

Vous utilisez toujours les couleurs dans vos films, mais avez-vous déjà envisagé de tourner un film en noir et blanc ?
En noir et blanc ? Non… Je n'aime pas le noir et blanc ! Du moins pour mes films.


Didier Stefek (photo de gauche) et Christian de Coninck (photo de droite) prennent la pose et discutent avec Dario Argento

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Dossier réalisé par Christian De Coninck et Didier Stefek
Photos de Frédéric Duvivier

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